|
|


 |



|

|
|

émission du dimanche 15 novembre 2009
Cycle Bernard-Marie Koltès (2/4) - "Rendez-vous avec Bernard-Marie Koltès" avec Peter Stein et Georges Lavaudant
|
|
 |

|
|
Entretiens avec Peter Stein et Georges Lavaudant menés par Joëlle Gayot enregistré à Avignon en 2009
Après les écrits de metteurs en scène, puis les rencontres autour d’Antoine Vitez proposées en 2008, cette année, France Culture proposait aux spectateurs du Festival d'Avignon des rendez-vous matinaux et quotidiens entièrement consacrés à la mémoire d'un grand écrivain, Bernard-Marie Koltès, mort en 1989 à l’âge de 41 ans.
Au moment de sa disparition, son œuvre dramatique comptait déjà six pièces publiées aux éditions de Minuit et beaucoup d’autres inédites, que l’on découvrit peu à peu ces dernières années. Le monde du théâtre le reconnut avec sa pièce La nuit juste avant les forêts écrite pour le comédien Yves Ferry et créée ici même à Avignon en 1977. Une reconnaissance qui arrivait bien tard, au bout de dix longues années d’écriture et qui se confirma avec les mises en scène de Quai Ouest, Combat de nègre et de chiens, Dans la solitude des champs de coton, par Patrice Chéreau.
Bien avant d'être publiées, bien avant d'être mises en scène, les premières œuvres de Bernard-Marie Koltès,L'Héritage et Des voix sourdes ont été diffusées sur Radio France Alsace et sur France Culture dès 1972. Et jusqu'en 1989, la radio lui est restée fidèle, enregistrant toutes ses pièces dans le « Nouveau Répertoire Dramatique » de Lucien Attoun, mais aussi de longs entretiens.
Pour l'anniversaire de sa disparition, nous tenions à marquer notre présence, et notre fidélité à cette œuvre, en imaginant un programme de rencontres, de lectures, et de rediffusions d'archives. Nous remercions d’avoir répondu à notre invitation, Stanislas Nordey, Hammou Graïa, Peter Stein, Georges Lavaudant et Myriam Boyer. Ils nous diront pourquoi et de quelle manière, l'œuvre et l'existence de Bernard-Marie Koltès ont pris une si grande place dans leur vie artistique.

|
Bernard-Marie Koltès.
|
 |
|
|
|
|
|
les livres |
|
|
|

|
Bernard-Marie Koltès

Quai Ouest
Editions de Minuit - 1985
 |
|

« Un homme voudrait mourir. Il prévoit de se jeter dans le fleuve, dans un endroit désert, et, parce qu'il craint de flotter, il dit : “ Je mettrai deux lourdes pierres dans les poches de ma veste ; ainsi, mon corps collera au fond comme un pneu dégonflé de camion, personne n'y verra rien. ”
Il se fait conduire (dans sa Jaguar, qu'il ne sait pas conduire lui-même), sur l'autre rive du fleuve, dans un quartier abandonné, près d'un hangar abandonné, dans une nuit plus noire qu'une nuit ordinaire, et il dit à celle qui l'a conduit : “ Voilà, c'est ici, vous pouvez rentrer chez vous. ”
Il traverse le hangar, avance sur la jetée, met deux pierres dans les poches de sa veste, se jette à l'eau en disant : “ Et voilà ” ; et, avec de l'eau sale et des coquillages plein la bouche, il disparaît au fond du fleuve comme le pneu dégonflé d'un camion.
Quelqu'un, qu'il ne connaît pas, plonge derrière lui et le repêche. Trempé, grelottant, il se fâche et dit : “ Qui vous a autorisé à me repêcher ? ” Puis, en regardant autour de lui, il se met à avoir peur : “ Qu'est-ce que vous me voulez ? ” En voulant repartir, il s'aperçoit que sa voiture est toujours là, qu'on a mis le moteur hors d'usage, qu'on a crevé les pneus. Il dit : “ Qu'est-ce que vous me voulez, exactement ? ”»
Bernard-Marie Koltès
- présentation de l'éditeur -
|
|
|

|
Bernard-Marie Koltès

La Nuit juste avant les forêts
Editions de Minuit - 1988
 |
|

*** Ce texte, écrit en 1977, a été créé au festival d’Avignon (off) en juillet 1977, à l’Hôtel des Ventes, dans une mise en scène de l’auteur, avec Yves Ferry. Création à la Comédie-Française (Petit-Odéon), en 1981, dans une mise en scène de Jean-Luc Boutté, avec Richard Fontana.
- présentation de l'éditeur -
|
|
|

|
Bernard-Marie Koltès

Dans la solitude des champs de coton
Editions de Minuit - 1987
 |
|

« Si un chien rencontre un chat – par hasard, ou tout simplement par probabilité, parce qu'il y a tant de chiens et de chats sur un même territoire qu'ils ne peuvent pas, à la fin, ne pas se croiser ; si deux hommes, deux espèces contraires, sans histoire commune, sans langage familier, se trouvent par fatalité face à face – non pas dans la foule ni en pleine lumière, car la foule et la lumière dissimulent les visages et les natures, mais sur un terrain neutre et désert, plat, silencieux, où l'on se voit de loin, où l'on s'entend marcher, un lieu qui interdit l'indifférence, ou le détour, ou la fuite ; lorsqu'ils s'arrêtent l'un en face de l'autre, il n'existe rien d'autre entre eux que de l'hostilité – qui n'est pas un sentiment, mais un acte, un acte d'ennemis, un acte de guerre sans motif. »
Bernard-Marie Koltès
- présentation de l'éditeur -
|
|
|
|
|
|