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émission du dimanche 7 février 2010
La Pierre, de Marius von Mayenburg
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Réalisation : François Christophe
En 1993, trois femmes – Witha, la grand-mère, Heidrun,sa fille et Hannah, la fille de celle-ci,retrouvent ce qui fut autrefois leur maison de famille après son rachat en 1935 à un couple juif contraint à la fuite. La réunification de l’Allemagne leur a rendu ce bien qu’elles avaient à leur tour abandonné en 1953 pour passer à l’Ouest à la partition du pays.
Mais, alors qu’Hannah clame son malaise de se trouver dans ce lieu qu’elle ne connaît pas, voilà que surgit une inconnue dans le jardin. Elle aussi a vécu ici, pendant la période communiste. Elle aussi y a des souvenirs. Elle vient pour « déranger », dit-elle. En fait pour réveiller les fantômes qui hantent cette demeure, et qui viennent de plus loin.
Qui étaient ces Schwarzmann qui habitaient la maison avant que l’ouragan nazi ne les emporte ? Le grand-père d’Hannah, Wolfgang, est-il vraiment ce héros qui sauva son maître à l’Institut de médecine vétérinaire et mourut en martyr de la Libération, atteint par une balle soviétique perdue, comme le veut la légende familiale ? Pourquoi Witha s’obstine-t-elle à se cacher sous la table ? Et quelle était vraiment sa relation avec sa soi-disant amie Mieze, dont elle ne cesse de parler ?...
Dans une construction dramaturgique virtuose qui entrelace des scènes situées en différents moments-clés de l’histoire de l’Allemagne (1935, 1945, 1953, 1978, 1993), Marius von Mayenburg, auteur allemand de cette génération qui eut 20 ans à la chute du Mur (il est né en 1972), interroge avec subtilité et un grand sens de la complexité les failles et les zones d’ombre de la mémoire de ses compatriotes. Entre duplicité et culpabilité, c’est la vérité d’un pays et d’un peuple qui tente de se frayer un difficile chemin à travers les paroles des uns, les souvenirs des autres, et les flash-back qui sans cesse viennent tout remettre en question.
Cet enregistrement est une captation de la mise en scène de Bernard Sobel, en collaboration avec Michèle Raoul-Davis, au Théâtre National de la Colline en Janvier 2010.
Avec Edith Scob (Witha), Claire Aveline (Heidrun), Priscilla Bescond (Hannah)
Gaëtan Vassart (Wolfgang), Anne-Lise Heimburger (Stefanie), Anne Alvaro (Mieze)
Bande son : Bernard Vallery.
+Je veux témoigner jusqu’au bout.
Journal 1942-1945, Victor Klemperer.
Traduit de l’allemand par Ghislain Riccardi, Michèle Kiintz-Tailleur et Jean Tailleur.
Extraits choisis par Michèle Raoul-Davis.
Dit par Gaëtan Vassart.
Prise de son, montage, mixage : Olivier Dupré, Sébastien Royer
Assistante de réalisation : Marie Plaçais
Le Journal de Victor Klemperer a été publié en 2000 aux Editions du Seuil.
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