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  Sélection France Culture / Télérama
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  Goliarda SAPIENZA
  L'art de la joie
  Editions Viviane Hamy
  en librairie le 9 septembre 2005

Sur l'antenne de France Culture

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Un extrait dans Le Livre du jour
du vendredi 2 Septembre 2005

A lire également, la critique de Télérama.

Il est des livres qui, parce qu'ils nous débordent, empêchent que l'on parle d'eux. L'Art de la joie résisterait à mille présentations. Roman d'apprentissage centré sur l'extraordinaire personnage de Modesta, il foisonne d'une multitude d'autres vies.
Roman des sens et de la sensualité, il ressuscite de façon étonnante les élans politiques qui ont crevé le XXe siècle. Roman provincial, ancré dans une Sicile à la fois sombre et solaire, il se tend vers l'horizon des mers et des grandes villes européennes. Trois générations s'y succèdent, et pourtant ses créations y sont de toute éternité…
Goliarda Sapienza fit le choix d'une vie avide et intransigeante dont L'Art de la joie semble la transfiguration. Durant les dix années – de 1967 à 1976 – qu'il lui fallut pour l'écrire, rien d'autre ne semble avoir plus compté pour elle. Et peut-être est-ce pour cela que le livre – avec son désordre, ses sauts de narration et ses étonnantes variations de rythme - fait craquer les canons traditionnels du roman : il est la liberté même. Art de la joie ou art de l'impertinence, roman anticlérical ou roman amoral, pensée de l'amour ou pensée de la vie, peu importent les titres et les sous-titres : il s'agit là d'une oeuvre majeure.
Et une oeuvre dont il est impossible de résumer l'histoire.
Pour le plaisir d'en faire une fable, disons simplement qu'il était une fois une enfant, Modesta. Née en Sicile le 1er janvier 1900, dans un monde frustre et rapidement englouti, elle deviendra en quelques 60 années et 640 pages ce qui pourrait être la plus belle femme du monde…
- Présentation de l'éditeur -


  Biographie


© DR
Goliarda Sapienza est née à Catane, en 1924, dans une famille socialiste anarchiste. Son père, Giuseppe, avocat syndicaliste, fut l'animateur du socialisme sicilien jusqu'à l'avènement du fascisme.
Sa mère, Maria Giudice, figure historique de la gauche italienne, dirigea le Grido del popolo (Le Cri du peuple), dont Gramsci était rédacteur en chef.
Éloignée par ses parent des écoles fascistes, Goliarda reçut une éducation originale - athée et socialiste - qui ne fut pas sans conséquences sur ses choix ultérieurs. En 1940, alors âgée de seize ans, elle entre à l'Académie d'Art Dramatique de Rome, ville où elle restera jusqu'à la fin de sa vie.
Elle fut durant plusieurs années une comédienne très appréciée et travailla sous la direction de monstres sacrés tels que Luchino Visconti, Alessandro Blasetti, ou encore Francesco Maselli, qui fut son compagnon pendant dix-huit ans. Elle est restée célèbre pour son rôle d'Ersilia Drei dans Vestire gli ignudi (Vêtir ceux qui sont nus) et joua aussi dans Senso, de Visconti. Son talent était qualifié d'« absolu, terrifiant, et superbement naturel ».
À la fin des années 60, elle débute un cycle autobiographique (Lettera aperta [Lettre ouverte], 1967 ; Il filo di mezzogiorno [Le fil de midi], 1969) où elle décrit la relation complexe qui la liait à ses parents, sa jeunesse partagée entre orgueil et souffrance d'être différente. Elle y raconte aussi la vie de sa famille sous le régime fasciste, son séjour dans un hôpital psychiatrique après une tentative de suicide. Ce cycle sera plus tard complété par L'Università di Rebibbia [L'Université de Rebibbia] (1983), où elle raconte son incarcération après un vol de bijoux, Le certezze del dubbio [Les certitudes du doute] (1987), et enfin Destino coatto [Destin forcé] (2002). Mais son chef-d'oeuvre reste très certainement le roman auquel elle consacra - de 1967 à 1976 - dix années de sa vie : L'Art de la joie.
À presque soixante-dix ans, Goliarda Sapienza commença à enseigner la comédie au Centre Expérimental de Cinématographie de Rome. Elle y a laissé le souvenir d'une personne extraordinaire, insupportable, sincère et rebelle. Aujourd'hui encore, elle suscite amour et admiration chez ceux qui l'ont connue. D'aucuns la considèrent désormais comme un très grand nom de la littérature italienne du XXe siècle.
Goliarda Sapienza est décédée en 1996, quelques mois avant la parution en Italie de L'Art de la joie.


  Bibliographie

- L'art de la joie, Viviane Hamy 2005


 
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