Joël Jouanneau multiplie les activités théâtrales, de la mise en scène, à l'écriture (il est l’auteur d’une vingtaine de pièces), en passant par l'enseignement et la direction de théâtre.
Il revient au Festival d’Avignon après y avoir présenté L’Hypothèse de Robert Pinget en 1987, sa pièce Le Bourrichon en 1989, Poker à la Jamaïque/L’Entretien des mendiants d’Evelyne Pieiller en 1991, Fin de partie de Beckett et Lève-toi et marche d’après Dostoïevski en 1995.
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Cette année, Joël Jouanneau donne au gymnase du lycée mistral, son propre texte « Sous l’œil d’Œdipe » (publié aux éditions Acte Sud) avec Jacques Bonnaffé, Mélanie Couillaud, Philippe Demarle, Cécile Garcia-Fogel, Sabrina Kouroughli, Bruno Sermonne, Hédi Tillette de Clermont-Tonnerre et Alexandre Zeff.
Plutôt qu’une adaptation, le metteur en scène a choisi de réécrire à sa façon la pièce. Il ne s’agit pas d’un « Œdipe » D’après Sophocle et Euripide mais Après eux, c’est une réelle réécriture de Joël Jouanneau, avec son vécu, ce qu'il sait, ce qu’il est et ce qu’il a lu.
Dans cette version d’Œdipe, la tragédie familiale qui tourne autour de l’inceste d’Œdipe et du meurtre de son père est doublée d’un autre inceste entre Polynice et sa sœur Antigone. Si le texte dévoile cet amour entre frère et sœur en revanche, il n’évoque pas l’inceste de façon explicite.
Joël Jouanneau reconnaît qu’il est un lecteur passionné d’ « Absalon Absalon » de Faulkner et de « Blesse, ronce noire » de Claude Louis–Combet, deux livres clés pour lui. Il reste volontairement évasif au sujet de l’inceste fraternel en laissant le spectateur se faire son propre avis.
25 siècles nous séparent de la tragédie antique des Labdacides et pourtant le texte reste d’une criante actualité en abordant les problématiques de la guerre, du pouvoir, des exclus et des réfugiés. 25 siècles de guerres fratricides, de malédictions qui se répètent avec les parias et les maudits qui les accompagnent.
Pour Joël Jouanneau, la tragédie est un enjeu physique. Il est persuadé qu’on ne peut pas porter les mots du pire ou du malheur sans s’engager physiquement dans le corps. Et c’est précisément le travail qu’il demande à ses acteurs.