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LITTERATURE


Affinités électives
par Francesca Isidori
le samedi de 22h10 à 23h
Affinités électives

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émission du samedi 10 octobre 2009
Valery Afanassiev



Né à Moscou en 1947, Valery Afanassiev étudie le piano au Conservatoire Tchaïkovski de sa ville natale avec Jakov Zak, puis Emil Guilels. Il restera l’un des élèves préférés du maître et son proche ami. En 1968, il remporte le concours Bach de Leipzig et en 1972, celui de la reine Elisabeth de Belgique. En 1974, le pianiste demande l’asile politique en Belgique. Dès lors, il vit depuis plus de vingt ans dans la région parisienne.
Depuis son arrivée en Occident, Valery Afanassiev s’est produit dans la plupart des pays européens, ainsi qu’aux Etats-Unis et au Japon. Il a enregistré plus de vingt disques dont une récente intégrale « live » des concertos de Beethoven avec la Camerata de Salzbourg.
Par ailleurs, Valery Afanassiev a écrit dix romans (en anglais et en français), ainsi que quatorze cycles de poèmes, deux pièces de théâtre et deux recueils de nouvelles. Philosophe et conférencier à ses heures, ce musicien atypique se consacre également à la direction d’orchestre. Fin 2006, il a dirigé à Salzbourg la Neuvième symphonie de Bruckner. Ses dernières années, il retourne jouer en Russie, récitals et concerts avec orchestre.
Valery Afanassiev a remporté un vif succès au Festival de Colmar 2006 dans les Concertos pour piano de Beethoven.
(Portait inspiré par le Festival de Colmar).






des livres à découvrir


Valery Afanassiev
La Galerie des glaces
José Corti - Nov 1995

Ce n’est pas une autobiographie, ni une confession imprudente : je ne suis pas Louis II de Bavière et je ne me prends pas pour un fou qui se croit Louis II de Bavière. Ce n’est pas un roman historique non plus. Peu de faits "réels" ponctuent ce monologue de la folie. D’ailleurs, je n’ai vu de Neuschwanstein que les façades disneyennes. Flaubert aurait sans doute désapprouvé ce manque de curiosité "scientifique". Mais il aurait approuvé la durée de mon travail – treize ans. J’ai commencé ce roman en 1982. Deux versions parfaitement autonomes – française et anglaise – résultent de ce travail acharné et délicieux. La fragilité de notre identité, la facilité du meurtre, la peur de la mort, la peur de l’immortalité, l’inceste à la mode de Chateaubriand, Musil et Nabokov, le temps, l’éternel retour, la mémoire – voici les thèmes principaux de ce roman. Les sept romans que j’ai écrits depuis 1974 n’ont en fait qu’un seul sujet, un seul décor : la mythologie humaine.
V. A.

Avec ce quatrième roman, longuement mûri, Valery Afanassiev renoue avec la polyphonie de Disparition et se place dans la lignée du Dostoïevski du Sous-sol, du Nabokov de La Défense Loujine ou du Hedayat de La Chouette aveugle. Nous avons franchi le pont et les fantômes viennent à notre rencontre, réfléchis à l’infini par des changements incessants de perspective qui font vaciller la réalité au point que, tel un détective, le lecteur devra tenter de démêler le vrai du faux – si l’un ou l’autre existent.
(José Corti)


Valery Afanassiev
Lettres sonores
José Corti - Mars 1995

Les lettres sonores (zvoukovié pis'ma) étaient à la mode en U.R.S.S. au début des années cinquante, époque dont l'euphorie se limitait à l'abondance du caviar. Ce terme évocateur m'est venu à l'esprit au cours de l'enregistrement que je destinais à un ami de Moscou. Je vivais déjà en Occident.
Pendant une quinzaine d'années, nous avons échangé des cassettes : leurs avantages sur les autres modes épistolaires nous paraissaient indéniables.
J'espère que notre amour mutuel pour Flaubert a préservé ce roman des idées reçues ou grandiloquentes dont les présentateurs de la télévision et la plupart de leurs convives font un usage immodéré lorsque les conversations roulent sur la Russie et le Tiers monde, ou sur la littérature.
C'est un roman à clefs, mais ses clefs ouvrent les portes derrière lesquelles se tiennent Montaigne et Sénancour, Tchouang-tseu et Massenet ; et des mots qui n'ont rien à voir avec les mots de Sartre. Derrière ces portes, il y a un homme seul qui parle à un magnétophone.
La solitude ne sera jamais démodée.
(José Corti)


Valery Afanassiev
Le Silence des sphères : essais sur la musique
José Corti - Mai 2009

Les philosophes chinois disent que, grâce à la musique, «les yeux et les oreilles voient et entendent bien ; entre le sang et le souffle s'établit un équilibre harmonieux ; les moeurs se civilisent ; la terre des hommes est paisible.» Ils croient que «de la musique résulte l'union harmonieuse du ciel et de la terre». Dans les textes qui suivent je me penche également sur l'aspect destructeur de la musique, négligé par les musicologues mais souligné par les poètes.
Ce que je propose est l'approche multiple d'une sphère qui s'apparente à l'aleph de Borges ou au Dieu de Spinoza. Les écrivains d'aujourd'hui ne peuvent ignorer Musil et Proust sous peine d'amputer une partie de notre cerveau : concevoir des oeuvres qui ne tiennent pas compte de leurs recherches serait revenir à un temps où la mécanique quantique et la relativité n'existaient pas. En revanche, un compositeur peut ignorer Schoenberg, et cela en vertu de l'omniprésence de la musique. Quoi que l'on fasse, on n'en fera jamais abstraction.
Je propose aussi un commentaire sur cette maxime chinoise : «L'ombre d'un oiseau qui vole ne bouge jamais.»

(4ème de couverture)


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Études de lettres, n°3 (2005), Lausanne, Université de Lausanne - 2005


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