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par Benjamin Stora
le samedi de 17h à 18h |
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Bouge dans ta tête ! |
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émission du samedi 31 décembre 2005
Le cinéma de fiction et la guerre d’Algérie
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Dernière émission
L'historien des faits politiques est forcément concerné par le cinéma. Le cinéma n'est pas simple reflet, miroir de sociétés, mais aussi un formidable catalyseur de mémoire. Il introduit également une forme de support essentiel pour l'observation des traces historiques. L’écrit, la littérature compte pour beaucoup dans les fabrications d'imaginaires. Mais l'image cinématographique et, dans une moindre mesure, audiovisuelle, a disposé tout au long du XXe siècle d'une « puissance de feu » impressionnante. Dans l’apothéose et l'agonie de l'histoire coloniale, elle a construit un imaginaire occidental entre nostalgie sacrée de l'empire triomphant puis englouti, et honte inavouée des exactions commises. Davantage qu’un simple dépôt archivistique de sources ou qu’un simple reflet de conjonctures, les soubresauts des conquêtes ou le fracas des soulèvements anticoloniaux, le cinéma demeure une surface sensible où s’est inscrite l’histoire et un savoir où puiser ses grandes représentations. Et c’est pourquoi cette dernière émission de Bouge dans ta tête est précisément consacrée au cinéma, au cinéma français et la guerre d’Algérie.
Une question ne cesse de tourmenter ceux qui s’intéressent aux rapports entre le cinéma et les guerres, avec en particulier le statut de la guerre d’Algérie dans le cinéma français. Il existe une perpétuelle sensation d’absence de films de cinéma de fiction sur la guerre d’Algérie. La question se pose de savoir pourquoi une guerre si importante, si cruelle, ne fait pas trace dans le cinéma français depuis quarante ans.
Pendant longtemps, chaque sortie en France d’un film de fiction sur la guerre d’Algérie était l’occasion d’un cliché journalistique obsédant, faisant retour de manière obsédante, perpétuelle : la non-existence de films de fiction traitant de cette séquence. Pourtant, nous savons bien que pendant la période de la guerre elle-même, des cinéastes, et pas n’importe lesquels, ont essayé de fabriquer des films sur la guerre d’indépendance algérienne. Je citerai rapidement Alain Resnais avec Muriel, Jean-Luc Godard avec Le Petit Soldat, Alain Cavalier avec L’insoumis et Le combat dans l’île, Jacques Rozier avec Adieu Philippines. Après les « événements » de mai-juin 1968, d’autres cinéastes se sont lancés à l’assaut de ce morceau d’histoire très proche (cinq ans seulement séparent la fin de la guerre d’Algérie de 1968…) en essayant de montrer quelque chose.
On citera René Vautier (Avoir 20 ans dans les Aurès), Yves Boisset (RAS), ou Laurent Heynemann (La Question, une adaptation du célèbre livre d’Henri Alleg). Même Claude Berri s’est essayé à cette histoire avec Le Pistonné. Les années 80 sont également l’occasion d’une tentative de déploiement mémoriel par l’image, avec notamment Philippe Garel (Liberté la nuit), Pierre Schoendorffer (L’honneur d’un capitaine), Alexandre Arcady (Le coup de sirocco), et Gérard Mordillat (Cher Frangin). Dans les années 90, on citera les films de Gilles Béhat (Le Vent de la Toussaint), de Serge Moati (Des feux mal éteints), de Pierre Delerive (Le fusil de bois). Ce qui est remarquable à ce moment-là c’est l’émergence d’un cinéma de femmes sur cette guerre avec les films de Brigitte Rouan (Outre-mer), de Dominique Cabréra (De l’autre côté de la mer) et de Rachida Krim ( Sous les pieds des femmes). Près d’une quarantaine de films français existent sur la guerre d’Algérie, alors pourquoi cette sensation d’absence ?
Nous en parlerons aujourd’hui avec des cinéastes qui ont réalisé eux aussi des films sur la guerre d’Algérie. Alain Tasma, qui a réalisé Nuit noire, Philippe Faucon, La Trahison qui doit sortir en salles en janvier 2006 et Antoine De Baecque, responsable des pages culturelles au quotidien Libération.

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Philippe Faucon.
Réalisateur. |
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Alain Tasma.
Réalisateur. |
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Antoine de Baecque.
Historien et critique de cinéma. |
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les livres |
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Antoine de Baecque

Tim Burton
Cahiers du cinéma - 28 octobre 2005
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Antoine de Baecque brosse la carrière du cinéaste Tim Burton, créateur visionnaire et figure emblématique du cinéma américain récent.
Collection Auteurs |
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Antoine de Baecque

La cinéphilie. Histoire d'un regard, d'une culture 1944-1968
Fayard - 2003
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La cinéphilie fut une passion française, dévorante et exigeante. Voir des films par centaines, seul ou en bande, mais aussi en discuter, écrire, rencontrer les réalisateurs, fonder des revues, animer des ciné-clubs, se réunir, se combattre : c’est ainsi qu’à Paris, entre la Libération et 1968, les grands cinéastes du xxe siècle connurent la gloire. La cinéphilie a en effet, pour une bonne part, « fabriqué » Alfred Hitchcock, Howard Hawks, Roberto Rossellini, Jean Renoir et autres cinéastes, les plaçant au rang d’auteurs et d’intellectuels qui, à l’instar d’Aragon, de Picasso ou de John Cage, ont fait la culture du XXe siècle.
Mais qui étaient ces cinéphiles ? Antoine de Baecque trace ici les portraits de ces jeunes « mordus du cinéma » devenus critiques, cinéastes eux-mêmes, écrivains et journalistes : André Bazin, Eric Rohmer, Henri Langlois, François Truffaut, Jean-Luc Godard, Jacques Rivette, Claude Chabrol, Serge Daney, notamment.
Il saisit ces grandes figures dans leur vie, leurs passions et leurs combats, au-delà même du cinéma et de son histoire : ces cinéphiles, influencés par le surréalisme, l’existentialisme, la littérature, le structuralisme, posent en effet un regard différent sur les idées, les arts et les grands débats des années cinquante et soixante.
Fondé sur le dépouillement d’archives privées, de trésors cinématographiques (les fonds Truffaut, Bazin, Sadoul, Langlois), et de revues fondatrices (L’Ecran français, les Cahiers du cinéma, Positif, Les Lettres françaises), cet essai reconstitue l’épaisseur des contextes intellectuels et politiques, et propose, à travers une douzaine de portraits de cinéphiles, de groupes, de revues et d’auteurs, la première synthèse sur la cinéphilie française en son âge d’or. Une manière d’ouvrir et d’illustrer, et avec quel brio, une autre histoire culturelle de notre temps.
- Note de l'éditeur -
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les liens |
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L'histoire
1959. Le sous-lieutenant Roque, appelé en Algérie, a la responsabilité d'une trentaine d'hommes, stationnés dans une ancienne ferme proche d'un village isolé de l'Est algérien. Pour les supérieurs de Roque, le secteur est réputé pourri. La tâche qui lui a été assignée consiste donc essentiellement à une " reconquête des âmes ", en direction de la casbah. Parmi les appelés de la section que commande Roque, Taïeb, qu'il apprécie pour son discernement et qui est sans doute le meilleur interprète des pensées et des sentiments des habitants de la " casbah ".
Créations du Dragon
Rue de Belle Vue 23
7100 La Louvière
Belgique
Tél. O64 23 76 50 Fax 064 23 76 61
s-lhoest@tiscali.be |
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Une interview d'Alain Tasma à propos de son film Nuit noire, 17 octobre 1961 , qui retrace un épisode longtemps occulté de l'histoire française, un massacre odieux que la France a décidé "d'oublier".
Avec Clotilde Courau, Ouassini Embarek et Florence Thomassin. |
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Guerre d’Algérie, Images. Absences de l’Autre et d’un commencement, intervention de Benjamin Stora lors du colloque L'Empire du colonial : identités, mémoires et histoire, en décembre 2003.
Le site Internet Hermès a été créé dans le cadre d'un programme de coopération entre historiens français et tunisiens (de l'université Paris 7-Denis Diderot et Tunis 1-La Manouba). |
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Dossier sur le film de Gillo Pontecorvo, La Bataille d'Alger, interdit en France à sa sortie en 1966, censuré de nouveau en 1971, et diffusé pour la 1ère fois à la télévision française en 2004. |
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La colonisation au cinéma à travers trois films, "La Bataille d’Alger", "Chocolat" et "Intervention Divine", article de Serge Abiaad de l'Université de Montréal (juin 2005). |
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Le dossier de presse du film de Philippe Faucon, La Trahison. |
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D'autres images, non de fiction celles-là, mais de journaux télévisés. La guerre d'Algérie à la télévision française, dossier sur l'attitude des médias français face à cette guerre. |
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Guerre et révolution algériennes, une filmographie réalisée sous la direction de Michel Antony, de l'académie de Besançon. |
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Le cinéma, une source de l'histoire, synthèse rédigée en 2005 par Lionel Lacour, agrégé d'histoire et conférencier à l'Institut Lumière de Lyon. |
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