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par Raphaël Enthoven du lundi au vendredi de 10h à 11h |
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émission du lundi 21 janvier 2008
Flaubert l'antidote (1/5): Madame Bovary
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"Pourquoi êtes-vous si triste ? L'humanité n'offre rien de nouveau. Son irrémédiable misère m'a empli d'amertume, dès ma jeunesse. Aussi, maintenant, n'ai-je aucune désillusion."
Flaubert (à George Sand)
On ne devrait pas lire Flaubert au collège, sous peine de n'y rien comprendre, ou pire, de grandir trop vite. A quoi sert de lire Madame Bovary quand on est en âge de tomber amoureuse pour la première fois ? Que reste-t-il de l'Education sentimentale quand on prend ses désirs pour des réalités ? Comment rire de Monsieur Homais quand on confond la culture et l'intelligence ? Que retenir d'un Coeur simple quand on ignore la servitude volontaire, ou de Salammbô quand on aime les beautés de papier glacé ? L'adolescence est trop fragile pour lui infliger ce remède de cheval. Mieux vaut attendre, pour fréquenter l'ermite, de perdre un peu ses illusions.
RE
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Jacques Neefs.
Professeur émérite à Paris VIII, spécialiste de l'histoire et la théorie du roman aux XIXème et XXème siècles, professeur à John Hopkins University de Baltimore. |
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Commentaires |
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22/01/2008 11:39
Georges Badin
(Céret)

une demi-heure seulement pour l'excellente émission sur Mme Bovary et plus largement pour l'ensemble de vos émissions. Suppression donc de A voix nue souvent médiocre et ainsi on aurait une heure pour Enthoven. Je ne serai sûrement pas seul à réclamer un temps correct pour cette émission. HAWS
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 21/01/2008 21:38
elise
(lille)

Emma qui « couche » avec Rodolphe ? pourquoi ce langage, Monsieur Enthoven, pour Flaubert, justement, qui tant aimait le pouvoir magnétique, le miracle du choix d’un mot pas banal ? Insistance disproportionnée, en plus, sur le premier « nous » du roman, ironique et faussement réaliste (ce que vous avez même appelé du ‘hyper-realisme’ !), et heideggerisme à deux sous dans l’analyse du mot « nouveau » - même lorsque nous avons passé l’âge du collège, il peut être prématuré d’aborder certains livres.
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des livres à découvrir |
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Gustave Flaubert

Madame Bovary¸ suivi de Actes du procès, éd., prés., Bernard Ajac
Flammarion, « GF », nouv. éd. m. à j. - 2006
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En 1857, au terme de plusieurs années de labeur, Flaubert fait paraître Madame Bovary. Aussitôt, c'est le scandale : l'histoire d'Emma - cette fille de paysans qui, pour fuir la médiocrité de son époux et la routine provinciale, se réfugie dans ses lectures puis dans l'adultère - choque la censure. Flaubert est poursuivi pour outrage aux mœurs et à la religion ; on lui reproche ses « tableaux lascifs », ses « images voluptueuses mêlées aux choses sacrées ». Le succès, immense, est à la mesure du tapage du procès. Mais cette œuvre - qui donna lieu à quantité d'adaptations, que l'on songe aux films de Jean Renoir (1934) ou de Claude Chabrol (1991) - est bien plus qu'un roman sulfureux : elle ébranle les fondements mêmes du genre romanesque. Ce qu'affirme avec force Zola dans Les Romanciers naturalistes (1881) : « Quand Madame Bovary parut, il y eut toute une révolution littéraire. Il sembla que la formule du roman moderne, éparse dans l'œuvre colossale de Balzac, venait d'être réduite et clairement énoncée dans les quatre cents pages d'un livre. Le code de l'art se trouvait écrit. »
- 4e de couverture -
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L'atelier Bovary vient d'ouvrir en ligne. Vous pouvez y savourer la "bouillie" de Flaubert, la somme méandreuse et labyrinthique des brouillons du chef d'oeuvre...Ne vous en privez pas! |
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