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par Raphaël Enthoven du lundi au vendredi de 10h à 11h |
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émission du jeudi 31 janvier 2008
Maupassant, la bête humaine (4/5): philosophie de Maupassant, suite.
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C’est l’œuvre d’un homme bestiaire à qui pourtant rien de ce qui est humain n’est étranger, de l’adultère à la perforation florale, en passant par le viol, le racisme, l’infanticide, la folie, la lâcheté, la peur, l’avortement, la prostitution, le bonheur, la solitude, l’inceste, les difficultés pathétiques, la misère conjugale, l’héritage, le déshonneur, les décorations, la guerre, la paranoïa, la schizophrénie, le corps déformé des femmes enceintes, les petits arrangements entre amis ou les cruautés faites aux animaux…
« Je jouis de tout, à la façon d’un animal. J’aime le ciel comme un oiseau, les forêts comme un loup rôdeur, les rochers comme un chamois, l’herbe profonde pour m’y rouler, pour y courir comme un cheval, et l’eau limpide pour y nager comme un poisson. »
Aux antipodes des écrivains ou des philosophes qui affirment la supériorité de l’homme sur le règne naturel, l’Animal Guy de Maupassant, cette « machine à sentir et à jouir », s’abandonne littéralement aux rythmes de la nature qui le traverse et le constitue : avec les femmes, c’est un lapin, quand vient la nuit, c’est une chouette, quand il écrit, c’est un caméléon : « Je ne crois pas à l’analyse, mais je crois à la sensation. Toutes les fois que j’ai bien peint un homme, c’est que je l’ai été une minute »…
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| En partenariat avec |
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Jean Salem.
Philosophe, professeur à La Sorbonne Paris I, directeur du Centre d'histoire des systèmes de la pensée moderne. |
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Commentaires |
Faites-nous part de vos commentaires et de vos suggestions sur chaque sujet.
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31/01/2008 22:30
Ptite Cap
(Lyon)

Bonsoir,
Nouveaux chemins, à juste titre comme je le comprends aujourd'hui.
Maupassant ? Entre deux carottes et trois patates, au milieu de la conversation, des cris devrais-je mieux dire, de mes enfants, je saisis malgré tout la teneur de l'émission de la semaine. Maupassant ! Mais c'est un sujet scolaire, ça concerne, au maximum, les profs et encore. En même temps j'ai l'impression d'une plongée inopinée et immédiate dans le passé, ça m'arrête deux secondes. Le temps qu'un échange à propos de Jeanne trouve la faille du brouhaha familial et me touche l'esprit direct.
J'ai persisté chaque soir, attrapé difficilement quelques bribes, raté beaucoup sans doute, mais l'essentiel est gagné : il faut absolument que je retrouve les vieux poches coincés derrière les auteurs choisis. Ce que j'ai envie de lire aujourd'hui, ce que je dois lire, c'est Maupassant (et pas seulement Une vie, quasiment chaque invité a suscité une nouvelle curiosité).
Un grand merci.
Je voudrais bien savoir ce qui vous a donné l'idée de nous rafraîchir ainsi les clichés barbants de nos mémoires de lycée.
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 31/01/2008 20:07
DESCHAMPS Coralie
(BOURGES)

Je viens d'écouter les deux émissions de M. Jean Salem et je vous avoue avoir été un peu déçue. Je n'ai pas retrouvé le Maupassant que je connaissais. De plus, la dernière phrase de l'émission me semble fausse. Maupassant n'a pas pu demander les derniers sacrements à la clinique du Docteur Blanche. Le livre de Laure Murat sur l'asile de Passy précise bien qu'il était déjà sans connaissance depuis longtemps déjà, bien avant son décès. Impossible de demander un prêtre comme l'ont fait certains philosophes des Lumières. En revanche, L'Angélus, que je ne connaissais pas, m'a rappelé instantanément le Dialogue d'un prêtre et d'un moribond de Sade.
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des livres à découvrir |
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Jean Salem

Philosophie de Maupassant
Ellipses. Collection Littérature et philosophie - 28 octobre 2000
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En donnant à penser que l'homme est une bête à peine supérieure aux autres, que c'est la recherche du plaisir qui nous meut, que la mort est un invraisemblable scandale, que la guerre est infrahumaine et que les hommes se laissent mener par le bout des mots, Maupassant semble - à l'évidence - choisir son parti en philosophie.
Ce livre tend à démontrer que l'on trouve chez Maupassant des segments de philosophie, des thèmes hérités des voluptueux inquiets, des inflexions puisées dans une tradition qu'illustrèrent (bien des siècles après Anacréon et Horace) les écrivains libertins du XVIIIe siècle : Crébillon, Prévost, Laclos et le marquis de Sade.
- 4e de couverture -
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