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par Raphaël Enthoven du lundi au vendredi de 10h à 11h |
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émission du lundi 25 mai 2009
Montaigne 1/5: la mort
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"Cicéron dit que philosopher ce n'est pas autre chose que s'apprêter à la mort. C'est parce que l'étude et la contemplation retirent quelque peu notre âme hors de nous et l'occupent à part du corps, ce qui est une sorte d'apprentissage ou de ressemblance de la mort; ou bien c'est que toute la sagesse et tous les raisonnements du monde ont ce point d'aboutissement: nous apprendre à ne point craindre de mourir"
Montaigne, Essais Livre I, Chapitre XX
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| En partenariat avec |
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Jean-Yves Pouilloux.
Jean-Yves Pouilloux est professeur de littérature à l'Université de Pau et des Pays de l'Adour. Il est spécialiste de Montaigne, de Rabelais et de littérature contemporaine (Queneau, Borges...). Il est l'auteur de Montaigne, l'éveil de la pensée (Honoré, Champion, 1995), et, en collaboration avec Françoise Arzod-Dutard, de Essais, Livre III, Montaigne (Armand Collin, 2002). |
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Anouar Brahem.
Le pas du chat noir.
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Thomas Newman.
Six feet under title theme.
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Kool and The Gang.
Celebration.
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Purcell (Walter Carlos et Rachel Elkind, BO d'Orange Mécanique, de Stanley Kubrick).
Music for the Funeral of Queen Mary.
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Schubert.
Winterreise, Gute Nacht.
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Saint-Saëns.
Danse macabre.
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Liszt.
Danse macabre.
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25/05/2009 20:22
MF HOURCQ
(DAX)

Monsieur Enthoven,
Vous avez annoncé la possibilité de partager la Joie de parler de la Mort selon MONTAIGNE ! Je suis heureuse de vous dire que le pari est tenu, et que la voix profonde de Monsieur Pouilloux ajoutait au bonheur d'entendre Montaigne lui-même !
L'illustration musicale "six feet under" : GENIAL !
Merci. Une belle émission vraiment. MFH
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 25/05/2009 18:09
Dill
(Brive)

Bonsoir,
La mort est effectivement intimement liée à la vie et ce, au quotidien…
Montaigne a, en ce sens, précédé Lacan : l'articulation intime des deux thèmes/aspects de la vie et de la mort… Montaigne lui-même ayant hérité des (plus) anciens (que lui).
Quant à l'idée de la mort, en général, nous évacuons immédiatement toute velléité de pensée à la mort, nous la réprimons, refoulons, de manière consciente ou inconsciente, car cela nous dérange de manière plus ou moins insoutenable…
D'ailleurs, nous avons intégré de manière spontanée l'oubli : nous ne pouvons y penser chaque jours, sinon la vie deviendrait impossible… un peu pourrie, non ?
Chaque fois que j'aborde la maladie, les accidents (pas que de la route !!!), mon interlocuteur me dit, sur un ton ironique : nous, on n'a rien à voir avec ça, ça ne nous concerne pas...
D'aucuns voudront vivre et mourir beau et en bonne condition physique, mais après avoir BIEN vécu (c-à-d longtemps). C'est le désir légitime de tous !
Raphael, vous dites "… pour mourir heureux…", on aimerait bien, Monsieur, se sentir heureux, serein pendant que l'on rend son dernier souffle, encore faudrait-il se savoir mourant… dans un décor qui s'y prête !!! Et puis, il y a mille façons de mourir : mourir de sa (propre) mort (c'est le "meilleur" scénario), mourir fauché(e) parce que victime de mille incidents, mourir d'une maladie, etc. Dans tous les cas, elle nous surprend : donc prévoir de "mourir heureux"… il faudrait sérieusement étudier la question !
Le vacarme incessant des villes, la surconsommation inexorables des jetables, les conditions inhumaines dans lesquelles est entré le monde… les inquiétudes au quotidien… laissent-ils la moindre chance à monsieur tout le monde de "penser (à) la mort" dans le sens où cela est expliqué dans l'émission ?
Dill
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des livres à découvrir |
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Jean-Yves Pouilloux

Montaigne, que sais-je?
Gallimard - 1987
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Une vie qui commence dans la confiance, et même dans l'optimisme. La Renaissance, c'est l'enthousiasme, l'envie de savoir, la foi des humanistes. Michel de Montaigne est de ceux-là. Mais devant l'injustice du monde, les guerres et la mort, ses certitudes, très rapidement vont s'effriter. Que reste-t-il ? Il reste à réfléchir, à se débarrasser des idées reçues, à écrire. Ce seront «les Essais».
-4ème de couverture-
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Michel de Montaigne

Les Essais
Gallimard - Bibliothèque de La Pléiade - 16 mai 2007
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Il fut gentilhomme, propriétaire terrien, voyageur, maire de Bordeaux, courtisan, négociateur au service de ses rois. Il fut aussi un lecteur éclairé, l'auteur d'un livre unique, et pendant plus de vingt ans, sur plus de mille pages, le bâtisseur de sa propre image, celle d'un homme retiré, jouissant d'un exil intérieur propice à l'exercice du jugement. C'est dans l'espace qui s'étend entre ces deux figures, l'homme à cheval et l'homme de papier, qu'il faut appréhender Les Essais. Grand amateur de livres, Montaigne juge sévèrement « l'écrivaillerie » de son temps et combat la culture livresque lorsqu'elle conduit au pédantisme. Familier des interminables périodes de ses confrères en « parlerie », il use d'un langage « coupé », d'un style primesautier – « soldatesque », dit-il. Non content d'inventer une forme, l'essai, il se dote d'une écriture qui est le truchement de son âme et, on le sent bien, l'exact reflet de la vivacité de son esprit. De sorte qu'il ne nous enseigne pas : il nous parle – de lui, de l'humain à travers lui, et donc de nous. D'une voix et sur un ton jusqu'alors inouïs, et peu entendus depuis, il sape en ironiste le conformisme intellectuel et, le premier, revendique pour chacun le droit à l'esprit critique et au libre examen dans tous les domaines (celui de la foi excepté). Montaigne est à l'Humanisme ce que le franc-tireur est aux troupes régulières : on ne le trouve jamais là où on l'attend, et c'est le gage de sa survie. C'est pourquoi, alors que tant d'ouvrages contemporains sont oubliés, Les Essais demeurent un livre vivant.
Ce livre, on le publie ici d'après la seule version imprimée de l'ultime état du texte : l'édition posthume de 1595, aujourd'hui majoritairement considérée comme la plus proche du dessein de l'auteur. Afin d'en faciliter la lecture, les notes sur le vocabulaire et la syntaxe, ainsi que la traduction des citations, figurent au bas des pages. Les sentences peintes sur les poutres de la « librairie » de Montaigne et les notes qu'il a portées dans les marges de ses livres complètent le volume.
- Présentation de l'éditeur -
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Montaigne (adaptation en farnçais moderne par André Lanly)

Les Essais en français moderne
Gallimard, collection Quarto - Avril 2009
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Nous devons à André Lanly, éminent philologue et professeur émérite à l'université de Nancy, d'avoir servi l'un des monuments les plus difficiles à déchiffrer de la littérature française en osant lui donner sa forme moderne. C'en est fini des obstacles de l'orthographe, du doute sur le sens des mots, de l'égarement suscité par la ponctuation. Lire ce chef-d'oeuvre devient ici un pur bonheur.
« Ce ne sont pas mes actes que je décris, c'est moi, c'est mon essence. J'estime qu'il faut être prudent pour juger de soi et tout aussi scrupuleux pour en porter un témoignage soit bas, soit haut, indifféremment. S'il me semblait que je suis bon et sage, ou près de cela, je l'entonnerais à tue-tête. Dire moins de soi que la vérité, c'est de la sottise, non de la modestie. Se payer moins qu'on ne vaut, c'est de la faiblesse et de la pusillanimité, selon Aristote. Aucune vertu ne se fait valoir par le faux, et la vérité n'est jamais matière d'erreur. Dire de soi plus que la vérité, ce n'est pas toujours de la présomption, c'est encore souvent de la sottise. Être satisfait de ce que l'on est et s'y complaire outre mesure, tomber de là dans un amour de soi immodéré est, à mon avis, la substance de ce vice [de la présomption]. Le suprême remède pour le guérir, c'est de faire tout le contraire de ce que prescrivent ceux qui, en défendant de parler de soi, défendent par conséquent d'appliquer sa pensée à soi. L'orgueil réside dans la pensée. La langue ne peut y avoir qu'une bien légère part. »
Les Essais, Livre II, chapitre VI
-Présentation de l'éditeur-
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