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Les nouveaux chemins de la connaissance
par Raphaël Enthoven
du lundi au vendredi de 10h à 11h
Nouveaux chemins de la connaissance (les)

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émission du mercredi 7 octobre 2009
Les cinq sens 3/5: L'ouïe chez Nietzsche


Olivier Ponton , Catherine Mal
Olivier Ponton, Catherine Malabou
 © RF / Vanina Mozziconacci
"Des images dans l’œil humain ! Voilà ce qui domine tout être humain : à partir de l’œil ! Sujet ! l’oreille entend le son ! Une tout autre conception, merveilleuse du même monde." Nietzsche, fragment.

Textes lus pendant l'émission:
-Avant-propos du Crépuscule des idoles ("philosopher à coups de marteau")
-Par-delà bien et mal (aphorismes 246 et 247, la "troisième oreille")
-Ecce homo ("Pourquoi j'écris de si bons livres", § 1)
-Ainsi parlait Zarathoustra (quatrième partie, "Le chant d'ivresse
-Aurore (l'aphorisme 423, sur le silence de la nature)

En partenariat avec

Invités

Olivier Ponton.  Docteur en philosophie et professeur des lycées, il est l'auteur (avec Paolo d'Iorio) de Nietzsche, philosophie de l'esprit libre (Editions Rue d'Ulm,2004) et Nietzsche, Philosophie de la légèreté (Walter de Gruyter, 2007, Allemagne)


Extraits musicaux

Luciano Berio.  Un roi à l'écoute. 

BO.  Orange mécanique. 



Le journal des nouveaux chemins

Catherine Malabou à propos de Changer de différence, le féminin et la question philosophique (Galilée) Ecoutez



Commentaires
Faites-nous part de vos commentaires et de vos suggestions sur chaque sujet.
page 1/1 - 5 commentaires
07/10/2009 20:57   zajewski (nice/ france)

un grand merci.


07/10/2009 16:34   Annie ( Aix)

Superbe travail à toute l'équipe.
Votre émission est une incitation dangereuse à tout lire, tout voir, tout écouter. Vous avez l'immense talent de donner envie d'apprendre, de découvrir, les textes intemporels, mais aussi depuis cette année les livres récents.
Brillante idée que d'élargir vos chemins aux traverses de l'actualité philosophique, mais une petite remarque cependant : l'entretien de ce "journal" est un peu trop court, à mon goût. On reste sur sa faim, et cela souvent nuit à l'appréciation des livres dont il est question.
Quoi qu'il en soit, longue vie aux NCC.
On en reprendrait bien deux fois par jour.


07/10/2009 16:05   clément Bareaut (Genève)

Par rapport au message précédent : tout le propos de Catherine Malabou, si je l'ai bien compris, était de montrer que la femme ne se réduit pas au féminin, et que quand bien même le féminin peut occuper une large place dans la pensée de certains philosophes, c'est toujours le féminin depuis un point de vue masculin, et jamais le féminin de la femme.


07/10/2009 14:14   Régis Amorocho

Contre Catherine Malabou, je crois que Nietzsche est le philosophe féminin et du féminin par excellence : dans le texte nietschéen, toutes les métaphores de l'enfantement, de la sensibilité et de la réceptivité tendraient à l'attester. Le problème avec l'interprétation de Nietzsche, c'est son monisme absolu, qui se refuse à mettre en opposition (même s'il les distingue sous le paradigme de la nuance), le corps et l'esprit, le biologique et le spirituel, etc. D'où les lectures aussi bien fascistes-biologiques-sexistes-prosaïques que gauchistes-spiritualistes-anti-sexistes-poétiques, toutes partiales car partielles en certains points.

Notre pensée, habituée aux oppositions conceptuelles des philosophes, et tout autant engluée dans l'oppositionalité essentielle au langage, en perd sa boussole. D'autant plus que l'utilisatation de la métaphore, permanente chez lui, accentue encore notre sensation de perte de repères quand nous nous plongeons dans ses textes. Sur ce thème, et comme introduction à la lecture de Nietzsche, j'inviterais à lire "Nietzsche et la métaphore" de Sarah Kofman (Galilée).

En conclusion, ajoutons que Nietzsche le tentateur fait jouer les ambiguïtés du langage dans tous les sens, je crois afin de nous pousser à devenir, bête et/ou dieu, ce que l'on est ; à révéler notre bêtise (ou aussi bien notre intelligence !). Et quitte à trébucher, mieux vaut, surtout avec lui, essayer de ne pas tomber dans la la plus infâme grossièreté. Lui-même nous y invite clairement et prêche d'exemple, malgré ses dehors volontiers arrogants, voire brutaux. Témoin le § 381 d'Aurore: "le plus doux et le plus équitable des hommes n'a qu'à porter une grosse moustache et il pourra en quelque sorte s'asseoir à son ombre, et s'y asseoir en paix, — les yeux ordinaires voient en lui l'accessoire d'une grosse moustache : à savoir un caractère militaire, prompt à s'échauffer, violent à l'occasion — et ils se comportent avec lui en conséquence."


07/10/2009 11:10   Dexter

bonjour !
c'est encore moi, ça prouve que je suis vraiment un auditeur fidèle.
merci à Olivier Ponton pour cette émission de ce matin, chapeau !
j'ai écouté cet été sur votre radio une série d'émission qui s'intitulaient "comment devenir nietzschéen en 20 leçons", et bien sur ce coup, vous m'en aurez plus appris en 1 heure.
Une seule petite remarque, si vous me le permettez, lorsque Monsieur Enthoven parle de la modestie des philosophes, comme quoi à part Nietzsche les autres philosophes seraient en général des gens modestes, là franchement je ne vois pas à quel philosophe vous voulez fare allusion, j'en ai lu pas mal, de tous ceux que j'ai lu je ne peux pas dire que leur modestie était la première chose qui me sautait aux yeux,
je crois même que ce qui en général fait le plus défaut aux philosophes c'est justement ça : la modestie.
Hormis peut-être un seul, qui avoue dans un des ses livres ne pas savoir, c'est David Hume, ce n'est pas pour rien qu'il a donné naissance à ce nouveau courant de pensée qu'on pourrait qualifier de pensée modeste (à sa suite, James, Russell, Wittgenstein...)
mais il me semble avoir entendu dire Monsieur Enthoven, qu'il n'avait jamais rien compris à la philosophie analytique, peut-être du fait que justement elle est modeste.
bien à vous.

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des livres à découvrir


Nadeije Laneyrie-Dagen
Détails vus au Louvre
La Martinière - octobre 2009

Peindre un tableau c'est, souvent, raconter une histoire. C'est aussi, quelquefois, en raconter plusieurs. Doit-il représenter une Vierge ou une scène amoureuse ? L'artiste se laisse à l'occasion détourner par un détail : un motif qui l'enchante et auquel il consacre le meilleur de son talent. Ce motif peut être un accessoire : bouquet de fleurs, bijou, tapis à la géométrie compliquée, chat qui joue à faire ses griffes... Le peintre peut s'attarder sur une anecdote secondaire, se délecter à définir une forme particulière, la remplir de couleur et faire d'un simple détail le révélateur de toute l'intrigue. De plans en plans, de motifs symboliques en détails furtifs, des peintures que l'on croyait connues, ainsi vues, prennent une saveur inédite. Les redécouvrir, les connaître autrement: tel est l'objet de ce livre qui se promène dans une centaine des plus grands chefs-d'oeuvre du musée du Louvre.


Olivier Ponton
Philosophie de la légèreté
Walter de Gruyter - janvier 2007



Olivier Ponton
Nietzsche, philosophie de l'esprit libre
Rue d'Ulm - novembre 2004

Quelques-uns des meilleurs spécialistes de la philosophie de Nietzsche examinent ici un texte trop souvent négligé par les commentateurs : Choses humaines, trop humaines [Menschliches, Allzumenschliches] et ses deux " Appendices " : Opinions et sentences mêlées et Le Voyageur et son ombre. Ils visent notamment à réhabiliter ces trois livres, que la plupart des interprètes assimilent injustement à une simple transition, voire à une parenthèse dans l'œuvre de Nietzsche. En réfléchissant sur les " phases " de la philosophie de Nietzsche et sur le problème posé par sa périodisation, en étudiant un certain nombre d'aphorismes particulièrement représentatifs de la " philosophie de l'esprit libre " et en suivant le déploiement de thèmes essentiels (la critique des idéaux, la démocratie ou l'allégement de la vie), les auteurs de cet ouvrage sont parvenus à reconstituer l'originalité, la complexité et la cohérence de ces œuvres, et à dégager l'importance essentielle des années 1876-1879 dans l'évolution de la philosophie de Nietzsche.
-présentation de l'éditeur-


Catherine Malabou
Changer de différence, le féminin et la question philosophique
Galilée - septembre 2009

Soumettre d'abord l'analyse du philosophique à la rigueur de la preuve, aux chaînes de la conséquence, aux contraintes internes du système : articuler, premier signe de pertinence, en effet. Ne plus méconnaître ce que la philosophie voulait laisser tomber ou réduire, sous le nom d'effets, à son dehors ou à son dessous (effets " formels " -" vêtements " ou " voiles " du discours -" institutionnels ", " politiques ", " pulsionnels ", etc.) : en opérant autrement, sans elle ou contre elle, interpréter la philosophie en effet. Déterminer la spécificité de l'après-coup philosophique -le retard, la répétition, la représentation, la réaction, la réflexion qui rapportent la philosophie à ce qu'elle entend néanmoins nommer, constituer, s'approprier comme ses propres objets (autres " discours ", " savoirs ", " pratiques ", " histoires ", etc.) assignés à résidence régionale : délimiter la philosophie en effet. Ne plus prétendre à la neutralité transparente et arbitrale, tenir compte de l'efficace philosophique, et de ses armes, instruments et stratagèmes, intervenir de façon pratique et critique : faire travailler la philosophie en effet. L'effet en question ne se laisse donc plus dominer ici par ce que la philosophie arraisonne sous ce nom : produit simplement second d'une cause première ou dernière, apparence dérivée ou inconsistance d'une essence. Il n'y a plus, soumis d'avance à la décision philosophique, un sens, voire une polysémie de l'effet.
-présentation de l'éditeur-


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