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par Philippe Meyer le dimanche de 11h à midi |
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émission du dimanche 7 février 2010
Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis - La campagne pour les élections régionales
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Michaela Wiegel.
Correspondante à Paris de la Frankfurter Allgemeine Zeitung |
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Max Gallo.
Romancier et historien |
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Jean-Louis Bourlanges.
Professeur à l'Institut d'Etudes Politiques de Paris |
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Denis Olivennes.
Président du Directoire du Nouvel Observateur |
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Les tensions entre la Chine et les Etats-Unis
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Le Pentagone a annoncé la semaine dernière qu'il approuvait la vente d'armements à Taïwan pour 6,4 milliards de dollars (4,6 milliards d'euros). Cette vente, qui comporte des batteries antimissile, des navires chasseurs de mines sous-marines et des hélicoptères, intervient moins de deux ans après la vente d’un lot au contenu et au montant similaires autorisé par l'administration Bush, en octobre 2008. La vente d’armes à Taiwan est autorisée depuis 1979 par le Taiwan Relations Act, qui encadre la politique étatsunienne vis-à-vis de l'île.
La Chine a suspendu les contacts militaires avec les Etats-Unis et a annoncé des sanctions commerciales contre des sociétés américaines impliquées dans la vente d’armes à Taiwan. La liste des entreprises concernées comprend Lockheed Martin, Raytheon, United Technologies et Boeing, avec qui la Chine est un marché particulièrement important. Dans un communiqué, le ministère chinois des affaires étrangères annonce : « le projet américain détériorera sans aucun doute les relations sino-américaines et aura un impact négatif grave sur les échanges et la coopération entre les deux pays dans des domaines majeurs ». La presse officielle chinoise dénonce « l'arrogance » et « l'hypocrisie » des États-Unis. Le département d'État américain a justifié la vente d'armes par le fait qu’elles « contribuent à maintenir la sécurité et la stabilité dans le détroit de Taïwan ».
La venue du dalaï-lama aux Etats-Unis (pour 10 jours à partir du 16 février) a ravivé les tensions sino-américaines en début de semaine. Le ministère des affaires étrangères chinois a déclaré « s'opposer résolument à un contact entre le leader des Etats-Unis et le dalaï-lama sous quelque prétexte que ce soit et quelque forme que ce soit ». Après avoir confirmé mardi que Barack Obama rencontrerait le dalaï-lama, le porte-parole de la Maison Blanche Bill Burton a déclaré « pour être clair, les Etats-Unis considèrent que le Tibet fait partie de la Chine », tout en avouant « nous sommes inquiets, sur le plan des droits de l'Homme, sur la façon dont les Tibétains sont traités».
Ces dissensions entre la Chine et les Etats-Unis interviennent moins d’un mois après la révélation des cyberattaques chinoises dont Google et une trentaine d'autres firmes américaines ont été la cible. Ces attaques informatiques massives venant de Chine ciblaient des militants chinois des droits de l'homme. Google a menacé mi-janvier de cesser ses opérations en Chine, Barack Obama s'est dit « préoccupé », et Hillary Clinton a dénoncé, dans un discours sur la liberté de l'Internet, « le nouveau rideau d'information qui est en train de descendre sur une grande partie du monde».
Enfin, la conquête spatiale pourrait voir la Chine prendre le relais des Etats-Unis. Le Congrès américain a examiné lundi une proposition de budget qui ne finance plus le programme Constellation de la NASA. La Chine prévoit en revanche de poser le pied sur la Lune en 2025, et a développé un programme de cinq missions spatiales entre 2011 et 2016. |
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La campagne pour les élections régionales
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Les prochaines élections pour le renouvellement des 26 conseils régionaux de métropole et d'outre-mer auront lieu les 14 et 21 mars. Les conseillers, élus habituellement pour 6 ans ne le seront que pour 4 ans, en raison du projet de réforme sur la création des conseils territoriaux, qui devrait renouveller conseils généraux et conseils régionaux en même temps en mars 2014. 20 régions métropolitaines sur 22 sont actuellement présidées par le Parti Socialiste (seules l'Alsace et la Corse ont été remportées par la droite en 2004).
À six semaines du premier tour, l’ensemble des partis politiques a officiellement lancé sa campagne électorale. La majorité présidentielle mise sur la notoriété et la stature ministérielle de ses têtes de liste, comme Valérie Pécresse et Rama Yade en Ile-de France, Xavier Darcos en Aquitaine. Le renouvellement des candidats est également mis en avant par L’UMP qui précise que dans près de 80% des départements, ce sont de nouvelles têtes qui conduisent ses listes.
Xavier Bertrand insiste sur la féminisation des candidatures : « Nous avons six femmes têtes de listes régionales alors que nous n'en avions présenté qu'une en 2004 ». A l'initiative de Nicolas Sarkozy, l’UMP a fait le choix de s’allier avec des membres du Mouvement pour la France (MPF) de Philippe de Villiers, de La Gauche moderne de l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, ou encore du parti de Frédéric Nihous Chasse, Pêche, Nature, Traditions (CPNT).
Pour le Parti Socialiste, la campagne électorale a été lancée dimanche dernier par Martine Aubry, qui a annoncé la constitution en Languedoc-Roussillon d’une liste concurrente de celle Georges Frêche, dont la déclaration sur la « tronche pas catholique » de Laurent Fabius a fait abondamment parler depuis une dizaine de jours. La première secrétaire du Parti Socialiste espère qu’au terme du scrutin « la carte des régions sera toute rose dans une crise bien noire ». Elle a mis en garde les socialistes contre la tentation de s’en prendre aux autres membres de l’opposition. « Ils ne sont pas des concurrents, ils se battent avec nous », a-t-elle précisé, avant de prévenir que le PS doit créer cette « dynamique au deuxième tour pour rassembler la gauche tout entière ».
Le Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) a décidé de présenter dans le Vaucluse une candidate qui porte le voile. Olivier Besancenot a défendu ce choix en affirmant qu’une femme peut-être « féministe, laïque et voilée ».
Selon un sondage TNS-Sofres/Logica publié jeudi, pour gagner cette élection, la gauche est en tête des intentions de vote. Le PS obtiendrait 28 % des voix, Europe Ecologie 13 %, et le Front de Gauche 6%. L’UMP est crédité par ce même sondage de 28 % d’intentions de vote, tandis que le MoDem de François Bayrou recueillerait 4% des suffrages. |
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les livres |
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Matthieu Aron

Gardés à vue
Les Arènes
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Depuis 2001, c'est la folle escalade. Chaque année, le nombre de gardes à vue explose. Pourtant, une part importante d'entre elles ne sont pas comptabilisées dans les statistiques. Au terme d'une minutieuse enquête, ce livre révèle le chiffre noir des gardes à vue: près de 900 000 par an! Avant les années 2000, la garde à vue était surtout réservée aux braqueurs, aux meurtriers ou aux délinquants d'envergure. Aujourd'hui les automobilistes, les couples qui se disputent, les voleurs de supermarché, les fumeurs de joints, les sans-papiers et tous ceux qui ont des mots avec les forces de l'ordre s'entassent dans les cellules des commissariats et des gendarmeries. Ils découvrent avec effarement les menottes, la fouille au corps, puis l'attente durant des heures dans des locaux insalubres. Certains en sortent traumatisés. Matthieu Aron est allé voir ces nouveaux gardés à vue. II a rencontré des policiers, des gendarmes, des magistrats, des avocats et des médecins, tous aux premières loges. II raconte la mise en place d'un système incontrôlé, fruit de décisions empilées les unes sur les autres. La machine s'est emballée, mais personne ne sait comment l'arrêter. L'enquête est passionnante, car elle évite les procès d'intention et la caricature. Ce livre alerte et rempli de révélations nous renvoie un miroir étonnant de la France d'aujourd'hui.
- Présentation de l'éditeur -
Recommandé par Jean-Louis Bourlanges |
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Philippe Askenazy et Daniel Cohen

16 Nouvelles questions d'économie contemporaine
Hachette Littérature
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Recommandé par Denis Olivennes |
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les revues |
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Le Débat n° 158

janvier-février 2010
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Recommandé par Max Gallo |
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les liens |
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JEAN GATTY ET MARTIN HIRSCH
La cohérence perdue des salaires des patrons
Les Echos, 25 janvier 2010
JEAN GATTY EST PRÉSIDENT D'UNE SOCIÉTÉ DE GESTION DE PORTEFEUILLE ET MARTIN HIRSCH, HAUT-COMMISSAIRE AUX SOLIDARITÉS ACTIVES CONTRE LA PAUVRETÉ.
On admet communément un lien simple entre la compétitivité d'une économie et le niveau des salaires. Pour qu'une économie soit compétitive, il faut que le coût du travail des personnes les moins qualifiées soit faible mais que l'on puisse attirer les meilleurs dirigeants, avec les plus hautes rémunérations. Pour caricaturer, plus les bas salaires seraient bas et plus les hauts salaires seraient hauts, plus l'économie serait compétitive. La France se targue ainsi au cours des dernières années d'avoir rattrapé son retard, en ayant permis aux patrons du CAC 40 de rejoindre, voire dépasser les niveaux salariaux de leurs homologues américains ou européens. Ils n'auraient plus à rougir du niveau « ridicule » de leur rémunération. Ils seraient donc désormais reconnus à leur juste (et haute) valeur. Et la politique fiscale a été conçue pour que ce qui est vrai avant impôt le demeure après. On utilise à cet égard la même justification pour les patrons que pour les vedettes de club de football.
Depuis la faillite de la banque Lehman Brothers et la crise qui a suivi, le débat sur les rémunérations excessives s'est focalisé sur les stock-options et les bonus. Avec l'adoption de règles reposant sur un principe implicite : peu importe le niveau des rémunérations, qui peuvent être très élevées, pourvu que leur évolution suive la performance de l'entreprise, à court et à moyen termes. Celui qui contribue à améliorer la performance d'une entreprise peut prétendre à une part élevée du gain qu'il a suscité. C'est pourquoi des règles plus saines pour l'attribution des bonus et des stock-options seraient censées remettre le capitalisme sur de bons rails.
L'analyse de la rémunération des patrons des 90 sociétés qui composent l'indice représentatif des « petites » capitalisations françaises (le Small 90), avec un chiffre d'affaires moyen de 375 millions d'euros, montre toutefois que le capitalisme français reste loin du compte. Leurs patrons sont presque exclusivement des hommes (3 femmes sur 90 !) dont la rémunération médiane (fixe + variable) s'est élevée à 299.000 euros en 2008. Seulement 13 % d'entre eux ont reçu des stock-options ou des actions gratuites cette année-là. Surprise troublante : moins l'action de l'entreprise a progressé depuis 2001, plus le patron a gagné d'argent en 2008.
Qu'on en juge, en ayant à l'esprit qu'un portefeuille composé de l'ensemble de ces sociétés (l'indice) s'est apprécié de 54 % sur la période analysée. Les 9 actions qui ont le plus progressé depuis 2001 (+ 640 % d'appréciation moyenne) sont celles des 9 patrons les moins bien payés (203.000 euros en 2008) Et les 9 actions suivantes, pour leur gain au cours de la même période (+ 160 %) correspondent au deuxième groupe des patrons les moins bien rémunérés (236.000 euros en 2008). A l'autre extrême : les 9 actions les moins performantes (76 % de dépréciation moyenne depuis 2001) sont celles des 9 patrons les mieux payés en 2008, avec 675.000 euros en moyenne. Et le deuxième groupe des actions les moins performantes (-54 %), rassemble le deuxième groupe des patrons les mieux payés (438.000 euros ).
Le constat est sans appel : dans ces entreprises représentatives des petites sociétés cotées françaises, à quelques exceptions près, le niveau de rémunération des patrons est inversement proportionnel à la création de valeur pour l'actionnaire.
Cette déconnection entre les rémunérations et les performances apporte un nouvel éclairage à un problème réel. Comment admettre qu'un dirigeant soit aussi nettement mieux payé que ses pairs, alors que les actionnaires se sont appauvris ? Comment comprendre qu'au nom de la rentabilité exigée par les actionnaires on demande à la quasi-totalité des salariés d'une entreprise de faire des efforts et de modérer leurs demandes d'augmentation de salaire si le premier d'entre eux perçoit une rémunération sans rapport avec le service qu'il rend aux actionnaires ?
Cette analyse révèle probablement aussi un problème de gouvernance. Car la quasi-totalité des entreprises dans lesquelles nous observons cette corrélation inverse et choquante dit respecter les prescriptions du code de gouvernement d'entreprise élaboré par l'Adep et le Medef. Comment peut-on qualifier de bonne gouvernance un système qui déconnecte de manière aussi systématique la rémunération des dirigeants de celles de la performance boursière de l'entreprise ?
Au moment où plusieurs enquêtes sont réalisées pour savoir si différentes professions se sentent payées à leur juste valeur (enseignants, médecins, entrepreneurs...) voilà une catégorie au sein de laquelle il y a une manière partielle mais objective de répondre à la question. Il n'y a pas de logique de valeur dans l'échelle des rémunérations des dirigeants des 90 entreprises étudiées.
On peut aller plus loin et passer des petites sociétés cotées à la société tout entière. Certaines rémunérations ont flambé dans une période où la croissance était faible et où la pauvreté avait cessé de reculer. C'est ce qui nous avait conduits, en 2005, dans le rapport qui proposait la création du RSA, à proposer de « solidariser » les hautes rémunérations aux performances sociales de l'économie. Dans la nouvelle équation sociale, nous écrivions que la part variable des principaux dirigeants d'entreprises pourrait tenir compte à la fois des résultats spécifiques de l'entreprise et d'autre part d'indicateurs sociaux de la nation (précarité, pauvreté, activité). A l'époque, cela avait fait sourire !
Si la rémunération d'un dirigeant d'entreprise doit être fonction de la valeur qu'il crée pour les actionnaires, alors cette règle n'est manifestement pas respectée. S'il y a d'autres valeurs que la valeur boursière qui justifient les hautes rémunérations de certains dirigeants -un meilleur service rendu à la société tout entière, aux salariés, aux clients ? -leur existence ne va pas de soi et devrait être démontrée et mesurée. Il y a donc encore beaucoup à faire pour remettre de la logique, du bon sens, de l'ordre et de la justice dans les rémunérations des dirigeants d'entreprise. Pas seulement au nom d'un impératif moral, mais au nom de l'efficacité économique et sociale. Un beau chantier pour 2010. Recommandé par Philippe Meyer |
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