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par Philippe Petit le jeudi de 21h à 22h |
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émission du jeudi 12 novembre 2009
L'invisibilité sociale en question
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Toute vie est, bien entendu, une entreprise de démolition, disait Francis Scott Fitzgerald (1896-1940). Au regard de la mort, il ne viendrait à personne l’idée de contester cette présence de la mort dans la vie elle-même, mais au regard de la vie, de l’œuvre de vie, de tous les matins du monde, des commencements, des recommencements, des premières fois qui se répètent, dans la vie comme au cinéma, il est rare de se dire que tout prend fin lorsque rien n’a encore vraiment commencé. « Qui n’a pas éprouvé le désir, à un moment ou à un autre, de sortir de la norme, qu’elle nous laisse en paix, pour pouvoir commencer son travail à soi ? », se demande le philosophe Guillaume Le Blanc dans son très beau livre Les maladies de l’homme normal. Qui n’a pas ressenti le besoin de se reprendre en main, de se forger un style, affranchi des modèles normatifs ? Qui n’a pas rêvé de réinventer sa vie, de transformer la réalité, de faire chanter le quotidien, afin de donner sa chance aux mille et une créations de la vie ordinaire ? Celui qui aurait rêvé d’être enveloppé par la parole plutôt que de la prendre ne peut envisager ces questions, mais on aurait grand tort de le croire fautif, impuissant, ou sans boussole. Car il y a loin des apparitions publiques qui font l’activité des hommes en société et décident de leur visibilité sociale, à la vie intérieure. Guillaume Le Blanc est de ceux qui pensent que la capacité de se maintenir dans l’espace public ne repose pas uniquement sur les seules performances des individus. Elle dépend largement des règles sociales qui légitiment une vie ou, au contraire, la précarisent.
Pour ce lecteur attentif de Georges Canguilhem et de tous les contemporains qui se soucient de prendre soin des vies vulnérables, une vie cherche moins à être reconnue qu’à faire œuvre, à pouvoir participer de manière irréductible à la vie commune.
C’est pourquoi dans cette optique une vie invisible serait une véritable entreprise de démolition…
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les livres |
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Guillaume Le Blanc

Canguilhem et les normes
PUF, Paris - 1998
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La philosophie première au fondement de la rationalité épistémologique de Canguilhem réside dans la relation entre vie et norme d'une part, vie et connaissance d'autre part. Comment la critique d'une normalité unique permet-elle d'aboutir à une reformulation philosophique de l'être en vie, tant biologique que social, c'est l'entreprise de Canguilhem dans Le normal et le pathologique.
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Guillaume Le Blanc

Vies ordinaires, vies précaires
Seuil - 22 mars 2007
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Banalisée, inscrite désormais dans le décor de notre quotidien, la précarité bouleverse notre rapport aux normes sociales. Sait-on simplement aujourd'hui ce qui distingue une vie ordinaire d'une vie précaire ? A-t-on seulement noté que les chômeurs, les surnuméraires, les inutiles, cette armée de sans-voix, s'inventent une nouvelle langue à laquelle nous restons sourds ?
Si la philosophie peut espérer contribuer à la critique sociale, il lui revient de traduire ces expériences d'inexistence et de redonner droit de cité à ces voix discordantes, participant ainsi à la construction d'une « société décente ». Non point un programme, mais une exigence : parce que les voix des précaires sont l'ultime voix de la démocratie, leur faire une place dans le bruit ordinaire de nos vies.
- Présentation de l'éditeur -
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Guillaume Le Blanc

Les maladies de l'homme normal
du Passant - 12 mars 2004
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Il n'est pas certain que la normalité soit chose tout à fait normale et qu'il faille l'accepter sans réserve. Nos sociétés sont travaillées en profondeur par la figure de l'homme normal qui tend à fonctionner comme la vérité silencieuse de nos corps et de nos esprits. Car l'enjeu est bien, par l'appel à toute une série de normes, de produire une domestication nouvelle de l'homme dans les formes majeures de la vie sociale comme dans les formes mineures de la vie intime.
Il est alors permis de se demander ce que signifie le fait de se vivre comme sujet absolument normal dans une société qui ne parvient pas à rendre les normes évidentes pour un grand nombre et qui, de ce fait, ne peut résorber, bien au contraire, tout un ensemble de pathologies sociales qui se révèlent notamment dans les situations de pauvreté, de précarité et de mépris social. L'homme normal est alors celui qui se soumet à des normes dont il ne parvient même pas à constater l'évidence à l'extérieur de lui. Assurément, il y va pour lui d'une réponse à l'angoisse de ne plus être dans la norme mais cette angoisse n'est pas annulée pour autant, elle refait surface dans une souffrance spécifique qui est la souffrance d'être trop dans la norme. Cette souffrance vient de ce que la vie psychique et la vie ordinaire ne sont plus considérées dans leur mobilité propre, comme animation, création, désir.
La perte de la créativité psychique et vitale est sans doute le drame de l'homme normal. Contre lui, il faut en appeler à la vie ordinaire et à ses déplacements imperceptibles, à tout ce qui manifeste un style.
«À l'appellation d'homme normal, j'oppose les mille et une créations de la vie ordinaire».
-Note de l'éditeur-
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Guillaume Le Blanc

L'invisibilité sociale
PUF, coll. Pratiques théoriques - 2009
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La capacité de se maintenir dans l'espace public ne repose pas uniquement sur les seules performances des sujets. Elle dépend largement des règles sociales qui légitiment une vie ou, au contraire, la précarisent. La visibilité et l'invisibilité ne sont nullement des qualités naturelles mais des modes sociaux de confirmation ou d'infirmation des existences. Le déclassement, la relégation, l'absence de travail marginalisent les individus au point de les effacer en les retirant de toutes les formes de participation : le subalterne, le précaire, l'exclu sont alors de moins en moins audibles, de moins en moins visibles. Il est urgent que la philosophie prenne le parti des sans-voix et des invisibles si elle veut contribuer à une critique de la normalité sociale. Pour cela, elle doit repartir de ce que peuvent les vies ordinaires afin de penser au plus près de leur activité : car une vie cherche moins à être reconnue qu'à faire oeuvre, à pouvoir participer de manière irréductible à la cité.
À la jonction de la philosophie sociale et de la philosophie politique, cet ouvrage propose, à partir de cette question, une discussion théorique des principales sources contemporaines de la théorie sociale (Honneth, Butler, Nussbaum) mais aussi de la phénoménologie (Ricoeur, Levinas, Merleau-Ponty).
- Quatrième de couverture -
Guillaume le Blanc est professeur de philosophie à l'Université Michel-de-Montaigne - Bordeaux III. |
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Guillaume Le Blanc

La vie humaine : anthropologie et biologie chez Georges Canguilhem
PUF - 15 décembre 2002
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Ce livre peut être lu comme une réflexion sur le statut de l'anthropologie. Souvent l'analyse des actes humains se tourne vers l'investigation de formes symboliques et culturelles, largement dépouillées de tout ancrage naturel. Mais on peut adopter une autre démarche, dans la tradition inaugurée par Auguste Comte. On attribue alors au concept de vie un rôle majeur, et c'est en fonction des phénomènes organiques que les phénomènes humains sont appréhendés. Il s'ensuit une véritable réforme de l'anthropologie.
Celle-ci a pour condition une philosophie biologique et médicale qui fait apparaître la vie comme puissance d'individualisation et production de normes. Elle trouve son accomplissement dans une théorie de l'innovation sociale.
Telle se présente la philosophie de la vie de Georges Canguilhem qui va du vital au social. Le centre de gravité de l'anthropologie se déplace d'une analyse linguistique ou artificialiste des faits sociaux vers une compréhension des types d'activité produits dans la vie. Une invitation à repenser les bases philosophiques de toutes les sciences humaines.
-4ème de couverture-
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