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Traduction : Cécile Wajsbrot (éditions Bourgois, Paris 2008); adaptation : Juliette Heymann
Avec Olivier Claverie (Bernard), Agnès Joëssel (Rhoda), Georges Claisse (Louis), Florence Le Corre (Jinny), Laurent Cléry (Neville), Luce Mouchel(Susan) et Crystal Shepherd-Cross.
Réalisation : Etienne Vallès
« J’espère avoir retenu ainsi le chant de la mer et des oiseaux, l’aube et le jardin subconsciemment présents, accomplissant leur tâche souterraine... Ce pourrait être des îlots de lumière, des îles dans le courant que j’essaie de représenter, la vie elle-même qui s écoule. « (V. Woolf, à propos des Vagues)
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Des Vagues (The Waves), Virginia Woolf écrira, une fois le livre définitivement achevé en juillet 1931 : "il y a peu de livres que je n’ai écrit avec autant d’intérêt (...). Ni facilité, ni assurance. Je trouve que cela valait la peine de lutter." (Journal)
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Cette œuvre inclassable — poème dramatique, livre abstrait, mystique, sans yeux pour certains ; essai sur l’isolement humain pour d’autres ; cette "élégie", selon les propres mots de l’écrivain — m’a semblé d’emblée se prêter à une adaptation radiophonique. En effet, dès la première lecture, Les Vagues me sont apparues comme un texte à "entendre" ; une forme de récit musical, de récitatif à six instruments, six voix (plutôt que six personnages) dont les partitions en forme de longs soliloques intérieurs se succèdent, se croisent sans cesse, au rythme des vagues de l’océan et de la pensée.
C’est d’abord à cette musicalité, rendue de façon si juste par la traduction de Cécile Wajsbrot, que je me suis abandonnée dans mon travail d’adaptation ; au souffle de cette orfèvre de l’écriture (qui disait "sentir dans ses doigts le poids de chaque mot"), un souffle qui nous soulève dans un mouvement d’ensemble né d’une infinité de fils qui s’entrecroisent, d’une polyphonie de consciences qui convergent en un même point, inaccessible, indicible.
Alors écouter, simplement...
Simplement se laisser couler dans cette langue dont la surface laisse entrevoir les profondeurs ; dans cette écriture qui nous touche de façon si intime, captant ce quelque chose d’inaccessible, cette zone de silence au cœur de chacun de nous.
Et puis, retrouver chaque soir, au fil des épisodes, le chœur fascinant des voix sans visage de Bernard, Susan, Neville, Jinny, Louis, Rhoda dévidant le fil ténu de leur vie et de leurs pensées — les leurs, celles de Virginia Woolf, les nôtres peut-être...
Et puis surtout se perdre, ne pas vouloir comprendre, accueillir les glissements incessants, les grottes qui communiquent, les vacillements ; accepter l’immersion et la dérive, les rumeurs du silence et, au rythme de ces Vagues, plonger dans l’Océan sans limites...
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