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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du mercredi 6 septembre 2006
Nous, nos voisins, et l’immigration : les pays européens ont-ils choisi la forteresse ?
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Nous, nos voisins, et l’immigration : les pays européens ont-ils choisi la forteresse ?
S’il était besoin de justifier le débat d’aujourd’hui, rappelons les derniers chiffres : les Canaries ont connu le week-end dernier un afflux record de clandestins : 1433 immigrants ont accosté sur l’archipel espagnol à bord de pirogues de pêcheurs. Pour être à la hauteur de ces afflux de migrants, impressionnants et fortement télégéniques, les politiques, à droite comme à gauche, choisissent le plus souvent la fermeté sinon la surenchère. « Plus de bateaux, plus de patrouilles, plus d’avions et plus de personnel » s’est exclamé par exemple la numéro deux du gouvernement espagnol Maria Teresa Fernandez de la Vega.
Même s’il n’est pas question de laisser les pays de Sud trouver seuls la solution à ce problème de frontière, on est en droit de s’interroger sur la construction d’un mythe, celui d’une Europe forteresse. Un mythe fabriqué pour calmer les inquiétudes des opinions publiques puisque tout le monde sait par ailleurs que tous les pays européens ont des politiques d’accueil des immigrés. La question est de savoir quelles sont les règles qui régissent cet accueil. Or, ces règles changent dans la plupart des pays européens - l’immigration sélective, ou « choisie », recueillant les suffrages en France et en Grande-Bretagne.
Cette inflexion se double d’un durcissement des politiques d’intégration de plus en plus restrictives : sous la forme d’un examen de langue, de contrôle de la connaissance des lois et de la culture du pays, la formule séduit de plus en plus.
Deux axes s’ouvrent donc pour le débat : celui de la régulation des flux migratoires et des moyens à mettre en œuvre pour les contrôler ou au moins les rendre moins inhumains ( il serait bon de mettre fin à ces morts atroces en Méditerranée qui sont devenues quoditiennes).
Le deuxième axe, c’est évidemment l’opportunité des nouveaux contrats d’intégration mis en place en Hollande, en Allemagne, et en France, dont on peut penser qu’ils contribuent encore davantage à la diabolisation de la figure du migrant.

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Laurent Bouvet.
Professeur à Sciences Po et à l'université de Nice.
Auteur "Le communautarisme : mythes et réalités", Lignes de repères, octobre 2006. "L'année zéro de la gauche : fragments d'un discours réformiste, Michalon, mai 2003. |
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Caroline Intrand.
Responsable des questions européennes pour la CIMADE. |
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Yves Chassard.
Chef du département Travail, Emploi et Formation du Centre d'analyse stratégique.
Co-auteur "Besoins de main d'oeuvre et politique migratoire", Centre d'analyse stratégique, rapport paru à la Documentation française en juillet 2006. |
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Patrick Weil.
Directeur de recherche au CNRS.
Auteur "La République et sa diversité : immigration, intégration, discriminations", Seuil, avril 2005. "Qu'est ce qu'un français ?", Gallimard, février 2005. "La France et ses étrangers : l'aventure d'une politique de l'immigration de 1938 à nos jours", février 2005. |
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