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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du lundi 16 octobre 2006
L'enseignement supérieur est-il à vendre ? La Fac a-t-elle encore les moyens de refuser l’argent de l’entreprise ?
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Encore ce matin, le quotidien Le Parisien consacrait deux pleines pages à la misère des universités françaises : des photos accablantes d’amphis délabrés, des couloirs noircis de graffitis, des peintures partout écaillées, rien qui fasse envie. Ne parlons pas des conditions de sécurité : un tiers du patrimoine universitaire serait « dégradé » ou très « dégradé » à en croire une étude de l’Observatoire national de la sécurité des établissements scolaires et supérieurs.
Ainsi de nombreux présidents d’université vivent chaque jour avec la peur qu’un de leurs bâtiments ne s’enflamme. « J’ai rarement vu pire, témoigne Guy Burgel, professeur d’urbanisme à Nanterre, même dans les pays pauvres, au Moyen-Orient ou en Afrique, les universités sont souvent en meilleur état ».
Et il n’y a pas que les locaux mais aussi l’organisation administrative. En raison d’un sous-investissement global dans l’emploi du personnel d’encadrement, les départements fonctionnent de plus en plus mal et la simple mise en place des examens devient parfois un gageure.
Dans ces conditions évidemment l’entrée de capitaux privés est une solution. Les facultés américaines s’y sont converties depuis un quart de siècle. Naomi Klein, dans son célèbre essai intitulé No Logo racontait sa visite de toilettes rutilantes dans lesquelles les étudiants pouvaient satisfaire leurs besoins avec en face, à hauteur des yeux, des publicités pour une boisson sucrée bien connue.
Alors, est-ce cela que nous voulons ? Il faudrait encore que nous aillons le choix de le refuser. La conversion forcée, c’est bien cela qui attend les universitaires si l’Etat ne fait pas face à ses responsabilités. Or, une entrée de capitaux incontrôlée, négociée au gré à gré, serait sans doute la moins souhaitable des sorties de crise.

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Christian de Montlibert.
Professeur émérite en sociologie - Université Marc Bloch.
Auteur "Savoir à vendre : l'enseignement supérieur et la recherche en danger", Raisons d'agir édition, novembre 2005. |
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Philippe Mahrer.
Directeur du College des ingenieurs, membre de la commission du debat national Université/Emploi. |
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Laurent Bouvet.
Professeur de science politique à l'université de Nice et à Sciences Po Paris.
Ouvrage en préparation sur la réforme de l'université (à paraître en mars 2007)
Blog avec discussion et propositions www.universitenouvelle.blogspot.com |
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Alfred Spira.
Professeur de santé publique et d’épidémiologie à Paris XI, directeur de recherches à l’Inserm. |
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les livres |
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Guy Burgel

Université, une misère française
Hachette Littératures - 11 octobre 2006
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Directeur d'un laboratoire de recherche et universitaire, l'auteur expose la misère matérielle mais d'après lui surtout morale de l'Université française et sa lente dégradation. Tout en exprimant sa passion pour son métier, il explique les difficultés de la recherche, sa réputation à l'étranger qui va déclinant et la disparition de ses promesses d'interdisciplinarité.
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Nicolas Obli ; Philippe Vassort

La crise de l'université française : traité contre une politique de l'anéantissement
L'Harmattan - 2005
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Nous désirons montrer au sein de cet ouvrage que dans un contexte de pénurie bien organisée, de crise bien entretenue, les étudiants, les enseignants, les UFR, les laboratoires, les universités, sur fond de compétitions économiques et politiques territoriales nationales et internationales, sont soumis, non seulement à des logiques d'obligations de résultats, d'efficacité, de rendements à court terme, mais également et conséquemment à un système de valorisation du savoir totalement aliéné aux conjonctures économiques dominantes. Ce processus vise à l'obsolescence d'une université dont les finalités étaient jusqu'alors culturelles, intellectuelles et humaines. Les différentes réformes, qui ne sont que répétitions du «même», arrangements et aménagements conjoncturels de la société de marché au sein même du monde éducatif, ne visent plus à l'amélioration du développement des savoirs et de leurs circulations, mais à l'apprentissage de la compétition au sein des unités de formation et de recherche, l'accroissement de la marchandisation, de la pression socio-économique, de la reproduction du capital au sein d'un nouveau marché de la connaissance.
Nous souhaitons donc montrer combien les stratégies des institutions et des acteurs/agents sociaux visent à «gérer» l'intégration des universités dans le processus global de production et de compétition généralisées. Ce processus historique s'inscrit dans une quotidienneté où les interrelations entre les personnels et les institutions participent de manière impensée à la destruction des institutions d'enseignement et de recherche. En ce sens, la situation de l'Université résume en un point focal la réification des savoirs face à la marchandisation du monde".
- Quatrième de couverture -
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Association de réflexion sur les enseignements supérieurs et la recherche

Quelques diagnostics et remèdes urgents pour une université en péril
Raison d'agir - 1997
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Ce petit livre présente, sous une forme rigoureuse et souvent un peu vive, une description clinique des principales maladies dont souffrent les universités françaises : manque d’implication de la communauté universitaire dans la vie des universités, sous-administration (au niveau central et surtout local), démoralisation d’un corps enseignant de plus en plus atomisé, dualisme scolaire et social, responsable, avec l’hétérogénéité croissante des étudiants, des échecs des premières années, pédagogie inadaptée, émiettement géographique d’institutions souvent en trompe-l’œil, clôture nationale et localisme exacerbé, manque d’encadrement aboutissant à l’anomie de la vie étudiante.
Pour chacun de ces symptômes les auteurs proposent des remèdes concrets et réalistes, éléments du traitement de choc nécessaire pour permettre au système d’enseignement de remplir vraiment les fonctions vitales qui sont les siennes.
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