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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du mercredi 3 janvier 2007
Le travail des séniors
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La question de l’emploi des séniors, c’est-à-dire des travailleurs âgés de 55 à 64 ans, est cruciale pour le maintien de notre niveau de vie actuel. Faute de conserver – ou de faire revenir - dans l’emploi la majorité de ces séniors, notre pays ne pourra pas financer les retraites à la hauteur des promesses et il ne pourra garantir aux autres une progression de leurs revenus.
La manière dont a été traitée jusqu’à une période récente cette question de l’emploi des séniors est un révélateur. C’est une espèce de filtre grossissant des erreurs commises trop longtemps dans notre pays sur le front de l’emploi.
Elle est d’abord révélatrice, cette manière, de notre malthusianisme : durant les années 1980 et 1990, les gouvernements successifs ont cru voir dans la mise au rencart de travailleurs encore dans la force de l’âge un moyen de faire baisser les taux de chômage. De leur côté, les entreprises se sont débarrassées de leurs salariés les moins jeunes – et donc les plus coûteux, dans le système français - en faisant financer par la collectivité d’innombrables pré-retraites. Résultat : non seulement notre pays s’est privé d’une force de travail que la pyramide démographique rendait indispensable, mais nos systèmes de financement des retraites sont désormais menacés d’implosion.
Elle est révélatrice aussi des effets pervers d’un système de protection sociale qui a longtemps favorisé le maintien en place des inclus au détriment des exclus : la fameuse « contribution Delalande », qui punissait d’amende les employeurs licenciant des séniors, loin de protéger ces derniers, s’est retournée contre l’ensemble du groupe d’âge : un sénior tombé hors de l’emploi n’avait pratiquement plus aucune chance de retrouver un CDI, tant l’employeur redoutait de se voir appliquer la fameuse « contribution » en cas de licenciement.
Elle est révélatrice encore d’une forme d’aveuglement national qui nous a fait trop longtemps croire que nous pourrions évoluer impunément à rebours de nos partenaires européens : est-ce un hasard si, avec un taux d’emploi des séniors de 36 % en France – contre 68 % en Suède, 60 % au Danemark et 55 % au Royaume-Uni -, notre pays se révèle être aussi plus endetté et moins performant sur le plan commercial, que la moyenne des autres membres du club ?
Elle est révélatrice enfin de nos hypocrisies. En retardant de facto l’âge du départ en retraite – ouvrant droit à une pension complète – nos gouvernants ont prétendu inciter les séniors à travailler le plus tard possible – sans se préoccuper du fait que le marché du travail leur était fermé dans la réalité des faits.
Sous la pression de l’Union européenne, une Conférence nationale pour l’emploi des séniors a eu lieu cet été. Un certain nombre de dispositions y ont été adoptées. Suffiront-elles à permettre aux séniors de venir à bout de la discrimination face à l’emploi dont ils ont été trop longtemps victimes dans notre pays ?

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Isabelle Eynaud-Chevalier.
Sous-Directrice des mutations économiques à la délégation générale à l'emploi et à la formation professionnelle. |
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Raymond Torres.
Chef de la division analyse et politique d'emploi à l'OCDE. |
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Gérard Plumier.
Salarié privé d'emploi en raison de son âge. Membre du collectif Actuchomage et Senior-Action. |
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Michel Nardone (au téléphone).
Directeur des ressources humaines de KP1. |
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les livres |
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Raymond Torres

Viellissement et politique de l'emploi
OCDE - 2005
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Gérard Plumier

Chômage senior : abécédaire de l'indifférence
L'Harmattan - septembre 2005
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Alors que l'âge de la retraite est repoussé à 65 ans, les portes de l'emploi se ferment à ceux qui sont jugés trop âgés. Au fil des années et selon les secteurs d'activité, la « date de péremption » des salariés a été de 55 ans, puis 50 ans, et maintenant 45 ans et souvent bien moins ! Ceux qu'on appelle (un peu vite) les « seniors » sont ainsi poussés dans une véritable impasse. L'entreprise leur tourne le dos, les responsables politiques et syndicaux semblent noyer le poisson, les médias ne diffusent que des informations parcellaires. Ce qui est en cause ici est bien loin de ne concerner qu'une seule génération ; il est urgent que cet ouvrage puisse aider chacun à mieux comprendre cette situation, afin qu'au mur de l'absurdité ne s'ajoute plus celui de l'indifférence.
- Quatrième de couverture -
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