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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du mardi 30 octobre 2007
Faut-il mettre à l’heure scandinave notre modèle social ?
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Y a-t-il un modèle social européen ? Et si oui, fait-il encore envie au reste du monde - avec ses 20 millions de chômeurs, ses revenus par habitant qui continuent à s’écarter de plus en plus de ceux des Nord-Américains ?
Mais peut-on légitimement parler d’un modèle social européen ? Et bien non, par bonheur, nous en avons plusieurs. Ce qui permet de comparer leurs performances respectives et de s’inspirer chez soi de ce qui marche le mieux chez les autres.
A cet effet, le rapport Sapir, commandé par la Commission européenne, classe les systèmes sociaux européens en 4 groupes.
Le modèle nordique (Danemark, Finlande et Suède, mais aussi Pays-Bas et Autriche) implique un haut niveau de prélèvements fiscaux, une faible protection des emplois et donc une grande mobilité des salariés – favorisée par un effort remarquable dans les domaines de la formation et de la recherche. L’égalité hommes-femmes est poussée loin. Une forte mobilisation de la main d’œuvre implique des départs en retraite tardifs.
Le modèle anglo-saxon (G-B, Irlande, mais aussi Etats baltes et Portugal) encourage toutes les formes de travail – y compris celles qui sont mal rémunérées ; il fournit des opportunités nombreuses aux ambitieux, mais n’offre à ceux qui échouent qu’un filet de protection minimal.
Dans le modèle méditerranéen (Espagne, Italie, Grèce), la majorité des dépenses sociales est consacrée au financement des retraites ; les emplois de ceux qui en ont un sont protégés - au détriment de ceux qui n’en ont pas ; et la démographie est catastrophique. Mais les résultats enregistrés notamment par l’Espagne montrent que ce modèle est en train de se réformer.
Enfin, le modèle continental (France, Allemagne, Belgique), est caractérisé par des prestations sociales liées au statut de salarié, mais le système a cessé d’être « soutenables » dans la mesure où il n’est plus financé ; les salariés d’aujourd’hui ont de bonnes raisons de douter de la réalité de leurs retraites de demain ; en outre, comme l’a démontré Timothy Smith, ces prestations sociales ont un très faible effet redistributif, car elles sont principalement concentrées sur les catégories sociales qui ont le moins à se plaindre.
En gros, le bonnet d’âne va au modèle méditerranéen : il combine l’inefficacité – il ne crée pas suffisamment d’emplois, il n’est pas financé – avec l’injustice : les 20-30 ans italiens habitent chez leurs parents, en attendant que jeunesse se passe. Le prix d’excellence est attribué au modèle nordique : il combine les plus forts taux de croissance avec le plus fort niveau de protection sociale ; il assure la plus grande égalité de revenus, le meilleur taux d’emploi, des retraites qui sont et seront effectivement financées. Le modèle anglo-saxon est efficace, mais inéquitable. Il garantit de faibles niveaux de chômage, mais construit de fortes inégalités.
Et le nôtre ? Doit-il se rapprocher du prix d’excellence, comme le soutenaient l’un et l’autre, les deux candidats du deuxième tour des présidentielles ? Ou persister dans son être et simplement se réformer pour redevenir « soutenable » ?
Telles sont quelques unes des questions que nous vous proposons de soulever à l’occasion de la journée d’études qui vient d’avoir lieu sous l’égide du Centre d’Analyse Stratégique sur le thème : « les nouvelles réalités sociales de l’Europe ».

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Julien Damon.
Chef du département Questions sociales du Centre d'analyse stratégique |
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Bruno Palier.
Chargé de recherche CNRS au CEVIPOF
centre de recherches politiques de Science Po. |
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Anna Stellinger.
Directrice du pôle de recherches économiques et sociales de la Fondation pour l'innovation politique.
Chercheuse associée à l'Institut Montaigne |
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Laurent Bouvet.
Professeur de sciences politiques à l'Université de Nice et à Sciences Po Paris |
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les livres |
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Bruno Palier

Gouverner la sécurité sociale: les réformes du système français de protection sociale depuis 1945
PUF. Collection Quadrige. Essais, débats - 10 octobre 2005
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Les réformes du système français de protection sociale depuis 1945
Où en est le modèle social français ? Créé en et pour des temps aujourd'hui révolus, le système français de Sécurité sociale est appelé depuis le début des années 1980 à s'adapter au nouveau contexte économique et social. Comment les gouvernements font-ils pour changer une des institutions auxquelles les Français sont le plus attachés ? Les réformes de la protection sociale qui s'accumulent depuis la fin des années 1980 signifient-elles une transformation profonde des principes et des mécanismes sur lesquels reposait le système français de protection sociale ?
Ce livre analyse l'ensemble des évolutions et des réformes du système français de protection sociale de 1945 à 2005. Il défend la thèse que les politiques sociales, conçues dans un contexte keynésien, connaissent au cours des années 1990-2000 une phase de réajustement au nouveau cadre économique, marqué par la domination des politiques néo-classiques centrées sur l'offre, la compétitivité des entreprises et l'orthodoxie budgétaire. Il analyse les conséquences de ces politiques en soulignant les dualisations engendrées par ces réformes : dualisation entre les populations assurées et les populations exclues, entre protection sociale collective, solidaire, et protection individuelle privée, dualisation du système lui-même enfin, avec, d'un côté, des secteurs de plus en plus étatisés (santé, famille, lutte contre la pauvreté) et, de l'autre, des secteurs assurantiels de plus en plus régis par une logique d'individualisation et de privatisation des risques.
- présentation de l'éditeur-
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Julien Damon

L'exclusion
PUF - à paraître
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Bruno Palier

Les réformes de l'Etat-providence
PUF - 24 octobre 2007
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Julien Damon

La question SDF: critique d'une action publique
PUF - novembre 2002
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Les SDF sont depuis une vingtaine d'années ciblés par des dispositifs de plus en plus spécialisés. Jusqu'où est-il légitime et efficace de spécifier les SDF et de différencier les réponses à leurs difficultés ? Ce livre, s'appuyant sur un corpus de données originales, analyse le système de prise en charge des sans-abri. Celui-ci, typique des phénomènes actuels d'hybridation de l'action publique, rassemble, autour de l'Etat et dans des relations de dépendance mutuelle, les associations, les collectivités locales, les médias et les SDF eux-mêmes. Ces derniers, confrontés à des contraintes et des problèmes extrêmes, sont envisagés ici comme des acteurs sociaux. Le bricolage de leur vie quotidienne a des effets sur les dispositifs d'assistance qui peu à peu s'institutionnalisent. Le développement de mesures et de moyens particuliers retentit sur l'architecture d'ensemble d'une protection sociale qui voit faiblir sa visée universaliste. Dans cet ouvrage, l'action publique est analysée conjointement avec la catégorie à laquelle elle est destinée. Cette orientation permet une évaluation critique du «prioritarisme» (la priorité au plus défavorisé), du ciblage et du partenariat dans la mise en œuvre des politiques publiques.
- 4ème de couverture-
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Julien Damon

Les politiques familiales
PUF. Que sais-je ?, n° 3776 - 10 novembre 2006
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Les politiques publiques en faveur des familles recouvrent une grande diversité de prestations, de mécanismes, d'équipements, d'acteurs, de financements. Elles reposent sur des conceptions de la famille et de l'enfant qui ont évolué dans le temps et divergent suivant les pays. Or, face aux mutations récentes des structures et des aspirations familiales, ces politiques sont invitées à la réforme, ou tout au moins à l'adaptation...
Au travers des politiques concrètes et des investissements sociaux en faveur des familles et des enfants, cet ouvrage examine les mutations en cours de l'État-providence.
- 4e de couverture-
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Laurent Bouvet

Le communautarisme : mythes et réalités
Lignes de repères - 23 janvier 2007
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Le terme « communautarisme » s'invite désormais régulièrement à la une de l'actualité politique française. À quelques mois d'échéances électorales majeures, l'ombre du communautarisme planerait sur notre modèle républicain... De fait, le terme est quasiment devenu une insulte ! Mais que signifie au juste ce mot ? Que signifie son intrusion dans le vocabulaire politique ? Tel est précisément l'objet de cet ouvrage : tirer au clair cette notion, remonter aux sources (américaines) du communautarisme, clarifier les relations entre communautés, communautarisme et multiculturalisme, avant de s'intéresser plus en détails au cas de la France. Un ouvrage qui pointe le vrai débat - l'identité française aujourd'hui - et qui questionne la soi disant opposition entre « modèle républicain » et « modèle communautariste ».
- 4ème de couverture -
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