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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du lundi 31 mars 2008
Faut –il enterrer le CNRS et l’INSERM ?
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Le monde de la recherche est à nouveau en ébullition : les directions du CNRS et de l’Inserm ( l’Inserm qui centralise une partie de la recherche bio-médicale ) ont reçu des lettres de mission de la ministre Valérie Pécresse leur demandant de repenser profondément leur organisation interne. La Ministre souhaite notamment une transformation du CNRS en une sorte de holding de grands instituts de recherche, structuration qui permettrait d’améliorer la lisibilité et la prévisibilité de son action.
Si l’on se place sur le terrain de la lisibilité, le profane ne peut être que d’accord avec la Ministre. Le monde de la recherche française est composé d’une multitude de laboratoires qui portent le nom d’ « unités mixtes de recherche » car ils combinent en effet différentes tutelles. Dans un même laboratoire, peuvent travailler ensemble des hommes et des femmes rémunérés, les uns, par un organisme comme le CNRS, les autres par l’Université ou par une grande école, d’autres encore sur fonds privés.
Mais ce n’est pas tant la révision de ce principe – qui occupe en ce moment même une commission dirigée par François d’Aubert- qui préoccupe les chercheurs mais plutôt la création de ces grands instituts qui coexisteraient donc dans un lien de dépendance plus relâchée avec la direction centrale. Les patrons de laboratoires s’interrogent sur l’éventuel risque d’éclatement dont pourrait être grosse cette restructuration. Un démantèlement qui irait de pair avec la logique mise en œuvre depuis quelques années : la multiplication des financements par projets. Dans la transformation en cours du paysage de la recherche, les crédits ne sont plus systématiquement des enveloppes constantes et récurrentes, mais ils sont accordés en fonction de la qualité du projet proposé, projet qui est évalué par une commission scientifique au sein de l’ANR (l’agence nationale de recherche). Les grands établissements que sont l’Inserm et le CNRS pourraient à terme adopter ce fonctionnement, c’est-à-dire quitter le rôle de pilote d’une politique générale et transdisciplinaire et se transformer en simples guichets.
Enfin, pour essayer d’être le plus exhaustif possible dans cette présentation, il faudrait ajouter que les propos tenus par le chef de l’Etat le 28 janvier dernier sur le rôle du politique dans le pilotage de la recherche a dérangé une communauté dans son ensemble très attachée à l’autonomie du champ scientifique.
Nous traversons donc en ce moment une phase de phase de redéfinition du projet et des enjeux de la recherche publique. La qualité de la recherche française en sortira-t-elle gagnante ? C’est finalement la seule question qui compte.

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Alain Trautmann.
Immunologiste dirigeant une équipe à l'Institut Cochin, ex-porte-parole
de "Sauvons la Recherche" |
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Albert Migus.
Directeur général du CNRS |
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Yves Laszlo.
Professeur associé à l'Ecole polytechnique
Professeur à l'Université Paris VI |
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Jean-François Dhainaut.
Président de l'AERES (Agence d’évaluation de la rechercher et de l’enseignement) |
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