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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du lundi 2 juin 2008
Peut-on être libéral et socialiste ? (comme Bertrand Delanoë)
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L’adjectif « libéral » a longtemps valu pour insulte au sein de la gauche française ; mais on rappellera aux jeunes auditeurs qu’au Congrès de Metz du Parti socialiste, Michel Rocard s’était fait traiter, par Jean-Pierre Chevènement, de « social-démocrate » ; une accusation qui, à l’époque – 1979 - , équivalait à peu près à celle « d’hitléro-trostkyste » au sein du Parti communiste soviétique des années 30…
Aujourd’hui, c’est donc au tour du libéralisme de faire l’objet d’une tentative de réhabilitation. Elle est menée par Bertrand Delanoë dans un livre d’échange avec Laurent Joffrin. Le maire de Paris est-il en mal d’identité, face à sa rivale à la succession de François Hollande ? Caresse-t-il dans le sens du poil sa base électorale « bobo » ? A-t-il subi l’influence de son co-auteur, artisan de longue date d’une libéralisation de la gauche française ? En tous cas, personne n’ignore plus qu’il est le premier des dirigeants socialistes à s’être proclamé officiellement « socialiste ET libéral ». Et d’expliquer : « ce sont les conservateurs qui ont dévoyé ce mot au service du laisser-faire économique et de la perpétuation des rentes et privilèges dont ils bénéficient. »
Le « coming-out » libéral de Delanoë succède à une longue et discrète maturation de l’intelligentsia de la gauche réformiste. Dans ce milieu, cela fait belle lurette que le libéralisme avait cessé de faire figure d’épouvantail.
Laurent Bouvet a fait observer combien, pour les besoins de la polémique, une image caricaturale du libéralisme avait été forgée, du côté de la gauche radicale ou critique. Le libéralisme n’est pas cet équivalent de l’anarchie de marché, qu’on y prétend. Mais n’est-ce pas toute la gauche française qui, marquée par la tradition guesdiste, a cultivé une méfiance spontanée envers les capacités d’auto-organisation de la société ? Le marxisme professe le mépris du droit, simple « superstructure ». Le libéralisme, rappelle Thierry Leterre, proclame que la négociation sociale et le droit permettent aux intérêts particuliers de se concilier. Serge Audier a montré que le socialisme libéral n’est pas une capitulation devant le capitalisme, mais une manière adaptée de se rapprocher de l’idéal d’égalité des chances, qui demeure celui de la gauche. Mais c’est surtout à la philosophe Monique Canto-Sperber que l’on doit l’œuvre de réhabilitation du courant socialiste-libéral, dans sa dimension internationale. Elle a brillamment illustré l’idée selon laquelle le libéralisme ne se contente pas de défendre les libertés, mais aussi de régler leur coexistence. Et qu’il n’est donc nullement incompatible avec la régulation.
Mais diront ses adversaires, n’est-ce pas le libéralisme qui a engendré, à travers la mondialisation et le déchaînement de la concurrence, les ravages climatiques, l’aggravation des inégalités et le cynisme moral auxquelles il prétend dorénavant apporter les correctifs de sa « gouvernance » ?

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Laurent Bouvet.
Professeur de science politique à l'Université de Nice et à Sciences Po Paris. |
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Yfes Salesse.
Conseiller d'Etat.
A été l'un des créateurs de la Fondation Copernic. |
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Pierre Manent.
Professeur de philosophie politique.
Directeur d’étude à l'EHESS.
Membre du Centre Raymond Aron.
Auteur, notamment, du livre "Les libéraux" (réédité par Gallimard en 2001). |
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les livres |
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Salesse, Yves

Manifeste pour une autre Europe
Félin - Fevrier 2004
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Analyse et critique de la construction européenne actuelle, de l'Europe-marché, des forces politiques qui la soutiennent mais aussi de ceux qui défendent l'Etat-nation.
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Pierre Manent

Enquête sur la démocratie
Gallimard - 15 novembre 2007
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Études de philosophie politique. Les Européens ont aujourd'hui bien du mal à s'entendre, mais il y a au moins un sujet qui semble les réunir : c'est la démocratie. Que nous soyons libéraux ou socialistes, modérés ou radicaux, progressistes ou conservateurs, nous sommes tous, ou nous voulons tous être, des démocrates. Il existe de profonds désaccords entre les partisans de la démocratie radicale et les défenseurs de la démocratie libérale, mais ces désaccords seraient impossibles sans un attachement commun à l'idée démocratique. Mais comment caractériser cet attachement ? Depuis quand nous disons-nous démocrates ? Et pourquoi le sommes-nous ? Telles sont les questions auxquelles répond cette Enquête rassemblant des textes écrits sur près de trente ans. Contribution précieuse à l'histoire de la philosophie politique, elle offre aussi une analyse très éclairante des problèmes actuels de la démocratie, et se conclut par une mise en garde. Réduire la démocratie aux seuls droits de l'homme et la dégager du cadre national où elle s'est épanouie, comme tendent à le faire les Européens d'aujourd'hui, c'est vouloir se soustraire à notre condition politique et sortir de l'Histoire.
-4e de couverture-
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Laurent Bouvet

Le communautarisme : mythes et réalités
Lignes de repères - 23 janvier 2007
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Le terme « communautarisme » s'invite désormais régulièrement à la une de l'actualité politique française. À quelques mois d'échéances électorales majeures, l'ombre du communautarisme planerait sur notre modèle républicain... De fait, le terme est quasiment devenu une insulte ! Mais que signifie au juste ce mot ? Que signifie son intrusion dans le vocabulaire politique ? Tel est précisément l'objet de cet ouvrage : tirer au clair cette notion, remonter aux sources (américaines) du communautarisme, clarifier les relations entre communautés, communautarisme et multiculturalisme, avant de s'intéresser plus en détails au cas de la France. Un ouvrage qui pointe le vrai débat - l'identité française aujourd'hui - et qui questionne la soi disant opposition entre « modèle républicain » et « modèle communautariste ».
- 4ème de couverture -
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