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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du mercredi 12 novembre 2008
La repentance favorise-t-elle l'intégration?
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«Ce n’est certainement pas en enseignant aux enfants de l’immigration que les Français ont été les bourreaux de leurs parents qu’on facilitera leur intégration.» Voilà ce que déclare Malika Sorel dans une interview publiée par la revue Le Débat. On a pourtant souvent entendu le point de vue inverse. Tout un courant historiographique lié au concept de «postcolonialité» incrimine, au contraire, le «déni» et le «refoulement» de l’histoire coloniale par le «roman national». Ce courant, promu par de jeunes historiens de gauche attribue à ce déni et à ce refoulement du passé colonial certaines des tensions intercommunautaires qui travaillent la société française. Ces conflits seraient dus aux représentations issues de la colonisation, lesquelles continueraient d’imprégner les mentalités françaises. En outre, les populations issues de l’immigration auraient le sentiment de revivre, à travers la relégation dont elles sont victimes, une situation de type colonial. C’est par exemple la thèse soutenue par Pascal Blanchard dans l’introduction au livre «La fracture coloniale».
Le débat à propos de la «repentance» que devraient pratiquer les anciennes puissances coloniales – s’inspirant du précédent de l’Allemagne face à la Shoah - a été un temps confiné au milieu des historiens et des moralistes. Durant la campagne électorale présidentielle, il a fait irruption dans le champ politique. C’est Nicolas Sarkozy qui l’y a introduit en déclarant notamment : «Je déteste la repentance qui veut nous interdire d’être fiers d’être Français, qui est la porte ouverte à la concurrence des mémoires et qui est un obstacle à l’intégration, parce qu’on a rarement envie de s’intégrer à ce que l’on a appris à détester.»
Ségolène Royal, à son tour, se trouva obligée de se situer. «La France doit assumer son histoire, toute son histoire. Sans amnésie et sans repentance», déclara la candidate du PS. Mais elle ajoutait : «Mais je crois que notre pays doit aussi être capable de porter un regard apaisé et de poser les mots justes sur les pages plus sombres de notre histoire commune. Nous devons être capables de reconnaître la colonisation pour ce qu'elle fit : dominer et spolier. En outre, ce n'est jamais aux descendants de payer pour les crimes qu'ils n'ont pas commis. Mais tous comptables de la transmission de l'histoire collective, oui !»
On le voit, la question de la «repentance» fait désormais partie du débat politique.

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Pierre Nora.
Historien, membre de l'Académie française. Directeur de la revue Le Débat.
Président de l'association Liberté pour l'histoire. |
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Malika Sorel.
Essayiste |
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Pascal Blanchard.
Historien. Chercheur associé au CNRS |
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les livres |
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ouvrage dirigé par Pascal Blanchard et Isabelle Veyrat-Masson

Les guerres de mémoires : la France et son histoire : enjeux politiques, controverses historiques, stratégies médiatiques
La Découverte - 25 septembre 2008
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Depuis le milieu des années 1990, la notion de guerres de mémoires s'affirme dans le débat public. Les termes de «repentance» et de «lois mémorielles» sont entrés dans le discours politique et la «mémoire» devient un enjeu du présent. Les médias, les historiens, les responsables politiques s'engagent et certains évoquent même un risque de débordement mémoriel, en particulier à propos de l'histoire coloniale. De nouveaux enjeux émergent autour des héritages de Mai 68 ou de Vichy ; le souvenir de la Grande Guerre, celui de la Shoah questionnent toujours le présent sur la manière d'appréhender et de commémorer le passé.
Ces différents protagonistes ont largement mobilisé les médias, anciens et nouveaux, saturant parfois l'espace public. Pourtant, en France, le XIXe siècle puis le XXe siècle ont été, génération après génération, une longue suite de conflits mémoriels qui ont permis à ce pays de faire entrer le passé dans le présent.
C'est ce que montre, sur l'ensemble du XXe siècle, cet ouvrage, réunissant historiens, politologues, anthropologues ou sociologues, en offrant un regard panoramique sur le rôle majeur joué dans ces controverses par les différents acteurs de la mémoire. Comprendre les mécanismes, enjeux et stratégies médiatiques des guerres de mémoires, c'est comprendre comment fonctionnent notre société et son rapport au passé ; mais c'est, aussi, une manière de donner une histoire à ces conflits.
-4ème de couverture-
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Pascal Blanchard

Grand Ouest, Mémoire des Outre-mers
Presses Universitaires de Rennes - Novembre 2008
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Synthèse historique sur les flux migratoires vers les capitales régionales de l'Ouest français. De la perception de l'autre et d'un ailleurs exotique pendant l'Empire, des expositions coloniales républicaines, aux migrations de travail des années 1960, cette étude insiste sur la relation singulière que les régions de l'Ouest entretiennent avec l'histoire des pays d'outre-mers.
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Pascal Blanchard et Nicolas Bancel

De l'indigène à l'immigré
Gallimard. Découvertes Gallimard. Histoire, n° 345 - 7 juin 2007. Rééd
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À la fin du XIXe siècle, la France règne sur un immense empire : Maghreb, Afrique noire, Indochine... L'idéologie coloniale élabore un modèle de l'«indigène», sauvage que la République va doucement amener aux lumières de la «civilisation». Après 1945, le mythe de l'assimilation potentielle des peuples colonisés se brise sur l'écueil de la guerre d'Algérie, puis des indépendances. L'image de l'immigré supplante progressivement celle de l'indigène. Aujourd'hui, la perception des immigrés de l'ex-Empire témoigne d'un retour des stéréotypes coloniaux.
Pascal Blanchard et Nicolas Bancel appellent à une analyse critique de cette page d'histoire, occultée depuis trente-cinq ans. Ce travail de mémoire permettrait de dénouer en partie les passions autour de l'immigration, enjeu majeur pour une société dont l'un des piliers fondateurs reste l'intégration.
- Présentation de l'éditeur -
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Pascal Blanchard, Nicolas Bancel

Culture post-coloniale 1961-2006
Autrement - 5 octobre 2006
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Cinquante ans après le début de la guerre d'Algérie et la défaite indochinoise, la France redécouvre son passé colonial. Néanmoins, il lui reste à découvrir qu'elle est aussi une société post-coloniale, que la colonisation a « fait retour » en métropole et a marqué en profondeur de nombreux champs de la culture, de la politique et le débat sur les mutations contemporaines de la société française. Ainsi, au cours de ces cinq dernières décennies, bien des phénomènes demeurent liés à la période coloniale et à ses héritages : la coopération s'est installée, la francophonie a émergé, les immigrations post-coloniales se sont poursuivies, le débat sur l'esclavage est réapparu dans notre présent, la concurrence des mémoires s'est envenimée, les représentations du monde et de l'Autre se sont vues liées au « temps des colonies », la littérature s'est abreuvée d'influences et d'auteurs issus des ex-colonies, le « tourisme ethnique » est devenu un produit de consommation courante... Tout cela forme notre culture post-coloniale contemporaine. Celle-ci est faite d'héritages métissés, recomposés, qu'il s'agit d'interroger dans la longue durée. Le surgissement de mémoires coloniales concurrentes, les rebondissements législatifs de février 2005 liés au rôle supposé « positif de la colonisation » et les émeutes de novembre 2005 nous obligent désormais à aborder sans détour, mais aussi sans systématisme, la question post-coloniale.
- Présentation de l'éditeur -
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Pierre Nora et Françoise Chandernagor

Liberté pour l'histoire
CNRS éditions - 9 octobre 2008
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« Deux mille ans de culpabilité chrétienne relayée par les droits de l'homme se sont réinvestis, au nom de la défense des individus, dans la mise en accusation et la disqualification radicale de la France. Et l'école publique s'est engouffrée dans la brèche avec d'autant plus d'ardeur qu'à la faveur du multiculturalisme elle a trouvé dans cette repentance et ce masochisme national une nouvelle mission. Après avoir été le vaisseau pilote de l'humanité, la France est devenue ainsi l'avant-garde de la mauvaise conscience universelle. Lourde rançon. Singulier privilège. »
Pierre Nora
- 4e de couverture -
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Sous la Direction de Pierre Nora

Les lieux de mémoire, tome 1 : La République
Gallimard - Janvier 1984
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La disparition rapide de notre mémoire nationale appelle aujourd'hui un inventaire des lieux où elle s'est électivement incarnée et qui, par la volonté des hommes ou le travail des siècles, en sont restés comme ses plus éclatants symboles : fêtes, emblèmes, monuments et commémorations, mais aussi éloges, archives, dictionnaires et musées. Du haut lieu à sacralité institutionnelle, Reims ou le Panthéon, à l'humble manuel de nos enfances républicaines. Depuis les chroniques de Saint-Denis, au XIIIe siècle, jusqu'au Trésor de la langue française ; en passant par le Louvre, La Marseillaise et l'encyclopédie Larousse. Plus qu'une exhaustivité impossible à atteindre, comptent ici les types de sujets retenus, l'élaboration des objets, la richesse et la variété des approches et, en définitive, l'équilibre général d'un vaste ensemble auquel ont accepté de collaborer plus de cent historiens parmi les plus qualifiés. La matière de France est inépuisable. Au total, une histoire de France. Non pas au sens habituel du terme ; mais, entre mémoire et histoire, l'exploration sélective et savante de notre héritage collectif.
- Résumé de l'éditeur -
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Sous la Direction de Pierre Nora

Les lieux de mémoire, tome 2 : La Nation - Héritage, historiographie, paysages
Gallimard - Novembre 1986
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(voir Résumé de l'éditeur du Tome 1)
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Sous la Direction de Pierre Nora

Les lieux de mémoire, tome 3 : Les France - De l'archive à l'emblème
Gallimard - Février 1993
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(voir Résumé de l'éditeur du Tome 1)
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Malika Sorel

Le puzzle de l'intégration
Mille et une nuits - 25 avril 2007
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On soutient souvent que les problèmes d'intégration des populations issues de l'immigration seraient en grande partie imputables au passé colonial de la France et au traitement inéquitable que leur réserverait le pays. Ces explications fort attrayantes ne résistent pas longtemps à l'analyse de la situation d'autres pays : les nations occidentales sans passé colonial qui ont adopté les politiques de discrimination positive et d'immigration choisie connaissent le même échec. Nous aurait-il manqué des pièces pour appréhender le puzzle de l'intégration ?
En France, parce qu'il est toujours de bon ton de transposer les modèles venus d'outre-Atlantique, une partie de nos femmes et hommes politiques semblent pourtant prêts à céder aux pressions de quelques lobbyistes et à adopter la discrimination positive. Des médias, des écoles prestigieuses, de grandes entreprises ne montrent-ils pas déjà la voie ?
Malika Sorel nous met en garde contre les dangers de ces politiques qui menacent sérieusement notre cohésion nationale. Sans concession pour les uns ni pour les autres, elle expose les logiques communautaristes, à rebours des principes républicains, qui ne cessent d'exacerber les malaises identitaires. Elle aborde aussi une question taboue, mais qu'elle estime être cruciale : le droit du sol constitue-t-il un atout pour les enfants de l'immigration ou, au contraire, une entrave dans leur parcours d'intégration ?
- 4e de couverture-
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les revues |
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Le débat n° 151

sept./oct. 2008
Gallimard
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"France, Europe : l'expectative"
Où en est la France, après une année de « rupture » sarkozyenne ? Marcel Gauchet et Michel Winock scrutent le suspens politique où le pays semble se trouver, entre une présidence activiste rattrapée par l'impopularité et une opposition qui ne parvient pas à exister. Denis Lacorne examine, de son côté, ce que recouvre l'américanophilie affichée du Président.
La difficulté d'être de la gauche n'est pas que française. Elle est européenne, fait ressortir Ernst Hillebrand. Il analyse les voies qui pourraient lui permettre de renouveler son audience.
La construction européenne elle-même n'est pas mieux lotie. Indépendamment des vicissitudes liées à la redéfinition de ses mécanismes institutionnels, elle est en panne de perspectives. À l'occasion de la présidence française, Bruno Le Maire envisage les moyens de lui redonner du sens et du souffle.
"Les États-Unis dans l'attente"
L'élection présidentielle de novembre prochain s'annonce comme particulièrement cruciale dans l'histoire américaine. Après une présidence Bush désastreuse qui s'est soldée par une dégradation sans précédent de l'image des États-Unis dans le monde et qui se clôt sur une crise financière gravissime, où peut aller la puissance américaine ? Dans quelle direction est-elle susceptible de se réorienter ? Nous reviendrons sur le résultat des urnes et sur les enseignements à en tirer. En attendant, voici trois coups de sonde dans la situation de notre partenaire capital.
Michael Lind fait justice des thèses catastrophistes qui présentent un pays déchiré, en proie au fondamentalisme et menacé par la faillite. Quoi qu'il arrive, les États-Unis sont loin d'avoir dit leur dernier mot.
Et si le héraut de l'ouverture des marchés d'hier se muait demain en un champion du protectionnisme, par un de ces revirements qui ont scandé l'histoire américaine ? Éloi Laurent passe en revue les forces en présence et dégage les scénarios possibles.
Quelle est et quelle doit être la place de la religion dans les institutions américaines ? Amandine Barb éclaire la source des conflits dont ce point ne cesse de faire l'objet. Il tient, montre-t-elle, à une confusion entre la fondation puritaine et la fondation républicaine des États-Unis. Aussi la dispute n'est-elle pas près de finir.
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les liens |
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Malika Sorel est française, issue de l'immigration maghrébine. Née en France, elle a longtemps vécu au Maghreb. Diplômée de plusieurs grandes écoles, Malika Sorel est dotée d'une formation pluridisciplinaire. Après avoir, entre autres, travaillé au recrutement de cadres pour le secteur des hautes technologies, elle a décidé de se consacrer à des sujets qui engagent, selon elle, l'avenir de la France. Son champ d'intérêt couvre l'éducation et la formation des jeunes générations, la politique familiale, les problématiques de l'immigration ainsi que la politique étrangère de la France. En 2007, Malika Sorel a publié « Le puzzle de l'intégration », aux éditions Mille et une nuits, salué par l'Expansion comme « un livre important, essentiel, indispensable sur l'immigration en France. ». Elle prolonge ici son travail sur ce blog. |
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