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par Julie Clarini et Brice Couturier du lundi au jeudi de 18h20 à 19h |
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émission du lundi 19 octobre 2009
La science est –elle pervertie par l’obsession de l’évaluation ?
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Et si la science s’écroulait, demain, sous son propre poids, comme à bout de souffle, anémiée par de longues années de compétition stérile et de bureaucratisation galopante ? C’est une question évidemment incongrue en ce jour où nous fêtons les 70 ans du CNRS, mais, pour être incongrue, elle n’en est pas moins très sérieusement posée par notre invité Laurent Ségalat, lui-même directeur de recherches dans la susdite institution.
Dans un court essai, stimulant, le chercheur brosse un paysage scientifique qui fait froid dans le dos : d’un côté, une mise en concurrence généralisée qui a transformé le sens même du métier et qui attise les passions les plus basses, quitte à sélectionner non pas les meilleurs cerveaux mais les plus adaptés au système ; de l’autre, une pression constante de l’évaluation qui génère la production d’articles dépourvus d’intérêt, qui suscite des comportements des plus désinvoltes avec la réalité, quand elle n’incite pas tout simplement à la fraude. Bref, en ce début de 21ème siècle, la science va mal, si mal, écrit Laurent Ségalat, que la confiance des chercheurs dans les résultats de leurs confrères ne cesse de diminuer. Ce n’est guère qu’aux yeux du grand public que la science garde tout son lustre d’antan.
Qu’à cela ne tienne, les politiques continuent de chanter les vertus de la compétition, et les agences d’évaluation de rendre un culte appuyé à l’impact factor. Ont-ils raison ? Ont-ils tort ? La qualité de la production scientifique mondiale est-elle vraiment menacée ?

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Laurent Ségalat.
Généticien
Directeur de recherches au CNRS |
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Jean François Dhainaut.
Président de l’AERES |
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Jean Marc Quilbé.
Directeur général des éditions EDP Sciences |
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les livres |
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Laurent Ségalat

La science à bout de souffle?
Seuil - octobre 2009
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La science moderne est-elle à bout de souffle ? À en juger par la raréfaction des grandes découvertes dans les dernières décennies, on peut légitimement s'interroger sur sa bonne santé.
De fait, la science moderne souffre d'un ensemble de maux qui l'affaiblissent peu à peu. La traditionnelle évaluation par les pairs est devenue un monstre de bureaucratie chronophage et coûteux, et la publication dans les grandes revues internationales un parcours du combattant énergivore. De l'aveu même des chercheurs, la part du temps qu'ils consacrent à l'obtention des crédits et aux innombrables tâches administratives dépasse celle dévolue à la science proprement dite. Entre publish or perish (publie ou disparais) et course au financement, le chercheur se voit plongé dans une compétition exacerbée qui n'échappe ni aux soupçons de fraude ni à un certain conformisme. De ce pamphlet virulent et argumenté se dégage la conclusion que la recherche ne fera pas l'économie d'une remise à plat de ses modes de fonctionnement, faute de quoi son mot d'ordre deviendrait : publish and perish...
-4ème de couverture-
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numéro 156, septembre-octobre 2009
Laurent Ségalat "Science et finance: mêmes symptômes, mêmes dangers?" |
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