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par Joseph Macé-Scaron le samedi de 17h à 17h55 |
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émission du samedi 12 décembre 2009
Emission du samedi 12 décembre 2009
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Gustave Flaubert - Une manière spéciale de vivre, de Pierre-Marc de Biasi (Grasset)
La mode, de Marie-José Mondzain (Bayard)
Lettres d’un amour défunt - Correspondance intégrale inédite - 1929-1944, de Pierre Drieu la Rochelle - Victoria Ocampo(Bartillat)
L'homme sans tête, de Sergio Gonzalez Rodriguez (Passage du Nord-Ouest)
Avec Cécile Guilbert, Nelly Kapriélian, Sébastien Le Fol, Sabine Audrerie.
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des livres à découvrir |
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Pierre-Marc de Biasi

Gustave Flaubert - Une manière spéciale de vivre
Grasset - Septembre 2009
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Qu’est-ce qu’une vie d’écrivain ? Une enfance, des amours, des voyages, des amitiés, des soucis d’argent, des mondanités, des succès, des revers… Mais, au fond, tout cela a-t-il vraiment quelque chose à voir avec ce qui nous intéresse le plus : l’œuvre, l’écriture, le style, le message qui font que cette vie-là, justement, est celle d’un écrivain et ne ressemble pas aux autres ? La question touche naturellement toute entreprise biographique mais elle devient cruciale quand on aborde une figure comme celle de Gustave Flaubert. Si celui-ci, en effet, a révolutionné le romanesque, c’est au nom de nouvelles exigences - l’impersonnalité, le refus de conclure, la relativité des points de vue – qui installent au cœur de son écriture une figure du vide : « personnalité de l’auteur : absente ». Comment, dans ce cas, partir à la recherche de l’écrivain sans trahir son projet ? Pour lui, l’œuvre est tout, l’auteur n’est rien. Le plus beau cadeau que pourrait lui faire la postérité serait de ne rien savoir de sa vie contingente, en lisant ses textes comme s’il n’avait amais existé… Le problème s’aggrave encore si l’on considère l’autre côté des choses : le versant « guenilles » de sa vie. Là, c’est bien pire : non seulement nul ne doute que Flaubert a existé, mais chacun peut se faire une idée très précise de son agenda en se plongeant dans les cinq mille pages de sa Correspondance. A l’impersonnalité structurale de l’œuvre répond ici une exceptionnelle réussite de l’écriture du quotidien, tour à tour profonde, cinglante, drôle, émouvante…
Pierre-Marc de Biasi, chercheur au CNRS et producteur à France Culture, est l'auteur d'une dizaine d'ouvrages sur Flaubert - dont il a assuré l'édition critique des "Carnets de travail et du Voyage en Égypte" (Grasset). |
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Marie-José Mondzain

La mode
Bayard - Octobre 2009
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Les mannequins, les défilés, les magazines, la publicité… la mode est partout et dans tous
les esprits. Est-ce un phénomène uniquement social ou le philosophe peut-il nous en dire
davantage ? Et notamment une philosophe qui a étudié le regard à travers diverses périodes
de l’histoire et dans nos sociétés.
Marie José Mondzain est philosophe, directrice de recherche au CNRS, spécialiste de la
question de l’image. Elle est l’auteur de "Image icône économie, Le commerce des regards"
(Seuil), "L’image peut-elle tuer ?", "Homo spectator" (Bayard) et d’un livre pour les enfants :
"Qu’est-ce que tu vois ?" (Gallimard jeunesse). |
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Pierre Drieu la Rochelle - Victoria Ocampo

Lettres d’un amour défunt Correspondance intégrale inédite - 1929-1944
Bartillat - Octobre 2009
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En 1929, Victoria Ocampo, une célèbre mécène argentine, d’une grande beauté, rencontre Pierre Drieu la Rochelle, jeune romancier français, jalousé pour ses conquêtes. Le coup de foudre est immédiat. Ils vivent une forte idylle de quelques mois, mais très vite leur passion se dégrade et le souvenir de cet amour hantera tous leurs échanges. Les divergences de vue sur la vie, la politique, le monde iront en s’accroissant.
Quelques années plus tard, Victoria Ocampo fondera SUR, la plus brillante revue littéraire d’Amérique latine au XXe siècle ; Pierre Drieu la Rochelle, après avoir trouvé, avec "Le Feu follet" et "La Comédie de Charleroi", le ton juste de son inspiration, cédera finalement à la tentation fasciste. Il prendra la direction de la NRF en 1940.
Fondée d’abord sur la force de l’attraction sensuelle, leur relation ne succombe pas à leurs divergences politiques, qui s’accusent au moment de la Guerre d’Espagne, lorsque Victoria prend résolument position contre Franco. Leur fidélité en amitié survit aux convulsions de l’Histoire et se fait tendresse et dialogue intellectuel, jusqu’au suicide de Drieu. De nombreux détails sont livrés sur leur relation, leurs activités, leur vision du monde. Drieu se présente sous un jour nouveau, bien différent de l’image qu’il a laissée dans son Journal. Victoria Ocampo aura la force de ne pas répondre à ses appels, elle qui de suite avait compris sa hantise du vide et son appel du néant.
Elle sera l’une des rares intimes à qui Drieu destinera son ultime confession testamentaire.
Comme "Drieu" (2007), ce livre est présenté et annoté par Julien Hervier, spécialiste de l'œuvre de Drieu la Rochelle. Il participe à l'édition de la Pléiade de Drieu qui doit paraître prochainement
Pierre Drieu la Rochelle (1893-1945) fut directeur de la NRF sous l’Occupation. Ses romans ("Rêveuse Bourgeoisie", "Le Feu follet", "Gilles") ont obtenu de beaux succès. Il cèdera à la tentation du fascisme, se compremettant avec l’Allemagne nazie. Son "Journal" publié en 1992 rend compte de son égarement politique.
Victoria Ocampo (1890-1979) est une figure majeure des lettres argentines, amie de Borges et de Caillois, et fondatrice de la revue SUR. D’elle, les éditions Bartillat ont publié "Drieu" (2007) et "Le Rameau de Salzbourg" (2008), deux parties de son autobiographie. |
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Sergio Gonzalez Rodriguez

L'homme sans tête
Passage du Nord-Ouest - Octobre 2009
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Employant les techniques littéraires chères à Capote ("De sang froid"), Ellroy ("Ma part d’ombre") ou encore Saviano ("Gomorra"), techniques de la non-fiction novel entre roman, enquête journaliste et essai – cf. "Des os dans le désert" –, avec "L’Homme sans tête" Sergio González Rodríguez analyse le phénomène de la décapitation à partir de la découverte de plus en plus fréquente au Mexique de corps sans tête ou de têtes tranchées exposées à la vue de tous en signe d’avertissement. Enquête insolite et tissu narratif aux multiples résonnances culturelles et politiques, "L’Homme sans tête" dénonce l’apogée de la violence de notre monde contemporain par le geste le plus atroce, le plus symbolique qui soit : la décapitation. Des décapitations par les trafiquants de drogue au Mexique aux décapitations par les fondamentalistes musulmans largement diffusées sur internet, d’Orient en Occident, l’acte de décollation représente le geste suprême de l’atrocité : la perte de raison dans son sens extrême. L’auteur étudie aussi les phénomènes actuels de sorcellerie et de sacrifices humains utilisés par les narcotrafiquants, les nouvelles expressions de l’intimidation et de la peur, l’usage des corps des victimes comme messages d’une cruauté sans limites à l’adresse des adversaires. Et l’émergence de cultes criminels comme celui de la Sainte-Mort.
Un récit sans fiction dans lequel se mêlent témoignages de sicaires coupeurs de têtes modernes, enquête journalistique, essai - dont les références vont de Georges Bataille à Sam Peckinpah, de la littérature à la photo - et des éléments autobiographiques qui, conjointement, font apparaître l’horreur et la terreur dans lequel le monde d’aujourd’hui s’enfonce. L’Homme sans tête démontre une fois encore que la matière journalistique peut atteindre le statut de l’étude historique et sociologique, de la littérature d’exception.
Traduit de l'espagnol (Mexique) par Isabelle Gugnon.
Protagoniste de "2666", roman posthume de Roberto Bolaño, personnage de "Dans le dos noir du temps" de Javier Marías, Sergio González Rodríguez vit et travaille sur cette frontière ténue qui sépare réalité et fiction. Journaliste d’investigation, spécialiste du crime organisé et auteur de plusieurs essais littéraires, il reçoit en 1992 le prix Anagrama pour "Le Centaure dans le paysage". Boursier de la fondation Rockfeller et du département d'histoire de l'université ibérico-américaine, González Rodríguez est actuellement conseiller éditorial et chroniqueur pour plusieurs quotidiens mexicains. Si son œuvre de fiction comprend six romans, c’est avec "Des os dans le désert", non-fiction sur le féminicide de Ciudad Juarez qui lui valut deux tentatives d’assassinat, puis "L’Homme sans tête" qu’il devient l’un des écrivains incontournables du paysage littéraire d’Amérique latine. |
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