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par Xavier de la Porte le vendredi de 11h à 12h |
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émission du vendredi 1er février 2008
La grande conversion numérique
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Nous changeons de monde. Fin de l'analogique, entrée dans le numérique. Pour Milad Doueihi, il ne s'agit pas seulement d'une époque qui en suit une autre, mais bien d'une remise en question de nos repères. Politiques, sociaux, culturels. La "grande conversion numérique", qu'il théorise dans le livre éponyme qu'il publie ces jours-ci aux éditions du Seuil, tente avec un certain brio, la synthèse de ces bouleversements. Il aborde les questions de l'auteur (cette figure a-t-elle vécu ?), de la propriété intellectuelle, du flux, de l'accès, du partage, de l'identité, de la langue, de l'archivage... à travers le prisme de la "compétence numérique". Qui sait, qui ne sait pas, se mouvoir dans cette grammaire émergente ? Quel monde nous préparent ceux qui ont la "compétence numérique" ?

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Milad Doueihi.
Historien de l'Occident moderne, Fellow à l'université de Glasgow, auteur notamment de La grande conversion numérique (Seuil, janvier 2008). |
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Commentaires |
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06/02/2008 15:19
gino favotti
(drôme)

Emission qui pose enfin le problème fondamental dans notre société de la gestion des archives avec le numérique. Cette citation du Monde en préambule de cette émission, c'est une question crucilale et qui fera la politque et la société de nos descendants. Nous voyons disparaître ou sélectionner des quantités importantes d'informations numérisées au profit d'une culture commerciale qui remodèle l'histoire au gré des intérêts politiques et idéologiques avec une vitesse jamais égalée jusqu'à nos jours... Il est donc important de le comprendre. Comme le dit Gérard Berry, "big brother" est possible techniquement, donc.
La recherche dans les arts par exemple, et dans la musique en particulier, pose déjà le problème. Que reste-t-il de l'histoire moderne de la recherche musicale dans une société où seule la variété aux anciennes structures est prioritairement conservée numériquement ?
Voila une question par exemple que je soulève chaque année aux étudiants de mon cours de compositions électroaocustique. Le paradoxe, c'est que cette musique électroacoustique fait sur support et grâce au support est la moins diffusées dans les médias numériques ; et donc encore un savoir qui n'est pas partagé comme il le devrait. Un paradoxe donc entre le support conçu dans notre société et son utilisation. Dans une oeuvre artistique numérique, qu'est-ce que le support numérique, sa durée, et comment fait-on son archivage et son archivage fait-il partie de la partie novatrice de l'oeuvre ? etc...
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 03/02/2008 20:37
Milad Doueihi

Sur la question d'auteur, je suis bien d'accord. En même temps, il me semble que nous vivons un changement qui risque de fragiliser le concept, malgré sa multiplicité et complexité, tel quel l'on a connu jusqu'à maintenant. Néanmoins, il n'est pas question, en tout cas pour moi, d'une disparition de l'auteur ni de de son remplacement par une autre figure.
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 02/02/2008 08:00
millet
(grenoble)

Bravo, passionnante présentation pleine d'idées. Je pense que je vais me plonger dans ce livre.
Merci encore.
Marcel
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 01/02/2008 14:11
GROLEAU
(Vertou)

A Bruno Patino :
Eh si, de plus en plus de gens retrouvent l'idée de produire eux-mêmes leur électricité à partir de systèmes installés à domicile, certains vendant même leur surplus d'électricité à EDF. Attention donc aux analogies trop rapides ...
[France Culture] Bonjour
Je crois que le passage de la chronique du jour à laquelle vous faites référence était avant tout une analogie de systèmes (entre l'histoire générale du réseau électrique et celle du réseau informatique), et pas une analyse précise de la distribution électrique. Mais votre remarque est juste, et là aussi nous la transmettons à l'intéressé.
Bien cordialement
tb
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 01/02/2008 11:53
TEISSIER
(Paris, France)

Ne suffirait-il pas que les uns aient un peu de respect pour le travail des autres, pour que la notion d'auteur reste intacte?
De manière moins naïve et/ou utopique, l'imprimante (qui n'a aucune raison de disparaître) ne permettra-t-elle pas toujours d'assurer une existence palpable à un texte donné - pendant que les modifications numériques successives se poursuivront pour aboutir à de nouveaux textes ?
Il me semble que l'un n'empêche pas l'autre ; même chose d'ailleurs concernant l'image et le son avec les supports numériques au contenu non modifiable : un cd, un dvd, un disque dur, même théoriquement reproductible à l'infini, possède malgré tout individuellement - me semble-t-il encore - une existence réelle et concrète (sauf évidemment si le contenu disparaît en un clin d'oeil). Qu'en pensez-vous ?
[France Culture] Bonjour
L'imprimante indispensable ? On imagine peut-être difficilement sa disparition aujourd'hui. Mais les habitudes changent, y compris en matière de normes de lecture. Aujourd'hui, on écrit de moins en moins à la main, de plus en plus direcement sur l'écran. Est-il inenvisageable que la même chose se passe pour la lecture ?
Quoi qu'il en soit, le coeur de votre remarque sur la coexistence des pratiques des "deux mondes" (analogique et numérique) et sur la création unitaire apporte à la réflexion de Milad Doueihi. Nous lui faisons suivre votre message. Bien cordialement
tb
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les livres |
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Milad Doueihi

La grande conversion numérique
Seuil - Collection La librairie du XXIe siècle - 17 janvier 2008
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« Je commencerai par une confession. Je ne suis pas informaticien, ni technologue. Je ne suis pas non plus juriste, spécialisé dans la propriété intellectuelle et les subtilités du copyright. Je me considère comme un numéricien par accident, un simple utilisateur d'ordinateur qui a suivi les changements de l'environnement numérique au cours des vingt dernières années. » C'est sur ces mots que s'ouvre le livre de Milad Doueihi qui initie ses lecteurs à La Grande Conversion numérique.
Avec déjà un milliard d'usagers, le numérique a une histoire qui se fabrique au jour le jour. Puissance globale qui a métamorphosé tous les systèmes de communication, le numérique fragilise les spécificités nationales et locales, suscitant de nouvelles réalités en politique, dans les médias comme en économie.
Ce livre propose des éclairages précis sur la façon dont une technologie, essentiellement collective, modifie radicalement la vie de chacun, le lien social même, mobilisant nos repères les plus tangibles : écriture et lecture, identité, présence, propriété, archives et mémoire.
Qu'en sera-t-il du savoir historique, de nos bibliothèques, et comment assurer désormais la permanence de nos archives, leur intégrité ?
Ni utopie ni fausse prophétie, le numérique est la vulgate moderne. Avec ses faiblesses, ses aveuglements, ses richesses et ses promesses, le numérique est une culture pour tous.
- 4e de couverture -
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Gérard Berry

Pourquoi et comment le monde devient numérique
Fayard - Collection Leçons inaugurales du Collège de France - 23 janvier 2008
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Notre vie quotidienne est sans cesse bouleversée par les innovations technologiques du monde numérique. Mais les fondements de celui-ci restent largement ignorés du public, qui semble en permanence surpris par des évolutions pourtant prévisibles : c'est le signe d'un schéma mental mal adapté. L'ambition de cette leçon inaugurale est d'aider à construire un bon sens informatique, en expliquant sur quels concepts scientifiques et techniques repose la révolution numérique, quels outils elle met en oeuvre, et quels sont ses impacts et ses difficultés.
- 4e de couverture -
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