émission du vendredi 19 mars 2010 Club Science Publique : La connaissance est-elle encore dangereuse ?
Les progrès scientifiques le prouvent. Et Internet le propage. Nous sommes entrés dans la société de la connaissance. Dans son dernier ouvrage intitulé « Perdons –nous connaissance ? », le neurologue Lionel Naccache, conteste cette autosatisfaction de notre société connectée. Pour lui, nous n’en serions qu’au stade de la société de l’information. Et la distinction qu’il souligne entre connaissance et information est loin de n’être qu’un détail. Il met en effet en lumière une composante de la connaissance que nous avons, semble-t-il, perdue de vue. Il s’agit de sa dangerosité. Pendant des siècles, savoir mettait souvent en péril celui qui détenait une connaissance nouvelle. Aujourd’hui, cela semble ne plus être le cas. Loin de nous rassurer avec la disparition de cette crainte, Lionel Naccache nous inquiète.
Si nous n’avons plus peur de la connaissance, n’est-ce pas parce que nous la confondons avec l’information ordinaire ? Pour le neurologue qui s’appuie sur son expérience clinique, nous baignerions dans un flot d’informations objectives alors que la connaissance serait fondamentalement subjective. Contrairement à l’information, la connaissance ne laisse pas le sujet indemne. Elle le transforme. D’où les dangers particuliers qui peuvent l’accompagner, du fait d’une telle mutation. De plus, la subjectivité de la connaissance lui fait perdre son caractère universel. La perception du monde n’est plus unique mais différente à l’intérieur de chacun d’entre nous. Les implications d’une telle réflexion sont particulièrement profondes et nous allons tenter de les aborder aujourd’hui dans le Club de Science Publique.
Pourquoi n’avons-nous plus peur de la connaissance aujourd’hui ?
Quelles sont précisément les différences qui existent entre connaissance et information ?
Si la perception du monde est une affaire strictement personnelle, comment peut-on partager certaines lois scientifiques ?
Comment passer de la société de l’information à celle de la connaissance ?
Et le faut-il ?
Jean-Claude Ameisen.
Médecin et chercheur, professeur d’immunologie à l’université Paris VII, Président du comité d'éthique de l'Inserm
Lionel Naccache.
Neurologue, chercheur à l’Unité Inserm U 562 « Neuro imagerie cognitive »
Marc Pavlopoulos.
Philosophe au Laboratoire de Recherche sur les Sciences de la Matière (LARSIM)-Laboratoire de philosophie des sciences du CEA.
Commentaires
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19/03/2010 19:07Aubertin
Le début de la connaissance, dit-on, c'est l'étonnement que nous inspire ce qui nous entoure. Peu de gens ont ce tour d'esprit. Ainsi, pourquoi y a-t-il des saisons? Pourquoi est-ce l'été dans l'hémisphère sud quand c'est l'hiver dans l'hémisphère nord? Une très grande partie des adolescents, je peux en témoigner, ne le savent pas et ne se sont jamais posé la question. Mais l'un, avec qui j'en parlais, a été saisi de l'inquiétude sacrée: mais pourquoi les planètes tournent-elles autour du soleil? etc. Tu es sur la mauvaise pente, mon gaillard! Cet étonnement est un puits sans fond, comme un trou noir mental. Finalement, il vaut mieux ne s'étonner de rien et se contenter de l'almanach.
19/03/2010 17:12Malroux Jean -claude 76 ans (Antibes 06600)
Sur la base de mon expérience d'éducation sexuelle de mes 4 filles et 5 petits enfants et de 'accompagnement de mourants: ma femme, mon meilleur ami et d'autres,je pense qu'il convient de répondre aux questions posées sans mentir mais sans excès. Ne jamais anticiper les questions sauf si la personne assume seul des responsabilités. N'oublions jamais et faisons prendre conscience aux autres mis sur notre chemin que nos émotions ; nos pulsions nous empêchent de penser. Bien à vous et félicitations pour vos pensées libérées de croyances, idéologies, pulsions.
PS: Pourquoi le relativisme a-t-il si mauvaise presse, Confusius, Karl Popper.... ne sont-ils respectables.
Comte -Sponville repète aussi souvent qu'ils est matérialiste qu'a la recherche de la Vérité, si ce qui me parait à exclure il l'a decouvrait il la vénérerait et en ferait Dieu. Le Cosmos est pour moi fondé sur les contraires..
19/03/2010 15:01olivier goblot (Nievre)
Bonjour à vos invités,
L'affaire de la "Sociobiologie" est une affaire bien difficile à digérer, par les malentendus qu'elles continue de susciter, et continuera encore très longtemps de susciter !
Voir le petit livre de Michel Veuille (collection PUF, édition 1986, ou 1997)
Pour une introduction plus récente, avec un peu de mathématiques, voir la
thèse de David CHAVALARIAS :
"Métadynamique en cognition sociale"
(quelle définition de "meilleur" est la meilleur?)
sortie au C.R.E.A., dirigée par Paul BOURGINE
.
19/03/2010 14:38alain
Aujourd'hui plus que jamais, la connaissance débouche sur une guerre du secret, des firmes, des brevets privés, des profits, de la domination économique et politique.
Une émission qui ne prend pas en compte cette dimension se transforme en conte pour enfant.
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les livres
Lionel Naccache
Perdons-nous connaissance ? : de la mythologie à la neurologie
Odile Jacob - 2010
« Perdons-nous connaissance ? », c'est à-dire perdons-nous le sens de ce qu'est la connaissance alors que nous nous autoproclamons « société de la connaissance » ?
Aujourd'hui, la connaissance ne fait plus peur à personne, alors que depuis trois mille ans notre culture occidentale n'a cessé de la décrire comme vitale et dangereuse. Oui, dangereuse, qui s'en souvient encore ?
Cette rupture avec notre héritage constitue-t-elle un progrès ou une régression, une chute ou une ascension ?
La Mythologie et la Neurologie, sources de « connaissance de la connaissance », nous offriront de précieuses clés pour résoudre ce paradoxe inédit dans l'histoire de la pensée.
Dans cet essai brillant qui explore les multiples dimensions de nos existences, nous comprenons pourquoi la connaissance ne doit pas être envisagée comme une question de « spécialistes », mais comme l'affaire de chacun.
-4e de couverture-
Marc Pavlopoulos et Guilhem Labouret
Penser l'histoire : Corneille, Horace, Chateaubriand, Mémoires d'outre-tombe (livres IX à XII), Marx, Le dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte
Flammarion - mai 2007
Cet ouvrage s'adresse aux élèves des classes préparatoires aux Grandes Écoles scientifiques. Il a pour objectif de les aider à réussir l'épreuve de français des concours.
Pour l'année 2007-2008, le programme porte sur :
Horace de Corneille
Mémoires d'outre-tombe de Chateaubriand (livres IX à XII)
Le Dix-huit Brumaire de Louis Bonaparte de Marx
Le thème associé à ces oeuvres est : Penser l'Histoire.
Complet et précis, ce livre est l'outil indispensable à une meilleure connaissance des oeuvres et du thème. Il comprend :
Une introduction générale qui situe le thème dans l'histoire de la pensée et analyse les différentes problématiques qu'il recouvre.
Trois études détaillées :
pour se familiariser avec chacune des oeuvres au programme : résumé et structure, analyse du contexte, fiches thématiques.
pour comprendre comment chacune aborde et illustre le thème au programme.
Une réflexion synthétique et problématisée sur le thème « Penser l'Histoire » à partir des trois oeuvres étudiées.
Des dissertations corrigées, et un index des notions qui se rattachent au thème.
-4e de couverture-
Etienne Klein
L'atome au pied du mur : et autres nouvelles
Le Pommier - février 2010
Attiré par l'extrême droite, Paul Lepire ignore qu'il est composé d'atomes de gauche, tendance radicale. Quand viendra le jour du scrutin, qui imposera sa loi face à l'urne : le tout ou ses parties ? Disciple de Giordano Bruno, Paulus croupit dans un cachot pour avoir défendu la réalité des atomes. Mais si le mur n'est fait que d'atomes et de vide, il devrait être aisé de jouer les passe-muraille ?...
Fantastiques et cocasses, ces sept petites histoires s'amusent à mettre en scène quelques concepts-clés de la physique. Au grand dam de leurs malheureux héros, qui paient souvent très cher leur excès de zèle dogmatique... Mais à la grande joie du lecteur, qui y voit triompher la vie, le coeur et ses passions.
- 4e de couverture -
Tom Keve
Trois explications du monde
Albin Michel - avril 2010
Du début du XIXe siècle à la veille de la Seconde Guerre mondiale, d'une yeshiva de Bohême en 1805 au New-York des années 30, en passant par Vienne, Budapest, Prague, Berlin, Londres, Jérusalem... une grande fresque historique, mais avant tout, le roman vrai des idées du monde contemporain, dont les héros sont des rabbins d'Europe centrale, Sigmund Freud, Carl-Gustav Jung, Albert Einstein, Nils Bohr, Wolfgang Pauli, Sandor Ferenczi, Lou Andrea Salomé.... Autant de personnages hors du commun formidablement humains. Sur fond de racines sociales, culturelles, intellectuelles et religieuses des principaux protagonistes, l'intrigue installe le débat sur l'enracinement de la psychanalyse dans la tradition et la culture juives, tandis que les scientifiques s'interrogent sur la structure de la matière, et que des passerelles s'établissent entre des disciplines apparemment incompatibles. L'auteur réussit un tour de force : rendre captivant les questionnements de tous ces savants, qu'il a su incarner de manière extraordinairement vivante, dans une véritable dramaturgie aux prises avec les affres de la jalousie et des rivalités, les tourments amoureux, ou la dépression, et jubilant quand, pris de vertige, ils formulent soudain une théorie qui va changer l'interprétation du monde.
- Présentation de l'éditeur -
Traduit de l'anglais par Sylvie Taussig
Siri Hustvedt
The Shaking Woman or a History of My Nerves
Sceptre - Février 2010