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La suite dans les idées
par Sylvain Bourmeau
le samedi de 12h à 12h30
Suite dans les idées (la)

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émission du mardi 29 janvier 2008
La fabrique de l'impuissance


Réflexion sur l’école ce matin, à partir du livre de Charlotte Nordmann La fabrique de l’impuissance 2 – l’école entre domination et émancipation. Au cœur de cette réflexion, la relation entre maître et élève et la crise de l’autorité, mais aussi la fonction et le fonctionnement même de l’école. Fondé sur les travaux de Jacques Rancière et de Pierre Bourdieu, le travail de Charlotte Nordmann prend acte du fait qu’aujourd’hui beaucoup d’élèves sortent de l’école complexés.
La notation qui éclaire la dialectique domination/émancipation est à cet égard une porte d’entrée intéressante dans le débat, qui peut aujourd’hui se formuler en ces termes : comment passer de la compétition à l’émulation ?


Invités

Charlotte Nordmann.  Enseigne la philosophie. Elle est l'auteure de Bourdieu/Rancière. La politique entre sociologie et philosophie (2006), et a dirigé l'ouvrage Le Foulard islamique en questions (2004).

Pierre Merle.  Sociologue, professeur à l'IUFM de Bretagne. Il a notamment publié Sociologie de l'évaluation scolaire (1998), La démocratisation de l'enseignement (2002), L'élève humilié. L'école : un espace de non-droit ? (2005).

Jean-Pierre Terrail.  Sociologue, professeur émérite à l'université de Versailles-st-Quentin. Auteur notamment de La Dynamique des générations, L’Harmattan, Paris, 1995. La Scolarisation de la France. Critique de l’état des lieux (direction), La Dispute, Paris, 1997. De l’inégalité scolaire, La Dispute, Paris, 2002. Ecole, l’enjeu démocratique, La Dispute, Paris, 2004. L’Ecole en France. Crise, pratiques, perspectives (direction), La Dispute, Paris, 2005.Les sociologues, l’école et la transmission des savoirs. Présentation et choix de textes (avec Jérôme Deauvieau), La Dispute, Paris, 2007.

Nicolas Truong.  Journaliste au Monde de l'éducation





des livres à découvrir


Charlotte Nordmann
La fabrique de l'impuissance, volume 2 - L'école, entre domination et émancipation
Amsterdam. Collection Démocritique - 23 octobre 2007

L'école, entre domination et émancipation

« L'École républicaine » repose sur une contradiction irréductible : elle est à la fois un facteur de démocratisation et de hiérarchisation. Elle est l'institution qui assure la légitimation de la hiérarchie sociale en la faisant apparaître comme l'expression de l'inégalité des capacités individuelles.

L'École produit ainsi, paradoxalement, de l'impuissance : impuissance à parler, à écrire, à lire, à penser. Mais elle est aussi un lieu de diffusion de savoirs et de compétences susceptibles de donner à chacun les moyens d'augmenter son autonomie, sa puissance d'agir et de penser.

Parce qu'il refoule cette ambiguïté, « le débat sur l'École » nous enferme dans un véritable cercle, et nous interdit de réfléchir aux enjeux politiques de la maîtrise de la lecture, de l'écriture, du rapport aux savoirs et à la parole. Comment faire pour que l'École ne fonctionne pas essentiellement comme une fabrique de l'impuissance ?

- 4e de couverture -


Pierre Merle
Les notes, secrets de fabrication
PUF, Education et société - 2007

Contrairement à une idée généralement défendue par l'institution scolaire, les notes constituent une mesure imparfaite du niveau scolaire des élèves. Il existe des biais - c'est-à-dire des erreurs systématiques - de mesure de la compétence des élèves par leurs professeurs.

La notation d'une copie est différente selon l'académie, l'établissement, la classe et même les caractéristiques de chaque élève (origine sociale, sexe, redoublement...). Pourquoi de telles différences entre des mesures anonymes et la mesure des compétences des élèves par leurs enseignants ?

À partir d'une enquête menée auprès des professeurs, l'ouvrage montre comment la notation d'une copie résulte d'un véritable processus de fabrication. Dans le quotidien de leur classe, les enseignants mettent en oeuvre, plus ou moins consciemment, de véritables stratégies d'évaluation. Contrairement aux apparences, les notes scolaires résultent d'une sorte de bricolage car les professeurs cherchent à atteindre des objectifs multiples et contradictoires : prévenir le découragement des plus faibles, éviter le relâchement des meilleurs, limiter la contestation... Les enseignants doivent aussi respecter des normes d'évaluation spécifiques à leur discipline, leur établissement, la classe, etc...
-Présentation de l'éditeur-


Jean-Pierre Terrail
De l'inégalité scolaire
La Dispute - Septembre 2002

Rien n'y fait : malgré toute l'attention individuelle des élèves et des familles, l'avancée spectaculaire des filles dans les dernières décennies, l'école unique mise en place dès les années soixante, statistiquement, la réussite scolaire reste affaire d'origine sociale. Cela dure, cela perdure. Des études innombrables ont été menées, psychologues, linguistes, sociologues, pédagogues et didacticiens ont accumulé une somme de connaissances impressionnante, mais, chaque fois, partielles, limitées. Certaines voix, de droite et de gauche, en concluent même que cette inégalité scolaire est dans l'ordre des choses. Il faut repenser, à nouveaux frais, à la racine et dans son ensemble, cette question. C'est ce que fait le livre de Jean-Pierre Terrail : il propose donc une explication des inégalités scolaires, et de leur résistance à plusieurs décennies de lutte contre l'échec scolaire. S'appuyant sur le patrimoine accumulé des recherches de terrain, empruntant à l'anthropologie, à l'histoire, à la sociologie, la psychologie et la linguistique, l'enquête conduit l'auteur à réexaminer minutieusement quelques grandes pièces du dossier : la thèse du handicap socio-culturel, les principes d'analyse de Piaget et Vygotski, les procédures institutionnelles et pédagogiques mises en place depuis les années 1960 pour l'accueil des nouveaux publics. Démocratiser l'accès aux savoirs : une ambition vraisemblable mais nécessairement radicale, argumente-t-il en conclusion.


Jean-Pierre Terrail
École : L'Enjeu démocratique
La dispute - février 2004

Qu’opposer à la perspective chaque jour plus pressante d’un démantèlement et d’une marchandisation de l’école ?
Multiplier les moyens ? Mais, s’il en faut (beaucoup), les moyens restent précisément des moyens. Restaurer l’autorité des maîtres ? Trouver, à l’inverse, de nouvelles recettes pédagogiques toujours plus "douces" pour des publics décrétés rétifs à l’abstraction ? Mais la querelle entre "républicains" et "pédagogues" n’a rien de nouveau à offrir : s’y laisser enfermer vaudrait interdit de penser. En prenant au sérieux la perspective d’une école démocratique, Jean-Pierre Terrail nous propose un état des lieux sans complaisance et un retour réflexif au cœur de l’acte d’enseignement qui permettent d’imaginer les voies possibles de l’égalité scolaire.
- Note de l'éditeur -


Jacques Rancière
Le maître ignorant
10/18 - Avril 2004

Une réflexion originale et stimulante sur l'éducation et les conditions d'une véritable émancipation intellectuelle de l'individu. Un livre provocateur qui s'inscrit dans les débats pédagogiques sur l'avenir de l'institution scolaire et la restauration de l'autorité des enseignants.


des revues


Sociétés Contemporaines n° 68
6 décembre 2007
Marie-France Garcia-Parpet, Fabienne Pavis, Claire Zalc, Hervé Joly, etc.

Voir le site

Dossier : les mondes patronaux
Alors même que la sociologie des faits économiques s’institutionnalise comme spécialité, «les patrons» demeurent relativement peu étudiés en France.
Ce dossier propose un panorama des approches possibles du patronat, mêlant intimement les dimensions théorique et méthodologique. Il s’agit de rendre compte du fonctionnement de différents univers patronaux et de s’interroger sur leurs relations à partir d’investigations qui se distinguent par les méthodes employées (monographie, prosopographie, enquête par entretiens), les principes de définition de la population (étude centrée sur un secteur économique, une région, une entreprise, une fraction patronale spécifique), les périodes analysées et l’épaisseur historique retenue (de la période de l’entre-deux-guerres à aujourd’hui), la construction de l’objet (évolution des propriétés sociales du patronat, modèles d’efficacité économique, trajectoires professionnelles et géographiques d’entrepreneurs). La description des méthodologies employées dans les différents travaux originaux de ce dossier ainsi que le retour critique sur plusieurs travaux canoniques relatifs au grand patronat français font de ce dossier une référence utile pour tout chercheur qui voudrait investir ces terrains.

- présentation de l'éditeur -

Presses de Sciences-Po,
117 bd Saint-germain,
75006 Paris.
Tél. : 01 45 49 83 64.



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