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Sur les docks
par Jean Lebrun (coordination)
du lundi au vendredi de 17h à 17h55
Sur les docks

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lundi 23 novembre 2009
> Ces histoires d'amour (1/5) - L'amour Ikéa : petites histoires à monter soi-même
Un documentaire d'Aurélie Djan et Guillaume Baldy
Un jour, un écrivain m’a dit, hors micro : « On n’a qu’une seule histoire à raconter, non ? à peu près… la vie, l’amour, tout ça. » Et peut-être que c’est ça, au fond, la pulsion commune des histoires d’amour : ça se raconte. Comment ça se raconte ? Qu’est-ce qui se passe quand on se met à raconter ?
Comment chacun s’arrange avec sa petite affaire privée, son sale petit secret, sa romance maison. Parler d’amour, c’est encore se placer, plus ou moins, en situation d’aveu. Il ne s’agit pas du tout de faire des révélations ou des confidences : c’est autre chose. Il y a un moment de surgissement du réel où la parole se libère d’un coup, devient plus fluide. Pour peu qu’on ait su installer un climat de conversation propice. Tout le monde connaît ça. Y compris avec des inconnus, dans la rue, à la terrasse d’un café. Il y a parfois comme ça, de brefs moments de vie (et partant de vrais moments de radio), entre deux rendez-vous, entre deux voisins, entre une grand-mère et sa petite-fille. Des intervalles d’intimité qui surgissent peut-être de l’envie de se raconter. Comme ça. Pour le plaisir. On a tous quelque chose à dire, quand on raconte une histoire d’amour (en cours, passée, rêvée, ratée). On a tous un programme d’amour en tête, comme on ferait son programme politique. Dont on lâche des bribes, entre deux portes, accoudé au zinc, etc. Tout est toujours possible, selon l’humeur, le bon plaisir du narrateur. À quoi vient s’ajouter le plaisir du montage entre les différentes histoires. Et la forme du récit varie finalement très peu. Une histoire d’amour, au fond, ça se raconte comme ça : comment ça commence ? Comment ça tient ? Comment ça finit ?

Avec : Rose, Aurélie, Julia, Mathieu, Alban et Allan.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Productrice déléguée : Aurélie Djian
Réalisation : Guillaume Baldy



mardi 24 novembre 2009
> Ces histoires d'amour (2/5) - Même si la mort nous sépare...
Un documentaire de Maylis Besserie et Christine Diger
La disparition de l’être cher, en effet, ne signe pas toujours la fin d’une histoire d’amour – celle-ci se perpétue alors, par-delà la séparation définitive, comme un défi à l’irrémédiable. Faut-il y voir une forme de déraison, tragique et morbide, le signe pathologique d’un deuil impossible ? Ou n’est-ce, au fond, que le destin logique du « véritable » amour, dans son acception la plus idéaliste et romantique ?
L’idée de ce documentaire est de recueillir les témoignages de veuves encore amoureuses (« veuve » étant entendu au sens large, que l’union ait été officialisée ou non par un mariage).
Ces « amours posthumes » peuvent prendre des formes très diverses, et donnent lieu à de nouvelles « histoires » à part entière… Certains transforment leur amour en mausolée et vivent dans le fantasme d’une fidélité éternelle, faisant vœu de chasteté et fétichisant tout ce qui rappelle le souvenir du défunt. D’autres ne vivent, après la mort de leur conjoint, que des amourettes et, par un autre biais, ne renoncent jamais à leur plus belle histoire d’amour.
C’est le cas de Michèle qui a perdu son compagnon à quarante-sept ans. Il était chauffeur de taxi, il s’est suicidé. Pendant des années, elle n’a pas vidé ses tiroirs. Elle a bien essayé de vivre d’autres histoires, mais toutes ont tourné court sans qu’elle sache vraiment pourquoi ; et chaque rupture la ramène encore plus près de cet amour originel, indéfectible malgré la mort et l’absence. « Je ne pourrai jamais retrouver l’intimité que j’avais avec lui, dit-elle, c’est impossible. C’est avec lui que j’ai eu envie d’avoir mes trois enfants… » Ces trois points de suspension qu’on entend dans sa voix font résonner toute la force du lien qui demeure entre elle et lui et se perpétue comme un mystère.
Nadège a trente-six ans, elle vit à Belfort. Elle a accepté de répondre à mon appel sur le groupe de parole « Entre veufs ». Son conjoint est mort à quarante ans, son entourage lui explique qu’elle a la vie devant elle, qu’elle rencontrera quelqu’un d’autre. « Au début, j’aurais baffé les gens, ils ne comprennent pas et ne se rendent pas compte, dit-elle. Je me suis sentie insultée, comme si on sous-estimait mon histoire d’amour avec lui. » « Un amour comme ça ne s’efface pas. » « Je ne ressens pas de chagrin d’amour, je l’aime encore, même si c’est une grande douleur de se perdre physiquement, et je veux protéger cette histoire que j’ai eue avec lui. »
Nous avons recueilli ces histoires où l’amour survit à l’absence et écouté des femmes qui continuent de vivre cette « vie devant soi » qui n’en est plus une…

Avec Michèle, Nadège et Corine Goldberger, auteur d’un livre d’enquête et de témoignages : Quand la mort sépare un jeune couple.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Productrice déléguée : Maylis Besserie
Réalisation : Christine Diger



mercredi 25 novembre 2009
> Ces histoires d'amour (3/5) - Chacun chez soi
Un documentaire d'Amaury Chardeau et Guillaume Baldy
Ils sont ensemble mais ne partagent pas le même domicile. Les sociologues les appellent couples « non cohabitants » ou « couples LAT », acronyme de l’anglais living apart together.
Chez certains, comme Tina et Bernard, le hasard a bien fait les choses en libérant un second appartement dans le même immeuble. Pour d’autres, à l’image de Philippe et M. ou de Catherine, la démarche relève d’un choix mûrement réfléchi : "je t’aime, et c’est pourquoi je préfère ne pas vivre avec toi".
Ils disent que l’amour ne se porte pas plus mal sans routine ni pantoufles. Que l’on n’a pas besoin de vivre au même rythme que l’autre pour l’aimer. Que le mystère qui alimente le désir s’entretien au quotidien. Ils racontent leurs retrouvailles permanentes, années après années, leur envie de rester singuliers et d’échapper au schéma traditionnel du couple. En somme, quarante ans après l'exploration du "Domicile conjugal" par François Truffaut, il sera ici question d’une certaine manière dont, comme l’explique la psychanalyste Geneviève Delaisi de Parseval, l’amour peut se bricoler autrement.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Producteur délégué : Amaury Chardeau
Réalisation : Guillaume Baldy



jeudi 26 novembre 2009
> Ces histoires d'amour (4/5) - "Patou et Fred : 38 tonnes d'amour" + "Pedimiento"
Patou et Fred : 38 tonnes d'amour
Un documentaire de Deborah Gros et Jean-Philippe Navarre

Patou et Fred sont chauffeurs routiers. Elle roule la nuit, lui le jour. Elle fait la ligne: Angoulême-Béziers trois fois par semaine en prenant l'autoroute. Il fait du FRET: la France entière par les petites nationales. Quand Patou vide sa remorque à Toulouse, Fred est en train de charger à Briançon. Un coup de chance et leurs routes se croisent, parfois, le temps d’une cigarette.
Ils travaillent dans la même société de transport. Ils avaient pour principe de ne jamais sortir avec un collègue de travail. Il y a huit mois ils se sont retrouvés par hasard dans une boite de nuit angoumoisine. Patou a fait le premier pas.
Fred a quarante-cinq ans, Patou est à peine plus jeune que lui. Leur parcours sentimental et leur histoire familiale sont chaotiques. Avant de se connaître, ils ont vécu des histoires d'un soir, des histoires d'amour, ils ont eu des enfants, se sont mariés puis séparés.
Patou et Fred passent moins de 48 heures par semaine ensemble physiquement. Le reste du temps, leur seul lien, c'est le téléphone. Ils parlent de tout et de rien: paysage, météo, repas, mécanique, circulation, autant de détails d'un quotidien qu'ils ne partagent jamais.
Patou est une jolie blonde pimpante et très sociable. Elle se déplace dans un milieu d'hommes. « Faut pas être jaloux dans ce métier » dit Fred avant d’éclater de son rire sonore. Il a peur pour elle parfois. Et puis, il y a la solitude, de parking en aire d’autoroute, la vie de chauffeur contre la montre, la vie de couple à contretemps.
Malgré les obstacles, Patou et Fred ne changeraient leur mode de vie pour rien au monde. La stabilité, ils l'ont trouvée dans la mobilité. Pour ces deux grands rêveurs, l’amour a quelque chose d'une aventure. Pendant la semaine, ils ont toute la liberté de songer l'un à l'autre et de planifier des retrouvailles toujours plus belles.
En les suivant sur la route, en partageant l'intimité de leur cabine de camion, le documentaire fait un portrait croisé de ce jeune couple. Comment vivent-ils l'absence et le manque ? Qu’est-ce qui les attache l’un à l’autre malgré la distance constante qui les sépare ? Comment abordent-ils des thèmes comme la confiance ou la fidélité ?
Chacun des deux se livre à sa manière. Le fil de la parole se déroule à mesure que défile la route. On glisse de la cabine de Fred à celle de Patou, par les ondes téléphoniques, les bruits ou les gestes quotidiens. La parole se déploie aussi dans la tranquillité d’un temps d'une pause ou lors d’un week-end entre amis, dans la maison qu’ils sont en train d’aménager. Mais le week-end est toujours trop court, déjà le moteur redémarre et il faut reprendre la grande route.

Avec Patou, Fred, Isa et Cédric


Pedimiento
Un documentaire de Georges Morere et Jean-Philippe Navarre

Sébastien, un gitan catalan très pieux, vit depuis six mois dans le presbytère des Saintes-Maries-de-la-Mer. Il accueille les pèlerins, entretient l'église et chante durant les offices.
Alors que Sébastien n'avait que seize ans, son père, après avoir passé un accord avec une autre famille, l’avait conduit à un pedimiento, une demande en mariage. Dans la voiture, Sébastien avait appris avec surprise qu'il s'agissait de son propre mariage. Seulement lui ne voulait pas se marier, car il ne voulait pas rendre une femme malheureuse. Il avoua à son père sa préférence pour les garçons, qui tenta de le convaincre de se marier malgré tout car il avait donné sa parole à la famille de la mariée. Mais Sébastien voulut rester libre, alors il fut banni.

Un jour, Sébastien rencontre dans les Pyrénées Pascal, 22 ans, un berger. Malgré son jeune âge, Pascal est séropositif. Sébastien, très amoureux, s'installe avec lui, s'occupe des moutons et des chèvres. Malheureusement la maladie se déclare. Sébastien soigne son amant, quotidiennement, jusqu'à ce que la mort les sépare. L'histoire dure huit ans. Le jour de l'enterrement, la famille de Pascal refuse la présence de Sébastien au cimetière.

Plus tard, c'est au tour du père de Sébastien de mourir. Il fait réunir sur son lit de mort tous les hommes de la famille. Il demande à ce que l'on oublie le passé. Le père pardonne à son fils : Sébastien peut réintégrer la famille mais à une seule condition: qu'il ne se remette pas avec un payo (un non-gitan). Sébastien refuse : l'amour qu'il a toujours pour Pascal, son admiration pour le message de vérité du Christ le poussent à vivre « en homme libre ».

Aujourd'hui, par le biais de ce documentaire, Sébastien voudrait rendre hommage à son ancien amant. Et faire entendre un message d'amour et de foi en la vie éternelle. Un message universel.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Producteurs délégués : Déborah Gros et Georges Morere
Réalisation : Jean-Philippe Navarre



vendredi 27 novembre 2009
> Ces histoires d'amour (5/5) - Le sexe en 2050 - Rediffision
Un documentaire d'Olivier Chaumelle et Jean Philippe Navarre - Rediffusion de l'émission Sur les Docks du 2 janvier 2008
Comment ferons-nous (où plutôt celles et ceux qui nous survivrons) l’amour dans cinquante ans ? Pour avoir une chance de proposer des hypothèses possibles en réponse à cette question, il faut la subordonner à quantité d’autres, qui seront de l’ordre de l’histoire sociale et politique à venir.
De quelle nature seront nos émotions ? L’acte sexuel finira-t-il par être totalement déconnecté de la procréation ? La virtualité envahira-t-elle nos plaisirs ? Certaines et certains d’entre nous se tourneront-ils vers des préférences que nous considérons aujourd’hui comme aberrantes, monstrueuses ou ridicules ?
Ce qui a changé se tapit dans le détail, au fond. Les plaisirs sexuels ne sont pas des inventions d’avant-hier, et on peut même affirmer que ce que nous appelons perversions ou déviances sexuelles – qui sont autant de postes privilégiés d’observation des pratiques sexuelles – existent toutes depuis des millénaires, et qu’il n’y a pratiquement rien à inventer dans ce domaine. Ce qui changera, c’est leur répartition dans la société, et la façon dont celle-ci les tolère.
La marche de la modernité est imprévisible et celle de l’Histoire aussi. Nos sexualités évolueront cependant conjointement avec ce que la société voudra bien tolérer ou encourager.
Un intervenant imagine que les interdits seront plus nombreux et s’en désole. Un autre explique que le meilleur moyen de prédire l’avenir est de l’infléchir dans le sens des plaisirs qu’on aime déjà et qu’on aimerait multiplier. Ce qui est sûr, c’est que se multiplieront, dans un espace difficilement commun, les situations de cohabitation – ou de confrontation – entre des pratiques de plus en plus différenciées.

Avec :
Radu Clit, psychanalyste ;
Catherine Dufour, écrivain ;
Emmanuel Pierrat, avocat ;
Arnaud Martorell, psychiatre ;
John B. Root, producteur et réalisateur de films pornographiques ;
Peggy Sastre et Charles Müller, auteurs de Sexe machines.

Et les voix de Nathalie Duong et Stéphane Lindon.

Producteur coordonnateur : Alexandre Héraud
Producteur délégué : Olivier Chaumelle
Réalisation : Jean-Philippe Navarre



lundi 30 novembre 2009
> Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (1/4) - Le chavisme pour les nuls – Abécédaire du chavisme



Un documentaire d'Alexandre Héraud et Yvon Croizier avec la collaboration de Paula Vasquez
Une « danse des mots », et pas que les plus tendres, envers le processus révolutionnaire en cours au Venezuela, voilà ce que nous avons imaginé pouvoir orchestrer au fil de nos rencontres lors de notre voyage dans ce pays métamorphosé sous l’impulsion du controversé commandant Hugo Rafael Chavez Frias, dont nous fêterons le onzième anniversaire de l’accession au pouvoir le 6 décembre prochain.
Nos interlocuteurs ? De l’ancien ministre chaviste déçu au candidat malheureux à la présidence, de l’éditorialiste reconnu au petit entrepreneur local, du journaliste à la retraite blasé à la militante de quartier défavorisé, du jeune étudiant révolutionnaire rêveur au petit gérant d’hôtel sur la côte caraïbe, de la sociologue au professeur de lettres… Tous ont bien voulu participer à notre jeu-puzzle et isoler une lettre de l’alphabet pour construire ce qui s’apparenterait selon eux à un début de définition du chavisme.
Du « A » comme Alegria (joie), ou Autoritarisme au « T » de Tristesse, nous nous arrêterons sur le « C » de Caudillisme ou de Césarisme, ou encore celui de Cambio (changement) ;
Nous évoquerons le « D », de Dignité ; le « E » d’ Etatisme…
Nous convoquerons le « M » de Militarisme ou de Messianisme, puis le « O » de Odio ( la haine) et le « P » de Peligro (danger), sans oublier le « S » de Sueno (rêve)…
Pour buter sur le « T » de Totalitarisme.
Le tout formant un ensemble imparfait, comme l’est de l’aveu même de ses propres partisans la Révolution Bolivarienne, ce « socialisme du XXI° siècle » aux contours idéologiques mal définis.
L’élaboration de cet abécédaire sans concession pourrait utilement continuer sur notre site après sa diffusion grâce à vos contributions …

Avec :
Teodoro Petkoff, directeur du quotidien « Tal Cual » ancien guérillero, ancien ministre et deux fois candidat à la présidence ;
Vladimir Villegas, ancien vice-ministre des affaires étrangères de Chavez ;
Leopoldo Lopez, ancien maire de Chacao (Caracas), principale figure de l’opposition ;
Colette Capriles, professeur de sciences humaines à l’Université Simon Bolivar ;
Jimmy Capriles, entrepreneur ;
Jose Macondo, maire (chaviste) de Rio Caribe ;
Emiliano Grateron, actuel maire de Chacao ;
Gisela Kozack, écrivain ;
Natalia Brandler, professeur de sciences politiques à l’Université Simon Bolivar ;
Andrés, étudiant ;
Suzana, militante chaviste.

Traduction : Andreina Flores et Paula Vasquez.

Producteur : Alexandre Héraud
Réalisation : Yvon Croizier



mardi 1er décembre 2009
> Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (2/4) - Mais qui est donc Lina Ron ? Portrait d’une révolutionnaire en arme
Un documentaire d'Alexandre Héraud et Yvon Croizier
Toutes les épithètes sont bonnes pour qualifier celle qu’on appelle la « comandante Lina Ron » ou « la générale du chavisme » ! Agressive, hystérique, belliqueuse, enragée mais aussi passionnée, authentique, charismatique, engagée, la « patriote » Lina Ninette Ron Pereira, la plus fameuse des activistes de rue de la Révolution bolivarienne, âgée de 50 ans, a fini par être baptisée « l’incontrôlable » par celui-là même à qui elle voue un culte indéfectible depuis son accession au pouvoir en 1998, le président Hugo Rafael Chavez Frias.
Ce dernier a du la désavouer publiquement et ordonner sa mise en détention après l’attaque qu’elle dirigea le 3 août 2009 contre les locaux de la principale chaîne d’opposition, Globovision. Lors de cette action-commando, furent lancées quelques grenades lacrymogènes dans l’enceinte de ce média cristallisant toutes les critiques du gouvernement chaviste.
C’est dans un contexte d’extrême polarisation politique et en pleine « guerre contre les médias » que nous avons dressé ce portrait d’une révolutionnaire en arme ayant fondé son propre parti, l’Union Populaire Bolivarienne (UPV) adulée dans les secteurs les plus pauvres de la population ceux là même qu’elle nomme le « édentés ». Lina Ron l’endiablée est devenue la bête noire « satanisée » par l’opposition vénézuelienne. Mais celle dont la devise est « Avec Chavez Tout ! sans Chavez , du plomb » semble désormais être une menace pour le président Chavez, qui craint d’être débordé par sa base la plus radicale dont elle est l’incarnation. C’est ce qui fait dire à certains observateurs fascinés par ce personnage hors du commun, qu’elle représenterait à elle seule tout « l’inconscient du chavisme ».

Avec :
Gizela Kozak Rovero, écrivain, professeur de littérature. ;
Hernan Brito, membre de la direction nationale de l’Union Populaire Vénézuélienne ;
Alberto Federico Ravell, directeur de Globovision;
Douglas Bolivar, journaliste, auteur de « La Incontrolable. 2009 » ;
Leopoldo Lopez, membre de l’opposition, ancien maire de Chacao –Caracas-,
Ramon Hernandez, éditorialiste au quotidien « El Nacional » ;
Vladimir Villegas, journaliste, ancien vice-ministre des relations extérieures du gouvernement Chavez jusqu’en 2007 ;
Federico Vegas, romancier ;
Oscar Lucien, sociologue, cinéaste.

Traduction : Andreina Flores, Gaëlle Puyo, Paula Vasquez.

Producteur : Alexandre Héraud
Réalisation : Yvon Croizier



mercredi 2 décembre 2009
> Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (3/4) - 23 de Enero, Caracas : une ballade révolutionnaire
Un documentaire d'Alexandre Héraud et Yvon Croizier
En 1954, le général Marcos Pérez Jiménez commandait au plus célèbre architecte national, Carlos Villanueva, de partir à l’assaut des collines et construire un ambitieux projet urbanistique pour développer et moderniser les logements sociaux de la partie Ouest de Caracas. Son intention était surtout de nettoyer les quartiers pauvres et faciliter le contrôle de la population. Las, au lieu de porter le nom du « 2 décembre », pour célébrer l’accession au pouvoir du général, cette vaste opération de 9.000 appartements répartis en trente-huit immeubles (dont la moitié sont des barres de quinze étages et de plus de cent mètres de longs), allait être baptisée le « 23 Janvier » (23 de Enero) pour marquer la destitution du dictateur en 1958 et le début de la démocratisation !
Dés lors, et pendant les quarante années ayant précédé l’arrivée au pouvoir d’Hugo Chavez en 1998, ce quartier pris d’assaut par les classes populaires (la plupart des logements prévus pour accueillir les classes moyennes n’étaient pas encore attribués) devint le fer de lance de tous les mouvements de contestation et de confrontation avec le pouvoir. Le « 23 de Enero », qui aurait du être un joyau de l’urbanisme social, situé à quinze minutes du centre ville en métro, est devenu très vite un concentré de violence et de misère. Surnommé « la zone rouge » ou encore « la zone subversive », peu de Vénézuéliens osaient s’aventurer. Ses habitants soudés autour des luttes contre le pouvoir ont toujours été « structurés » : depuis plusieurs générations, la communauté a vu éclore d’innombrables groupes politiques, sociaux et culturels très actifs qui ont forgé une mentalité propre au « 23 ».
Aujourd’hui, ce quartier est considéré comme un bastion du chavisme, on pourrait même dire un laboratoire, et c’est ici que les programmes sociaux (« les missions ») du président Chavez ont été expérimentés dès les premiers jours de la « Révolution Bolivarienne ».
Lorsqu’un visiteur est bien accompagné et s’il se garde de paraître par trop sceptique ou offensif dans ses questionnements, il peut alors faire ce que l’on nomme avec ironie du « tourisme révolutionnaire ». Notre objectif au long de cette journée passée au « 23 de Enero » a été de recueillir sans exercer volontairement notre esprit critique la parole de quelques représentants du fameux « processo » en marche... Hasta la victoria !

Avec :
Federico Vegas, architecte, romancier ;
Gustavo Borges, fondateur du site Internet El23.net ;
Juan Contreras, membre fondateur de la Coordination Simon Bolivar ;
Zuleica Mendez Matamoros, membre du Parti Socialiste Unifié du Venezuela ;
Suzana Rodriguez, directrice de la Fondation Culturelle Simon Bolivar ;
Freddy Bernal, ancien maire du quartier Libertador ;
Les animateurs de la radio communautaire La Voz del 23.

Traduction : Mila Ivanovic, Paula Vasquez

Production : Alexandre Héraud
Réalisation : Yvon Croizier



jeudi 3 décembre 2009
> Le Venezuela : voyage au pays de Chavez (4/4) - Attention Monsieur Branger !
Un documentaire d'Alexandre Héraud et Yvon Croizier
Fuir le chaos de Caracas. Convoquer l’échappée belle. Se fondre dans les grands espaces et se laisser séduire par ce pays grand comme deux fois la France et dont la diversité des paysages en fait l’un des pays les plus contrastés de la planète.
Notre dernière étape nous mène vers Les llanos, le « Far West vénézuélien ». Comprenez « les plaines » en espagnol, celles que Humboldt l’explorateur baptisa en son temps « les steppes d’Amérique du Sud ». Les plus vastes étendues de savane du Nord de l’Amérique latine ne couvrent pas moins de 30% du territoire national, et les guides que possèdent les touristes s’y aventurant les préviennent : « La région est hostile et difficile, la vie livre ici une bataille quotidienne face aux éléments (…) ».
Si le voyage est cependant conseillé, c’est que l’endroit est « l’un des plus beaux et étonnants sanctuaires écologiques au monde ». La formule, cette fois, est de Nicolas Hulot !
Sans transition, Chavez est llanero. Il revendique et porte haut cette culture llanera que l’on peut découvrir exposée dans l’étonnant roman de Romulo Gallegos, Dona Barbara, écrit en 1929, et qui reste l’un des classiques de la littérature latino américaine.
Une raison supplémentaire pour ouvrir les portes du « Hato Pinero », le plus célèbre « ranch » du Venezuela, situé au sud-est de l’Etat de Cojedes, dans les Hauts llanos. 85 000 hectares, 17 000 têtes de bétails et une posada pouvant accueillir touristes aisés et scientifiques du monde entier tant la diversité de la faune et de la flore minutieusement protégées ici est exceptionnelle.
Son propriétaire, Francesco Branger, nous a reçu dans un contexte très difficile pour tous les latifundistes menacés d’expropriation par la reforme agraire issue de la « Loi des Terres » votée en 2002 par le gouvernement révolutionnaire.

Avec :
Francesco Branger, propriétaire du Hato Pinero ;
Juan Luis Hernandez, spécialiste des reformes agraires ;
Gertudi, guide de la réserve du Hato Pinero ;
Carlos Gamara et Andrés Rodiguez, llaneros au Hato Pinero ;
Iner Flores, technicien du FONDAS (Fonds de développement agricole socialiste) à San Carlos ;
Abdy Torrealba, membre du Ministère de l’Agriculture et des Terres à San Carlos.

Traduction : Luisa Berlioz et Paula Vasquez.

Production : Alexandre Héraud
Réalisation : Yvon Croizier




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