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émission du dimanche 19 novembre 2006
Cycle Samuel Beckett proposé par Blandine Masson et Juliette Heymann (2/3)
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Le centenaire de la naissance de Samuel Beckett est l’occasion pour nous de revenir sur une œuvre majeure, qui par ailleurs n’a nul besoin de commémorations pour exister, être jouée ou lue.
Samuel Beckett a écrit du théâtre, des romans, de la poésie, des films et… des pièces radiophoniques. Il a découvert la radio grâce à la BBC, qui très tôt, dés les années cinquante lui propose d’écrire. Ce sera « Tous ceux qui tombent » d’abord, puis « Cendres » et « Cascando ».
Samuel Beckett a écrit pour la radio, pour le monde sonore, les voix, le silence. Il a aussi exploré l’objet radiophonique et écrit des pièces de théâtre qui convoquent parfois essentiellement la voix et le texte sur le plateau. C’est ce monde sonore de Beckett que nous avons voulu explorer dans ce cycle du mois de novembre, en proposant avec la collaboration de l’Atelier de création radiophonique et les nuits de France Culture, la quasi intégralité de l’œuvre radiophonique, mais aussi des fragments de pièces enregistrées à leur création et
l’enregistrement en public de deux « pièces limites » dans lesquelles Beckett utilise la bande magnétique et l’écoute d’une manière tout à fait fascinante pour nous, gens de radio.
A travers ce cycle, nous rendrons hommage également à deux artistes qui ont accompagné Samuel Beckett tout au long de sa vie théâtrale et radiophonique en France : Roger Blin et Alain Trutat.
Blandine Masson
« Beckett et l’objet radiophonique »
« Cendres »
Avec Roger Blin, Delphine Seyrig et Jean Martin
Réalisation : Jean-Jacques Vierne
(1ère diffusion : mai 1966)
Avant « la dernière bande », Beckett s’est lancé dans l’écriture d’une pièce radiophonique en anglais qu’il destine à Donald Mc Whinnie, metteur en scène mais qu’il a laissée de côté : « Cendres », qu’il retravaille par la suite, sera adressée en 1959 à la BBC. Cette pièce sera sélectionnée par le jury de la RAI pour le prix Italia. Le succès de "Cendres" conduira la BBC et la radio française à lui passer deux nouvelles commandes radiophoniques : ce sera "Paroles et musique" (musique de John Beckett) et "Cascando", sur une musique de Mihalovici (diffusé en France en 1963).
« La dernière bande »
Diffusion de l’enregistrement public du 5 novembre
Lecture dirigée par André Wilms
En décembre 1957, Beckett a entendu Patrick Magee lire des extraits de "Molloy" et D'un ouvrage abandonné à la BBC. Malgré les parasites qui l'ont obligé à tendre l'oreille pour écouter l'émission, à Paris d'abord, puis à Ussy lors d'une rediffusion programmée quelques jours plus tard, il a été aussi impressionné qu'ému par le timbre typiquement irlandais de la voix de Magee, voix cassée qui porte en elle toute la lassitude, la tristesse, la destruction et les regrets du monde. Il n'a encore jamais rencontré ce comédien qui a déjà joué dans "Tous ceux qui tombent", mais ce qu'il a perçu de la retransmission pourtant médiocre l'incite à "remercier [sa] bonne étoile pour Magee". Le monologue pour la scène qu'il se met à rédiger à quelques semaines de là s'est un temps appelé "Magee Monologue" ; il est prévu pour un personnage décrit dans le premier brouillon manuscrit comme un "vieux au bout du rouleau", qui parle d'une "voix poussive et cassée avec un accent caractéristique".
Il a beaucoup été dit (par Beckett, entre autres) qu'il ignorait tout des magnétophones au moment où il imagine de mettre ainsi au centre d'une de ses pièces cet appareil d'une technologie très sophistiquée pour l'époque. Bien que cela ne soit sans doute pas très contestable sur les détails, on sait d'après sa correspondance qu'il a eu l'occasion de voir fonctionner un magnétophone en janvier 1958, dans les studios parisiens de la BBC, avenue Hoche, le jour où Cecilia Reeves lui a fait écouter les enregistrements des lectures de Magee reçus de Londres. Contempler les bobines qui en se dévidant libéraient les mots écrits par lui, découvrir, fût-ce sommairement, comment marchait l'appareil, aura sûrement compté dans la conception d'une œuvre où différents moments du temps sont capturés pour être ensuite juxtaposés et restitués.
Beckett se met à "La Dernière Bande" le 20 février et, en mars, alors que son travail touche à sa fin, il demande à Donald McWhinnie de lui envoyer la notice d'un magnétophone pour qu'il puisse se familiariser avec son fonctionnement.
Extraits de « Beckett » de James Knowlson, éditions Actes Sud
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Pour célébrer le centenaire de la naissance de Samuel Beckett, une programmation exceptionnelle de 5 pièces du dramaturge irlandais, assortie d'une bibliographie très complète et d'une présentation du Web Beckettien : dossier complet sur FranceCulture.com |
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