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par Arnaud Laporte du lundi au vendredi de 12h à 12h30 et de 12h50 à 13h30 |
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émission du mardi 8 janvier 2008
spéciale Centenaire Simone de Beauvoir
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Il y a cent ans exactement naissait Simone de Beauvoir, auteure éternelle des Mémoires d'une jeune fille rangée et bien sûr du Deuxième sexe.
En liaison avec un colloque international sur Beauvoir qui s'ouvre demain au Réfectoire des Cordeliers à Paris, les deux parties de Tout arrive ! s'attachent aujourd'hui à dresser le portrait de la femme, de son oeuvre, ainsi que son héritage...
Dans la première partie, nos invités décrivent chacun leur rapport personnel à Simone de Beauvoir, ce qui dans son oeuvre a le plus retenu leur attention. Et, avec le temps, ça va bien souvent au-delà de la seule question du féminisme (un peu réductrice).
Mais, en archives, cette première partie offre aussi l'opportunité de réentendre par deux fois Simone de Beauvoir elle-même, sur la réception du Deuxième sexe ou sur le lien féminisme/communisme, lors d'entretiens accordés à quelques dizaines d'années d'intervalle.
En seconde partie, Simone de Beauvoir toujours : en compagnie de nos collaborateurs, on se penche plus en détail sur les trois livres que nos invités Danièle Sallenave, Huguette Bouchardeau et Pierre-Louis Fort ont consacré à la femme philosophe. Ils livrent comme un nouveau regard sur cette oeuvre et cette vie, souvent plus "historique", et regard rendu parfois plus complexe du fait que Beauvoir fut elle-même sa propre biographe.
Et on termine le tour de table et la conversation en s'interrrogeant sur l'héritage laissé aujourd'hui par celle qui aurait eu cent ans demain.

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Julia Kristeva.
Psychanalyste, écrivain. |
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Danièle Sallenave.
Ecrivaine. |
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Pierre-Louis Fort.
Docteur ès-lettres, chargé de cours à l'Université Paris 3 Sorbonne nouvelle et à l'Université Paris 12 Val de Marne. |
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Huguette Bouchardeau.
Ecrivaine. |
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des livres à découvrir |
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Danièle Sallenave

Castor de guerre
Gallimard. Collection Blanche - 3 janvier 2008
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En 1939, au début de la "drôle de guerre", Simone de Beauvoir adresse à Jacques-Laurent Bost, alors mobilisé sur le front, une photo signée : "Castor de guerre". On y entend déjà tous les futurs combats qui seront au cœur de son œuvre et de sa vie : la lutte des femmes, son ralliement aux formes les plus extrêmes de l'émancipation radicale, son opposition à la guerre d'Algérie…
En 1956, Simone de Beauvoir se lance dans cette "imprudente entreprise" de parler de soi et commence la rédaction de son grand cycle autobiographique. En décidant de suivre la chronologie des Mémoires que Simone de Beauvoir a elle-même tracée, Danièle Sallenave emploie une méthode très singulière pour épouser au mieux le destin du castor. Elle déploie le récit d'une vie dans le siècle, montrant les événements qui l'ont marquée du début des années 20 jusqu’à la fin des années 70. Elle fait la chronique des enchantements et des déboires vécus par les intellectuels « de gauche », d'une histoire à laquelle ils ont été intimement mêlés. Et aussi la chronique de ses lectures, de ses voyages, de ses amitiés, de ses amours, et des rapports exceptionnels, par leur nature, leur qualité, leur sens, leur durée, entre elle et Jean-Paul Sartre. En se glissant dans son œuvre, Danièle Sallenave neutralise toute tentation hagiographique et fait jaillir l’intimité de sa pensée contenue dans les mots. Néanmoins, l’auteur ne lui épargne pas la critique, et juge sévèrement ses engagements politiques vis-à-vis de Staline ou de Mao par exemple, ainsi que son attitude parfois cruelle envers ses jeunes « amoureuses » que Sartre et elle se partageaient (telle Bianca Lamblin). Danièle Sallenave réussit à la fois un beau portrait et à faire saisir au lecteur la nécessité, l’urgence qu’il y a à lire Simone de Beauvoir aujourd’hui.
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Huguette Bouchardeau

Simone de Beauvoir
Flammarion - 24 octobre 2007
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Simone de Beauvoir a marqué le XXe siècle, et singulièrement les femmes, par les livres qu'elle a écrits. Depuis l'adolescence, en effet, le désir d'être un « grand écrivain » a orienté sa vie. Mais elle est au moins aussi exemplaire par le couple qu'elle a formé avec Jean-Paul Sartre : couple amoureux, couple inventant de nouvelles formes familiales, morales et sociales, couple engagé dans l'histoire française et internationale, offrant l'image d'intellectuels impliqués dans les combats de l'époque.
En filigrane de cette union, on peut lire les efforts d'une jeune bourgeoise, celle des Mémoires d'une jeune fille rangée, pour échapper à l'étroitesse de son milieu et s'affranchir des tabous. Une personnalité qui vivait avec avidité ses passions : les voyages et les découvertes de toute sorte, les rencontres bien sûr mais aussi les livres, le cinéma, le théâtre, la peinture, et plus encore la musique dont elle était devenue avec Sartre une véritable « connaisseuse ». Tout ceci joint à une autre passion qui peut paraître contradictoire des précédentes, celle de tout maîtriser avec une rigueur absolue : le temps accordé à chacune et à chacun, les textes à comprendre et à retravailler, les budgets, le rythme des vacances... Ce dernier caractère (sa « schizophrénie », disait Sartre) lui donnant cet aspect un peu austère qui fut souvent interprété comme de la rigidité. Alors qu'elle sut être, de manière discrète, généreuse avec des inconnus, et adorée de ses amis.
Tout l'intérêt de cette biographie passionnante que propose Huguette Bouchardeau est justement de rendre sensible la complexité de l'auteur du Deuxième Sexe et des Mandarins, et d'approcher au plus près sa profonde humanité.
- 4ème de couverture -
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Pierre-Louis Fort

Ma mère, la morte : l'écriture du deuil au féminin chez Yourcenar, Beauvoir et Ernaux
Imago - 19 avril 2007
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Ecrire sur la mort de leur mère, se confronter à l'absence ou à la perte, la mettre en mots : au-delà de leurs différences d'époques ou de classes sociales, au-delà de leur variété de parcours de femmes, Marguerite Yourcenar, Simone de Beauvoir et Annie Ernaux ont toutes trois médité sur la mise au tombeau maternelle, qui deviendra l'une des sources de leur oeuvre.
Certes, selon les textes, l'évocation des moments difficiles est plus ou moins marquée, les affects plus ou moins mis en jeu, le chagrin plus ou moins exprimé. Mais, à chaque fois, tout se passe comme si, par ce deuil scriptural, l'écrivain restituait la vie à la défunte, la mettait au monde, devenait, par la grâce du verbe, la mère de sa mère...
Dans une démarche tout à la fois littéraire et psychanalytique, Pierre-Louis Fort analyse avec subtilité ces trois paroles féminines sur la disparition maternelle et contribue, par cette approche originale, à éclairer les liens complexes unissant mère et fille face à la mort.
- Présentation de l'éditeur -
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