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n° 375  
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Julien Szulman

© Marie Herzog

portrait

Au violon, Julien Szulman
13 Octobre 2008

Le jeune violoniste Julien Szulman, lauréat du Concours Marguerite Long-Jacques Thibaud 2005, est l'invité de la série "Déclic" le 22 octobre.

entretien
Julien Szulman, vous êtes violoniste mais vous avez suivi pendant longtemps un double cursus...
— Oui, mes parents étant tous deux professeurs de mathématiques, j’ai moi-même étudié cette matière jusqu’à la licence, et j’ai même été lauréat du Concours général de mathématiques en 2002. J’ai arrêté les mathématiques au moment du Concours Long-Thibaud, mais le violon s'était déjà peu à peu imposé de lui-même car il procure davantage de plaisir, il est porté par un facteur humain qui permet de donner aux autres.

Il y a malgré tout plus d’un lien entre la musique et les mathématiques...
— Oui, bien sûr, les mathématiques forment l’esprit à l’analyse, mais il s’agit d’un atout surtout pour les compositeurs. J’ai toujours étudié les deux disciplines séparément, même si je cherchais dans les mathématiques le jeu, l’ivresse d’évoluer dans un monde parallèle, un monde abstrait, situé en dehors de tout.

Vous avez cité le Concours Long-Thibaud : que vous a apporté le prix que vous avez remporté ?
— C’était en 2005. Pour moi, quand je me suis inscrit, il s’agissait d'un concours très important. Des artistes comme Christian Ferras ou Ivry Gitlis, qui eux aussi ont été lauréats de ce concours, comptaient parmi les idoles de ma jeunesse. Indépendamment du prix que j’ai reçu, je garde un très bon souvenir de ce concours, de son organisation, du fait qu’il s’agit d’une épreuve organisée à Paris, ce qui rend toujours les choses plus faciles quand on est français, même si, d’un autre côté, la pression sur vos épaules est plus forte. Et la reconnaissance qu’on acquiert quand on est lauréat, les concerts, les engagements, etc., sont quelque chose de particulièrement précieux.

Un musicien continue d’apprendre durant toute sa vie, mais peut-on considérer aujourd’hui que vous avez terminé vos études, que vous êtes lancé dans la vie de concertiste ?
— Je suis encore en cycle de perfectionnement au Conservatoire de Paris ainsi qu’à Crémone, en Italie. Ensuite, je crois bien que je continuerai de me perfectionner à l'étranger, probablement en Allemagne. Aujourd’hui, je donne une trentaine de concerts par an, essentiellement en France, mais aussi en Suisse ; j’ai eu également la possibilité de jouer à Séoul et à Shanghaï grâce au Long-Thibaud. J’essaye d’être le plus éclectique possible dans mes choix de répertoire.

Jouez-vous toujours le même violon, ou changez-vous d’instrument lorsque vous abordez la musique baroque par exemple ?
— Je joue un Santo Séraphin de 1735 qui m’est prêté par l’association Zilber. Pour l’instant, je n’ai pas étudié la technique baroque, qui est une technique très différente, qui demande un long apprentissage. La musique contemporaine elle aussi exige beaucoup de temps. Dans ce domaine, j’ai travaillé avec Philippe Hersant et je partirai en décembre prochain pour Londres jouer Messiaen et Carter avec Pierre Boulez au sein de l’Ensemble intercontemporain.

Quel sera votre programme le 22 octobre prochain à Radio France ?
— Avec mon partenaire le pianiste François Dumont, nous jouerons la sonate de Debussy et celle de Janacek, deux partitions écrites par des compositeurs à la fin de leur vie. C’est le cas aussi de la magnifique Sonate pour violon seul de Bartok, que j’interpréterai également.

Propos recueillis par Christian Wasselin

Ce concert sera diffusé ultérieurement sur France Musique.

en savoir plus sur le concert du 22 octobre


voir le site de Julien Szulman



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