Le droit de ne pas voir
Lundi 25 Mai 2009 22:03
Comme Barack Obama nous a déçu lorsqu’il s’est opposé à ce que l'on publie les photographies montrant les sévices / perpétrés par les soldats américains en Irak.
La planète toute entière est très déçue. « Il avait promis ! »
Des militants des droits de l'homme protestent - c'est un droit inaliénable de l'être humain d'avoir son lot quotidien de spectacles de suppliciés. Sous quel prétexte le président américain ose-t-il nous priver de ces photos ? Il parait que leur publication pourrait compliquer les relations entre les Etats-Unis et certains pays musulmans.
Mais surtout, la publication de ces clichés est moralement discutable. Dans le monde actuel, la moindre starlette peut s'opposer à ce que l'on publie une photo d'elle au nom de son droit à l'image, ou du respect de sa vie privée. Nul ne conteste la légitimité de cette requête. Mais si personne ne voudrait remettre en cause le respect de la vie privée pourquoi refuse-t-on aux victimes le respect de la mort privée ? Une célébrité aurait t-elle le droit d'interdire une photo d'elle parce qu'elle y est mal manucurée tandis qu'un anonyme n’aurait pas le droit d'empêcher la publication d'une photo où il a les ongles arrachés ?
Comme si les traitements que ces victimes ont subi ne suffisaient pas, la société du spectacle les prolonge en exhibant leur souffrance. Pas une semaine ne se passe sans que l'on nous assène des images d'authentiques victimes, offrant ainsi en pâture à nos bas instincts, le spectacle du martyr de notre prochain. Tout téléspectateur peut se complaire dans cette joie mauvaise que l’on éprouve au spectacle de la souffrance d’autrui, ce sentiment que Freud nommait la « Shadenfreude ». Et le petit monstre voyeur tapi en chacun de nous, celui qui frémissait à Salo et les 120 jours de Sodome, celui qui se délectait des complaisantes bienveillantes peut nourrir le Sade qui est en lui.
Les films de Pasolini ou les livres de Littel, quel que soit le jugement que l'on porte à leur sujet, étaient des œuvres de fiction. Leurs intentions pouvaient être mauvaises, flattant nos instincts pervers sous prétexte de dénoncer les bourreaux, au moins laissaient elles les victimes tranquilles…
Or chaque semaine on nous propose des films authentiques, des photos 100 % vraies, révélant des images inédites des Sonderkommandos, des napalmés du Vietnam ou des génocidés du Rwanda. Chaque jour on a droit à la fois à Hiroshima mon amour et à Auschwitz mon chou pour reprendre deux œuvres déjà évoquées par Charles Dantzig…
On nous assène ces scènes d'horreurs au nom du droit de savoir, mais pourquoi serait il supérieur au respect du aux victimes ? Et ce droit de savoir a-t-il véritablement les vertus pédagogiques qu'on lui prête ? Se trouve t il encore un homme, de bonne foi et saint d'esprit, pour douter du fait que les SS aient été sadiques et les Tutsis massacrés. Pourquoi faut il montrer la Shoah par balle, l'évoquer avec des mots ne suffit il pas à l'édification de l'opinion publique ? Montrer ou exhiber, cela n'a jamais servi à expliquer. Ce n'est pas en contemplant les victimes que l'on comprendra mieux les bourreaux, et surtout qu'on les empêchera à nouveau de commettre leur crime. Oublierait on que les visions de génocides en direct, au Cambodge, au Darfour n'ont jamais empêché ces génocides ?
Il est interdit de diffuser les photographies d’adultes consentant affairés dans le bonheur, ces images que l’on dit pornographiques. Quand prendra-t-on des mesures pour protéger l’intimité de ceux que le malheur accable ? Comme l’a écrit la philosophe Susan Sontag : « Souffrir est une chose. Vivre avec la photographie de quelqu’un qui souffre ne renforce pas notre aptitude à réellement compatir. Cela peut aussi la corrompre ».
Principe de précaution, piège à cons ?
Dimanche 3 Mai 2009 22:48
Jadis, on disait qu’un peuple libre n’avait qu’un seul ennemi : son gouvernement. C’est peut être pour nous prouver le contraire que notre gouvernement a inventé le principe de précaution. Le principe de précaution, c’est la panique légitime avec un double rôle pour nos dirigeants, à la fois rassurer et inquiéter.
Pour faire peur aux gens, le pouvoir aurait pu les obliger à regarder « Freddy 4 » ou « la nuit des morts vivants »…Mais à quoi bon s’embêter avec le cinéma puisqu’on à la télévision…Depuis quelques temps, le principe de précaution occupe une bonne place au sein des actualités. Les mois derniers, cela nous a permis d’en faire des tonnes avec les accidents d’avion, avec les biberons au Bisphénol A et aujourd’hui, d’en faire énormément, avec la grippe mexicaine.
Nos ancêtres les gaulois réglaient son compte au barde assurancetourix. Et bien pourquoi ne ferions nous pas de même avec risquezéro ? Car le principe de précaution justifie tous les excès médiatiques.
Avec le risque zéro, la logique du plus radical - celui qui ne veut prendre AUCUN RISQUE - est TOUJOURS la meilleure. Peu importe les dégâts collatéraux, par exemple avec la grippe aviaire, ces éleveurs et ces économies ruinées, ces millions de bêtes tuées à peine bonne à servir d’engrais…Le principe de précaution a tout justifié, y compris la lutte CONTRE le SRAS, une maladie qui a fait moins de morts que le soldat inconnu. Puis ce fut la grippe aviaire qui nous incita à la précaution, laquelle fit, je le rappelle, 63 morts dans le monde entier soit autant de dégâts que les accidents d’ascenseurs et de bilboquets réunis. Pendant ce temps là, loin des battages médiatiques, la grippe traditionnelle tuait tranquillement chaque année ses 500000 personnes, le paludisme faisait ses 2 millions de victimes.
En somme, tout cela sent l’arbitraire. Bien sûr, personne ne comprendrait que le gouvernement ne protège pas la population d’un risque qui la menace. Mais ne soyons pas naïfs. Lorsque le pouvoir politique décide de souligner un risque plutôt qu’un autre, c’est toujours avec un arrière pensé. En effet, des menaces possibles, mais non certaines, pour la santé humaine, il en existe une multitude. Certains évoquent la nocivité des lignes à haute tension, ou celle des antennes relais pour téléphone portable. Mais nous, notre choix est fait : c’est les épidémies qu’on préfère, peut-être parce qu’il vaut mieux aider les laboratoires plutôt qu’embêter Areva ou les télécoms. Grâce au principe de précaution, les laboratoires pharmaceutiques ont la peur et l’argent de la peur.
La maladie, c’est très rentable économiquement, surtout dans un pays comme le notre qui adore les médicaments, les vrais, les génériques et même les faux.
Pourtant, ce serait intéressant de savoir ce qu’il adviendrait si l’on remplaçait le temps d’antenne consacré au cochon enrhumé par des nouvelles du chômage, par exemple. C’est vrai, le chômage tue moins que les épidémies, mais pourquoi accorder plus de place à un risque hypothétique plutôt qu’à un fléau – le chômage - qui touche pratiquement 1 français adulte sur 10. Et, dans le même ordre d’idée, pourquoi continuer à insister sur des catastrophes aériennes, pourtant moins meurtrières qu’un seul samedi soir sur la terre ?
Toutefois, je n’aimerais pas terminer cette chronique sans vous donner des conseils pratiques. De nombreux auditeurs nous ont écrit pour savoir si l’on pouvait encore manger des Bacon Cheesse Burger au Mac Donald.
Alors, quand on achète un bacon cheese burger, il faut :
- Jeter la viande, c’est très dangereux.
- Ne toucher surtout pas au pain, il est radioactive, mais ça fait longtemps. En revanche, mangez l’emballage, le carton imbibé de graisse c’est très bon pour ce que vous avez. Si vous avez très faim, préférez le double bacon, il y a plus de carton.
Pour le reste, le gouvernement a tout prévu. 200 millions de masques vont, parait-il, être commandés. 200 millions, c’est beaucoup ? Ben non ça fait 60 millions pour les hommes, 100 millions pour les sangliers et les cochons et 40 millions de masques pour les andouillettes. Sinon le virus risque de muter et de propager l’arthrose parmi les andouillettes. Et l’arthrose de l’andouillette est une maladie terrible. Parce que si elle chope cette saloperie, l’andouillette malade se transforme en nem et elle meurt étouffée entre deux feuilles de salade.
Quand le sage montre la crise, l'imbécile regarde le salaire des patrons
Dimanche 29 Mars 2009 15:20
Ce qu’il y a de triste dans la disparition de Bashung, c’est qu’il est mort sans savoir que les patrons étaient riches. Ben oui, on l’a appris ça cette semaine - il existerait dans notre société des inégalités. L’eau mouille, le feu tue et des dirigeants toucheraient des stocks options, même dans des entreprises qui licencient.
Et ben ça, mon président, ça l’indigne ! Il faut agir… Par exemple, ben, parler, dépasser en parole, rassurez vous, en parole, Besancenot sur sa gauche. A 3 millions de chômeurs les patrons sont indignes, à 3,5 millions ils sont ignobles, à 4 millions ils nous écœurent et si l’on atteint les 4,5 millions, ils deviendront des bâtards de leur race qui puent. Tout le monde est d’accord là-dessus, le Front National brandit Jaurès, le patronat est même « autiste et inconscient » si l’on en croit le gauchiste Alain Minc, nouvelle tête pensante du NPA.
C’est vrai ça : les inégalités, ça ne peut plus durer, il faut faire quelque chose, on n’a jamais été aussi proche de faire quelque chose, ça brule qu’on va faire quelque chose. Au sujet des salaires des patrons, Nicolas Sarkozy va brandir sa méthode miracle : le gérondif. Le gérondif.. hein…Je sens que certains se sentent seuls quand je dis Gérondif / ceux qui n’ont pas eu le bonheur d’étudier la grammaire dans la Princesse de Clèves.
Alors, le gérondif, je le rappelle, c’est une forme verbale qui exprime la simultanéité de deux actions, par exemple « j’y pense en me rasant », ou bien encore, autre exemple, une forme verbale qui peut exprimer des paradoxes comme : « je restaure la justice sociale en maintenant le bouclier fiscal ».
En ce moment, donc, c’est gérondif : on est en train de tout réformer dans le capitalisme, le salaire des patrons, la législation sur les stocks options, le partage des bénéfices. Sarkozy c’est la rupture en rompant. Balladur parlait au passé simple, « Nous décidâmes », Juppé parlait au passé composé, « nous avons décidé », Jospin au passé du conditionnel, « nous aurions dû décidé », Villepin à l’impératif du menton « décidons », Sarkozy mène le gouvernement du gérondif, « celui qui réforme en reformant, en décidant de décider ».
Sarkozy l’a dit : si rien n’est fait d’ici juin, dès la rentrée de septembre on préparera un projet de loi préparatoire. D’ailleurs tiens, dès la semaine prochaine on va faire un décret pour les huit entreprises qui ont reçues des aides public, après seulement on s’occupera des 500.000 autres…Comme ça, ce serait vraiment le diable si la crise finit pas avant l’atterrissage du dernier parachute doré.
A moins qu’on prenne de vrais mesures de justice sociale, taxation des tickets restaurants à 90 %, interdiction du cumul du RMI avec les restaus du cœur.
Et de toute façon, même si par aventure une loi aboutissait à encadrer les stocks options et autres bonus des patrons elle aurait autant d’efficacité que le déménagement de TF1 au siège du Parti Communiste, place du Colonel Fabien. La crise actuelle est la conséquence d’une répartition inéquitable des bénéfices des entreprises. On a tenté d’atténuer ces inégalités en incitant les classes moyennes à s’endetter et ce sont elles qui aujourd’hui payent le prix de la crise. Dans un tel contexte, s’attaquer aux avantages non salariaux des patrons c’est faire de la manucure avant amputation. En polarisant l’opinion publique sur ce thème, on masque les causes réelles de la crise, et l’on substitue à une véritable politique économique, une sorte de magie noire qui vise plus à exorciser les inégalités, qu’à les traiter.
Du coup, puisque Bashung est mort, mais que Claude Levi Strauss est bien vivant, je propose sur l’air de la pensée sauvage, une cérémonie de sacrifice expiatoire du patronnât…
Sort de ce corps stocks options et autres Bonus
Patron, sort de ce corps social
Exorcisons les esprits malins qui ont fait les sub primes…
Le capitalisme sauvage c’est fini, remplaçons le par la pensée sauvage
Finissons en avec la loi de la jungle, faisons entrer les patrons dans le livre de la jungle….
De Bashung et des honneurs nationaux
Samedi 21 Mars 2009 20:20
Il est arrivé à Bashung ce qui peut arriver de pire à un rocker : mourir. Depuis qu’il est mort, il n’a jamais été aussi vivant. Le quotidien Libération de lundi dernier lui était réservé à 98 %, Paris match lui a consacré sa première page, bref y a que la Vie du Rail qui a fait l’impasse, alors qu’eux au moins, ils auraient eu des choses à dire. Quelle tristesse ! Si la perspective d’avoir un biographe peut vous faire renoncer à avoir une vie, le deuil national, peut vous faire réfléchir à deux fois avant de crever.
Le pire, évidemment ce fut les hommages de nos politiques…Enfin, les hommages, c’est vite dit… Ségolène Royal s’est fendu d’un, je cite, « Alain Bashung nous manquera mais il restera parmi nous ». Ca marche aussi à l’envers « Bashung nous restera mais il manquera parmi nous », a part ça, ça fait un peu service minimum… Mon président Sarkozy, lui il a fait fort, il a dit, je le cite, « C’est un prince qui ce soir nous a quitté ». Je vous avoue pas avoir bien compris cette phrase… - le roi c’est qui Johnny, y avait une cour, des bouffons - mais je poursuis l’hommage de Sarkozy : « il écrivait des élégies baroques ». Nicolas Sarkozy parlant d’élégies baroques, c’est beau comme la princesse de Clèves.
Elégies baroques : Ta mort, Bashung, n’aura pas été inutile, elle aura permis au Président de comprendre l’intérêt d’étendre son vocabulaire. Mais ne soyons pas trop cruel avec ce communiqué… N’oublions pas qu’il a été écrit par un énarque qui a été envoyé dans un concert rock juste après son stage ouvrier, avec un jean bien repassé et des baskets de sport…C’est pourquoi ce communiqué se termine par une phrase un peu faiblarde : « Bashung un immense artiste qui marquera l’histoire de la musique ». Honnêtement cette phrase elle est pas top, ca fonctionne avec Doc Gynéco, Bach et Madonna, non je rassure le chef de cabinet de l’Elysée, Bach est toujours vivant…
Bon, sinon, entre nous c’est pratique les longues maladies, parce qu’on a le temps de préparer la nécro. Pour le quotidien Libération, la veille de la mort de Bashung, les 30 pages étaient déjà prêtes. Remarquez, y a mieux encore : Gainsbourg vu son hygiène de vie, la nécro était prête 30 ans avant son décès. Ce qui est dur ce sont les morts accidentelles, genre Ayrton Senna, « Ayrton Senna un immense artiste qui marquera l’histoire de la musique », à l’Elysée on se souvient encore de la bourde, l’énarque qui a écrit cette phrase, maintenant il compte les vaches en Corse.
Non les longues maladies, c’est super confortable, ça permet de rédiger des communiqués genre Bertrand Delanoé, je cite, « L’amour et le respect qu’il portait à son public l’ont maintenu debout malgré la maladie qu’il a combattu avec une dignité et un courage exceptionnel ».
Alors petit conseil pratique : si vous avez une david sevran schreiberite métastasée, surtout faites preuve d’une dignité et d’un courage exceptionnel. Sinon, on dira de vous après votre disparition « le mépris qu’il vouait à son public l’a conduit à se comporter comme un lâche ». C’est très important d’être un cancéreux courageux, ça aide pas la guérison, mais si vous ne le faites pas pour vous, faites le pour celui qui rédige votre notice nécro ! Ça vaut aussi d’ailleurs si vous êtes hypocondriaque – vous imaginez le communiqué pour la mort de Woody Allen, « face à la souffrance, il a été d’un courage imperturbable, son cor au pied qui l’a maintenu alité trois jours, ce pantalon en laine qui piquait qui l’a conduit en observation pendant trois semaines ».
Reste que la mort c’est de plus en plus triste, surtout la mort des Rock Stars ! Hier, quand vous vouliez vivre en marge, vous deveniez Rocker, les garçons tapaient, les filles hurlaient, les adultes avaient peur, brefs les chanteurs étaient comme le disait Ferré, des cris qui n’avaient pas la rosette. Quand un rocker mourait, le président disait, au mieux, entre deux antichambres : « bon débarras ». De Gaulle n’a jamais envoyé de message à la veuve de Jimmy Hendrix, Pompidou n’a probablement jamais songé à celle de Janis Joplin. Seulement voilà, maintenant les rockers ne sont plus tolérés par le système : ils sont au cœur du système. Et pour soulever l’indignation, si l’on en juge par ce qui s’est passé cette semaine, mieux vaut être banquier ou Pape.
Le vrai salaire des cadres, les prix de l'immobilier et le pouvoir des Francs-Maçons
Samedi 14 Mars 2009 16:23
Dans la vie lorsqu’on n’a plus rien à dire on se tait, un ange passe. Dans la presse magazine, lorsqu’on a plus rien à dire on parle des francs maçons, un ange passe, les loges défilent. Faut croire que cette semaine il ne s’est rien passé, par de licenciements, d’Otan ou de Darfour pour que deux de nos news magazines, le Point et l’Express décident de faire leur couverture sur les Francs Maçons. Pour l’Express, ce sont les « Francs maçons au cœur de l’état », pour Le Point, attention c’est pas du tout la même chose, ce sont les « francs maçons de Sarko ».
C’est le Nouvel Obs qui doit faire la gueule. Vous imaginez quand ils ont découvert les couvertures de la concurrence… Ils se sont dit la semaine prochaine, tu va voir ce qu’on va leur mettre, on va faire le vrai salaire des franc maçons, avec un dossier spécial cette semaine on dit tout : « le prix au mètre carré de l’antisémitisme maçonnique nous fait il mal au dos ? »
Si Le Point et l’express ont jugé pertinents de faire leur couverture sur les maçons, c’est qu’un livre de Sophie Coignard a été consacré aux loges, un livre qui a inspiré ce sobre commentaire à Christophe Barbier, patron de l’express : « Du point de vue de l’impact, pour moi ce livre est aussi important que Les Bienveillantes de Jonathan Littell ».
Ben voyons, le 653 eme quick book, livre rapide, consacré aux Francs Maçons, écrit à la va comme je te pousse entre deux a valoir va donc faire date comme les Bienveillantes. Faut qu’il fasse gaffe Barbier parce que lorsque la prochaine édition du Guide Michelin va sortir, il va nous expliquer qu’on a découvert un inédit de Victor Hugo. Non c’est vrai, Barbier il aurait pu dire, la sexualité de Carla on l’a déjà traité, quand on parle des Francs Maçons, au moins on parle pas des protestants, non il a fallut qu’il aille chercher les bienveillantes.
Mais après tout peut être Christophe Barbier a-t-il raison, la parution de ce livre fera date car il marquera non pas la fin du secret maçonnique mais la fin du News Magazine à la française. Le News magazine a été un jour, une nouvelle forme de presse, jeune quand JJSS et Jean Daniel étaient jeunes, est devenu aujourd’hui accumulation de tics étranges aujourd’hui, entre classement des in et des out, échos et indiscrets, les annonces de villa de rêves que plus personne n’achète.
Alors moi j’ai cru mon Barbier, je me suis jeté sur les bonnes feuilles de cet ouvrage majeur sur la maçonnerie pensant que j’allais enfin être initié, apprendre que le Pape était maçon, qu’il avait été initié en même temps que Barak Obama, Bernard Madoff et le grand rabbin de Pyongyang. En ouvrant ce livre, j’ai cru que j’allais trouver une liste de franc maçon a tomber à la renverse, tiens d’ailleurs je remarque que dans le livre de Charles Dantzig, je peux en parler il n’est pas là, y a des listes de tout, sauf de franc maçon, ça donne à penser non ? Et ce Walter qui le remplace aujourd’hui, il ne serait pas de la loge de Dantzig ? Vous imaginez si un franc maçon c’était glissé dans le studio, la, au moment même ou je vous parle ?
Car évidemment dans ce livre sur les francs maçons on ne trouvera rien que l’on n’ait déjà répété des centaines de fois, sauf peut être qu’Antoine Zacharias a été chassé de son poste de PDG du groupe Vinci parce qu’il n’était pas franc maçon, un vrai bon scoop lorsque l’on sait que cet homme est parti en 2006 de chez Vinci lesté d’un parachute doré de 81 millions d’euros, laissant une entreprise mal en point. Ou bien encore qu’Augustin de Romanet, président de la Caisse des dépôts a failli, alors la tenez vous bien, être renvoyé par une cabale maçonnique. Je dis bien a failli parce qu’en fait elle a échoué, il est toujours à son poste.
Bref dans ce livre on n’apprend rien, on ne fait que tomber une fois de plus sur le vieux mythe du complot manigancé par une société secrète, un peu comme si l’express ou le point avait fait en 1788 leur couverture sur le pouvoir des Jésuites. Ainsi la France serait manœuvré par des puissances maçonniques – et ben tiens certains jours on se prendrait presque à rêver que ce soit vrai, il resterait au moins quelqu’un qui posséderait un peu de pouvoir dans ce pays.
Un peu de folklore Corse
Samedi 7 Mars 2009 20:41
Je vais commencer par une révélation : Laurence Garcia n’a pas de résidence secondaire en Corse puisqu’elle a accepté que je fasse cette chronique.
Alors en ce moment, l’actu de la Corse c’est le procès Colonna, avec une exception insulaire. D’habitude, en France, la justice est ultra-rapide. Tenez un exemple vous insultez le garde des sceaux Rachida Dati, moins de 8 mois après, on vous condamne à de la prison avec sursis. Si vous êtes Julien Dray on peut même lancer contre vous une enquête préliminaire et du coup vous condamner médiatiquement avant l’enquête, la vraie. En revanche si vous êtes préfet en Corse, 11 ans après votre meurtre on peut très bien ignorer qui a fait le coup.
Pourtant, on n’avait pas lésiné sur les moyens. Pour découvrir l’assassin du préfet Erignac 360 personnes ont été interrogées sur l’ile, l’équivalent de 60.000 français en Métropole. Mais voilà, y a un vrai problème de santé publique en Corse : beaucoup d’autochtones voient mal et ils n’entendent pas. Les épidémies galopent : six témoins du procès Colonna étaient malades le jour de l’audience. Et ceux qui sont venus, ils sont tous frappés de la maladie d’Alzeihmer, ils ne se souviennent plus, ils savent pas, ils ont dit ça mais ils auraient pu dire autre chose.
Quel que soit le verdict, que l’on sache un jour ou non si Colonna est coupable, ce procès est déjà une grande victoire du cagoulisme Corse, ce mal qui affecte l’île depuis 40 ans. Le cagoulisme, c’est n’est pas du nationalisme. Le cagouliste réclame bruyamment l’autonomie. Mais il la réclame d’autant plus bruyamment qu’il sait qu’il ne l’obtiendra jamais. Ca tombe bien : il n’en veut pas. Son plan secret est de cumuler les bénéfices de l’autonomie et ceux de la dépendance. Bien évidemment, tous les Corse ne sont pas des cagoulistes et tous les cagoulistes ne sont pas Corse.
Le cagoulisme n’est pas non plus du régionalisme. Le régionalisme est apparu en 1961 avec le feuilleton « Ardéchois cœur fidèle ». Cette réalisation de l’inventive ORTF racontait les aventures d’un ardéchois bas du plafond cocu, cocu mais content – d’où son nom, « ardéchois cœur fidèle ». Depuis lors, le régionalisme a engraissé, grâce notamment au vin de Gaillac, au cassoulet de Toulouse à Brice de Nice et à Dany de Boon.
Les cagoulistes Corse ont dit non au nationalisme et au régionalisme. S’ils refusent le régionalisme, c’est qu’il risque de provoquer un afflux d’autres, principalement sous formes de touristes. Dans ces conditions, pourquoi ne pas choisir le nationalisme et en profiter pour fermer les frontières ? Parce que le nationalisme a, aux yeux des indépendantistes corse un défaut : ensuite il faut se taper une nation à gérer.
Et ça c’est compliqué : il faut une constitution, une ambition nationale, parfois même une économie, bref pour créer un pays, le drapeau avec une tête de maure, ça suffit pas.
Les cagoulistes Corse ont réussi à réunir deux ambitions au sein d’un même projet. Avoir de l’argent, comme Al Capone et bénéficier de nombreux soutiens comme Che Guevarra. Ils ont rapidement compris que s’ils continuaient bêtement à braquer des banques ou des superettes, au mieux il risquait de se faire prendre, au pire de passer pour des gangsters.
Alors bien sûr, ce folklore pourrait prêter à sourire si nos cagoulistes ne se livraient pas à intervalle régulier, à des activités de tir au préfet, pensant probablement que le premier meurtre de Préfet, celui de Jean Moulin, était resté depuis trop longtemps inédit. C’est pourquoi il faudra bien un jour s’interroger sur l’immunité dont bénéficient ces brutes fascistoïdes.
Pour rétablir l’état de droit, nos politiques ont parait il, tout essayé. Ils ont surtout alterné lâcheté et pantalonnades…Certains ont même caressé l’idée de déléguer le maintien de la paix, en Corse, aux cagoulistes. Mauvaise idée…Il arrive souvent que les politiques préfèrent une injustice au désordre. Mais à l’arrivée, ils ne récoltent que l’injustice et le désordre.
American Express, Partez sans elle....
Samedi 28 Février 2009 20:08
Souvenez-vous, c’était il y a deux semaines, la Saint Valentin, comme cela parait loin désormais. Terminé l’amour, mes contemporains sont à nouveau méchants…Ben oui, Stéphane Guillon a été méchant avec DSK, Apathie a été méchant avec Guillon, Guillon a été super méchant avec Apathie.
Et bien j’aimerais briser l’engrenage de la méchanceté et faire une chronique d’amour, pas une chronique rose, mieux une chronique saumon comme les pages saumon du figaro économie à la gloire des banquiers du monde entier.
Car cette semaine, une immense nouvelle est passée. Aux Etats-Unis, les cartes de crédit American Express ont offert 300 dollars à leurs moins bons clients pour que ceux-ci clôturent leur compte. Je le redis parce que sinon certains auditeurs pourraient croire à un lapsus auditif, genre Bernard Laporte a été élu à la chaire de philosophie du Collège de France. Les cartes de crédit American Express propose 300 dollars à la portion désespérément peu rentable de sa clientèle pour qu’ils aillent se faire voir ailleurs. Ils ont fait quatre catégories de clients, Top riche, riche, prol et hypra prol et ben les prol et hypra prol on leur dit pas casse toi pauvre con mais cass toi pauvre tout court. A ces petites créatures tellement misérables que pour eux 300 dollars c’est beaucoup, American Express à lancé, prend l’oseille et tire toi.
Peut-être qu’à ce stade de la chronique certains de nos auditeurs qui nous écoutent en ce moment même en Corée du Nord ou à Cuba, non je parle pas pour toi Jack Lang, ne comprennent pas en quoi il est étrange qu’American Express paye pour perdre des clients. Je me dois donc de rappeler à ces mal comprenant que jusqu’au 25 février 2009, le capitalisme reposait sur un principe simple : les clients payaient les producteurs pour acheter leurs produits, les producteurs ne payaient pas les consommateurs pour qu’ils achètent ailleurs. American Express est la première société a avoir déclaré, « plus ils achètent, plus ça me coute ». Quant aux auditeurs qui ne comprennent toujours pas, je leur propose d’envoyer un mail a Laurence Garcia, elle leur donnera 300 dollars pour qu’ils écoutent RTL.
La décision d’American Express pourrait donner des idées à plein de gens. Rolex pourrait par exemple donner de l’argent à Séguéla pour qu’il rende sa Rolex afin de la donner à tous les quinquas nécessiteux qui se souviennent qu’ils ont raté leur vie à chaque fois qu’ils regardent l’heure. Dans le domaine de l’humanitaire, Emmaüs pourrait distribuer à chaque SDF une American Express pour qu’immédiatement après un banquier les supplie de les rendre, contre 300 dollars. Enfin les sites de rencontre pourraient donner 300 dollars aux célibataires les plus difficiles à fourguer, je dis pas ça pour vous Thomas, vous êtes en main.
Bon sinon, cette décision d’American Express donne une idée du désordre mental provoqué par la crise, de la gigantesque bordelisation du système dans lequel nous vivons. Depuis huit mois, ce ne sont pas seulement les bourses qui s’effondrent, ce sont aussi tous les repères sur lesquels le capitalisme reposait. Les banques prônaient la dérégulation, elles supplient désormais l’état de devenir leur actionnaire ; les promoteurs jalousait le logement social, ils rêvent désormais de le servir, quant au plus libéral des politiques tient désormais un discours qui aurait fait rougir Besancenot lui-même il y a un an.
Dans un tel contexte, l’aveu d’American Express doit résonner à nos oreilles comme le premier SOS envoyé par le capitaine du Titanic, le signal faible que le début de la fin a commencé. Le capitalisme est entré en crise en 2007 parce qu’il a essayé de financer par la dette une consommation que le niveau des salaires ne permettait plus d’assurer. Faute de salaire suffisant les occidentaux en général et tout particulièrement les américains utilisaient leur carte de crédit pour boucler leur fin de mois. 40 % des ménages américains, je dis bien 40 %, se révélaient en 2007 incapable de payer la mensualité réclamée par leur carte de crédit à la consommation. Tenter de se séparer de ces ménages, c’est un peu, pour le système bancaire américain, comme si le capitaine du Titanic avait décidé de couper ses moteurs avant de sombrer. Quant à moi j'ai reçu un coup de fil de mon patron. Il m'augmente de 300 dollars si j'arrête immédiatement ce papier.
Merci Eric Besson
Samedi 7 Février 2009 12:14
Ben oui, ce fut une semaine un peu difficile pour moi. Lundi je n’avais pas d’idée pour ma revue de presse du pire. Mardi ce n’était pas mieux. Mercredi je me suis dit que si ça continuait comme ça, samedi à l’antenne j’allais lire le bottin nord coréen, du coup j’ai adressé une prière au Dieu des chroniqueurs – vous pourriez pas me faire un cadeau, je sais pas moi, comme quand Bernard Laporte avait fait lire la lettre de Guy Mocquet aux rugbymen…. Et le dieu des chroniqueurs a été une nouvelle fois miséricordieux : il m’a envoyé Eric Besson. Merci Eric Besson tu m’avais déjà beaucoup aidé pendant la campagne présidentielle, tu avais été moins généreux pendant que tu était secrétaire d’état au machin de la prévision du futur, mais là je te sens super bien à ton nouveau poste, en tout cas je peut te prédire un avenir radieux dans cette rubrique.
Eric, ta dernière proposition d’accorder une carte de séjour de 10 ans à tout immigré qui dénoncera son passeur est tout simplement parfaite. Rien que de la répéter, cette mesure me met en joie - tout y est, la délation, les passeurs, l’immigration clandestine, c’est un vrai sans faute. Cette mesure lance un signal fort au monde entier. Aux Etats Unis, on peut obtenir sa green card, sa carte de séjour, grâce à une loterie, preuve de la place que la providence occupe dans l’imaginaire américain, et bien en France, il suffira de savoir dénoncer, preuve du rôle qu’on entend faire jouer à la délation dans notre cher et vieux pays. L’immigration choisie, c’est ça, attirer des gens qui ont les mêmes valeurs que nous, des balances, des cafards et des rapporteurs à quatre chandelles. Et pour que ces nouveaux français épousent au mieux les valeurs de notre pays, on pourrait aussi franciser leur nom, les appeler tous Lacombe Lucien, ou bien leur faire découvrir notre patrimoine littéraire, Rebatet, Brasillach ou Ramon Fernandez.
Il faut dire qu’en matière d’immigration, y a pas à dire, les symboles on sait les manier. Il y un an et demi on a eu la célèbre proposition relative aux tests ADN, en novembre denier, Brice Hortefeux organisa une conférence consacrée à l'intégration des étrangers en Europe, ou ça … ben à Vichy bien sûr, Nuremberg ça devait être pris. Même un aveugle verrait des échos maréchalistes, volontaires ou non, dans chacune de ces décisions. Inutile de dire qu’aucune considération pragmatique n’inspire ces politiques. La proposition de Test ADN était non seulement moralement discutable : elle était aussi inutile et inefficace. De la même façon, la nouvelle idée de Monsieur Besson ne découragera en rien les réseaux mafieux de passeurs situés hors de nos frontières.
Mais si cette mesure ne sert pas à lutter contre l’immigration clandestine à quoi sert elle ? A scandaliser une partie de l’opinion publique, bien sûr. L’idée de donner une carte de séjour de 10 ans aux délateurs est idiote, inutile et scandaleuse. Ca tombe bien : elle a été conçue pour cela. Voici une proposition conçue pour que tout le monde puisse y reconnaître, sans effort, la marque du pire.
Car l’objet de tout ce cirque n’est pas seulement de faire passer une mesure absurde. L’objectif est bêtement politique : instrumentaliser une nouvelle fois la question de l’immigration. Ca en France, on sait faire : lorsque Mitterrand trouvait que Le Pen ne gênait pas assez la droite il lui donnait un coup de pouce : il évoquait le droit de vote aux immigrés. Pour Mitterrand proposer de donner le droit de vote aux immigrés n’avait pas pour but de permettre aux immigrés de voter. Il s’agissait uniquement d’une provocation qui lui permettait de diviser la droite et de faire grimper le Front National.
Cette fois ci, avec la proposition d’Eric Besson, c’est la droite qui cherche à provoquer la gauche. Le but est de montrer une fois de plus que la gauche est incapable d’apporter une réponse à la question de l’immigration, qu’elle est aveuglée par sa bien pensance et son dogmatisme. Comme si la droite était seule à se donner les moyens de lutter contre l’immigration clandestine, comme si la gauche était condamnée à demeurer fidèle à sa caricature, incapable d’adapter ses bons sentiments aux réalités du pays. Une fois de plus, le parti du bien se révèlera incapable d’incarner une alternative crédible. Et on pourra dire, la gauche a les mains propres, mais elle n’a pas de mains.
Portrait de David Pujadas pour le fou du roi
Mardi 3 Février 2009 13:15
Cher David Pujadas,
Vous avez présenté, paraît-il, 1000 journaux télévisés, ça fait donc déjà 1000 diners que vous nous avez gâché, à grand coup d’otage dans le potage et de grenade dans la pintade. Au moins grâce à vous on sait que « Plus Belle la Vie », c’est sur l’autre chaîne.
Mais ces 30 minutes de cauchemar quotidien, vous ne les emporterez pas au paradis. Vade Retro Pujadas ! Aujourd’hui, durant 5 minutes, je vais vous faire plonger dans votre cauchemar…
Imaginez un peu, il est 19 h 59, vous vous assoupissez et soudain y a ça qui vous réveille ;
[Générique du JT de TF1] – ah ça vous écorche les oreilles ça…
Une blonde fédératrice apparaît : à cette heure là vous devriez déjà être sur le plateau de France 2 mais voila : vous êtes encore dans votre lit. C’est un cauchemar David Pujadas, vous passez dans l’autre monde… Vous traversez le purgatoire, vous y croisez Christine Albanel qui fouette Julien Courbet avec Ray Charles pour seul spectateur. En sortant du purgatoire, une grande pancarte vous barre l’accès au paradis, « interdit aux banquiers, aux journalistes et aux coiffeurs », pourquoi aux coiffeurs allez vous me dire…. ben vous avez vu ce qu’ils ont fait aux journalistes, à Stéphane Bern, PPDA et vous, VOUS avec cet attentat dans les cheveux, une bombe de laque par jour, Mireille Mathieu en plus compact, le trou dans la couche d’ozone c’est vous le responsable…
Bienvenue en enfer, David Pujadas. L’enfer ça ressemble à quoi ? Ben ça ressemble à un open space moins la clim’, y a sureffectif, rien à faire et pas de moyen bref ça ressemble au service public. En enfer vous connaissez tout le monde David Pujadas. Y a par exemple Jean François Copé. Satan l’a rappelé à ses côtés après qu’il ait déclaré « Moi vivant, la redevance n’augmentera pas », y a aussi Yves Mourousi qui vous accueille comme un frère, juste un peu tendu, le journal commence dans quelques instants.
En enfer, y a qu’un JT : le JT de la nuit de la terreur. C’est Mourousi qui le présente, assis sur le bureau de Mitterrand lequel a mauvaise mine, forcément. Mourousi aussi est en petite forme, il regrette sa jeunesse et dit « Ah ! J’ai pu jadis, mais maintenant j’ai Pujadas », oui celle la je l’ai commandé à Vincent ROCA. En enfer, le JT commence par la météo, stable à 1200 degrés, puis la rubrique loisir, un reportage sur les jacuzzis d’huiles bouillantes, carnet rose heureux évènement dans la famille Ben Laden, naissance d’un petit bouc baptisé Belzébuth au zoo de Peshawar et enfin les couples célèbres, Yasser Arafat attend toujours Ariel Sharon au roc d’enfer.
A la fin de son JT, Mourousi super cool vous propose de le suivre pour vous présenter à la tôlière. Et là le cauchemar continue : vous retrouvez Arlette Chabot Fourchue. Arlette est sur des charbons ardents, normal c’est l’endroit, elle tire une gueule je vous dis pas, ben tiens la même que quand elle était vivante, elle dit à Mourousi : « c’est ce naze de Saint Pierre qui t’a envoyé ce bon à rien ? ». Mais Arlette ne peut pas vous envoyer au diable, vous y êtes déjà, elle se débarrasse de vous en vous filant un reportage…
Là, surprise le reportage commence bien, vous êtes seul dans un jet super sympa. Quand soudain, ça vire au cauchemar : viennent s’asseoir PPDA et Pierre Botton, Sarkozy vous rejoint en s’adressant à vous très familièrement – il vous appelle « Ma Puj’ » - vous êtes au niveau 666 sur l’échelle de connivence d’Elkabbach qui en compte 667 – Frédéric Lefebvre vous embrasse comme du bon pain, vous êtes bizarrement habillé, Tee Shirt UMP, pins Xavier Bertrand, une grosse bague Chaumet au doigt, c’est Rachida Dati qui vous l’a confié pour s’en débarrasser, le commandant de bord fonce sur vous, catastrophe, c’est Daniel Schneidermann, il a tout vu, il contacte immédiatement le médiateur de France 2…
Vous passez en jugement. Vous êtes reçu par la commission disciplinaire des journalistes, elle est dirigée par William Leymergie qui commence toutes les séances par le rappel de sa devise, « ne tapez pas sur les journalistes je m’en charge », il préside les séances en compagnie de trois sages, Patrick Le Lay, Steevie et Sébastien Cauet.
Le comité des sages délibère… La sentence tombe, sévère : vous remplacez le correspondant de France 2 au Proche Orient, Charles Enderlain. Les palestiniens vous accusent de partialité, « David c’est juif, non ? », les israéliens vous appellent Puj Hamas, bref à l’issue de votre première semaine de travail vous avez déjà ESSUYE ½ millions de mails d’insultes…
Mais le cauchemar continue : en juin aussi, en enfer, c’est le mercato. Impossible de dormir, votre téléphone sonne toute la nuit : Equidia, la chaîne météo, canal téléachat toutes les audiences microscopiques vous veulent… Quand enfin vous réussissez à trouver le sommeil, vous rêvez de Laurent Delahousse, il vous remplace, présente le journal de France 2 et réunit 75 % de part d’audience / Arlette Chabot lui fait du body body pour le remercier, quand soudain, le téléphone sonne, c’est Sarkozy qui vous appelle… Il vous dit « Bonjour Ma Puj’ », vous lui dites « si vous continuez comme ça Président, je vais vous comparer à un petit garçon ». Sarko vous répond : « Tu veux suivre les traces de l’autre cocker du 20 heures, te retrouver sur France 5 à interviewer Pierre Palmade ? J’ai mieux pour toi ma Puj’ : devenir président de l’audiovisuel public français ».
C’est donc mon nouveau tôlier que j’ai en face de moi. Vous apprendrez, Cher David Pujadas, que l’enfer, c’est pas les autres, c’est ici, à la tour infernale de Radio France. Et ben bienvenue en enfer patron !
Jean Marie Messier Lui Même de retour...
Samedi 31 Janvier 2009 20:32
Aujourd’hui j’aurais pu vous parler d’un livre de cuisine, la gastronomie en dix leçons écrit par Ronald Mac Donald. Ou bien de l’art de recevoir selon Brice Hortefeux. Mais j’ai choisi d’évoquer le dernier opus de Jean Marie Messier, intitulé le « jour ou le ciel nous est tombé sur la tête ». En attendant le traité de Sami Naceri sur la paix intérieure, les cinq leçons sur le progressisme de Benoit XVI voilà Jean Marie Messier qui nous explique pourquoi le capitalisme ne fonctionne plus.
Jean Marie Messier est donc le nouveau protégé de la fondation de la seconde chance. Bénéficiant d’un coup de pouce de la quasi-totalité des médias français, JMM est désormais en piste pour redevenir le grand patron donneur de conseil qu’il n’aurait jamais du cesser d’être. Ne sous estimons pas notre chance : en période de crise, nous avons besoins de grands capitaine d’industrie capable d’affronter la tempête, des capitaines de la trempe de Bernard Tapie de Paul Loup Sulitzer ou Jean Marie Messier.
Car notre Jean Marie, je le rappelle aux moins de cinq ans qui nous écoutent, a symbolisé la bulle qui gonflait les bourses et les égos au tournant du siècle dernier. Jean Marie Messier alias J2M était alors le président de Vivendi, on l’appelait J4M (Jean-Marie Messier, Moi-Même) puis, tout augmentant, J6M (Jean-Marie Messier, Moi-Même Maître du Monde) et enfin J7M (Jean-Marie Messier, Moi-Même, Maître du Monde et de la Musique) lors du rachat d’ Universal. La gestion de Vivendi par J7M mérite très largement de figurer dans le Guinness book des plantages : la société qu’il dirigeait réussit en toute simplicité à déclarer les pertes les plus importantes jamais enregistrées par une société basée en France. En 2002, Vivendi Universal déclara un passif adorable de 14 milliards d’euros, une somme compétitive même comparée aux déficits actuels.
Alors bien sûr, tout le monde a droit à l’erreur, y compris à une erreur de 14 milliards. Mais JMM doté d’un humour peu commun révéla cette perte en l’accompagnant d’une formule qui mérite d’être rappelé : « Le groupe va mieux que bien » déclara t il alors.
« Le groupe va mieux que bien » mérite sa place entre le « nous gagnerons parce que nous sommes les plus forts » de 1939 et le « quand il y a une grève en France, plus personne ne s’en aperçoit » de 2009.
« Le groupe va mieux que bien » : les juges américains apprécièrent ce trait d’humour pas du tout destiné à berner les actionnaires, puisqu’ils condamnèrent JMM à 10 ans d’interdiction de gestion. En France la situation est différente puisque ce personnage peut désormais, en toute impunité à nouveau donner des leçons, inaugurant peut être une nouvelle collection, après la gestion pour les nuls, la gestion par les nuls.
En attendant, JMM fait gagner de l’argent à son éditeur avec son dernier livre. Dans cet ouvrage JMM reconnaît ses erreurs, même s’il faut être vigilant pour s’en apercevoir l’expression « mes erreurs » apparaissant une seule fois page 268. Sinon, ce livre nous met en garde contre les fléaux du capitalisme et notamment un truc terrible qui fout l’humanité en l’air, éloignez les enfants du poste : l’appât du gain. Avouez que ça vaut le coup d’avoir des yeux pour lire des trucs pareils, JMM dénonçant l’appât du gain, l’homme qui se fit naguère loger aux frais de son entreprise dans un appartement new yorkais de 17 millions de dollars plus 6 millions de déco, fait désormais morale commune avec Sœur Emmanuelle.
Enfin, on trouve dans cet ouvrage l’inévitable citation de René Char, p. 297, c’est même à cela qu’on les reconnaît les grands patrons, ils mettent en garde contre l’argent facile et ils citent René Char. Ben oui, comme ils ne peuvent pas évoquer leur proverbe préféré, « si tu veux un ami, achète toi un chien », ils prennent leur citation du dimanche et disent, l’air inspiré, « agir en primitif et prévoir en stratège ». Pour eux la phrase de Char, elle veut dire : « je licencie, j’agis en primitif, donc je prévois en stratège ».
Je propose donc d’organiser une riposte. Puisque Messier cite du René Char, puisque les poètes sont cotés en bourse, allons réciter le CAC 40 au festival d’Avignon. A moins que l’on propose à JMM d’aller faire une lecture de son livre non loin de Davos, dans une autre ville suisse, à Montreux, où se déroule le festival de l’humour.