Drole de campagne
Mardi 4 Novembre 2008 18:11
Drôle de campagne. Coincée entre une crise qui a chamboulé tout le discours pré établi des candidats socialistes et une élection américaine qui eclipse les derniers jours de terrain, généralement utilisés pour mobiliser les troupes.
Interminable campagne . Les leaders se sont lancés dans la course depuis + de 6 mois. Avec une omniprésence médiatique, et cette petite musique d'un orchestre socialiste désaccordé qui n'a toujours pas trouvé son chef.
Etrange campagne où les alliés d'hier se combattent aujourd'hui.Bertrand Delanoé devait logiquement faire affaire avec Martine Aubry pour barrer Ségolène Royal. Raté. Ce duel Aubry-Delanoë, quidomine les débats, a sapé durablement l'élan du maire de paris.
Etonnante campagne qui voit ressurgir dans la dernière ligne droite Royal , laissé pour morte à la rentrée. Sa gestion du temps et son discours de crise lui permettent d'engranger des points précieux au bon moment.
Drole de campagne, où François Hollande aura, à tort ou à raison, aura emmêlé tous les fils de la pelote. Une maille à l'endroit , une maille à l'envers. Début de dénouement Jeudi à minuit
Transgressons, transgressons !!!
Vendredi 31 Octobre 2008 09:59
Non, rassurez vous , "Le Capital" de Marx ne sera pas, de sitot, en tete des best sellers, pas plus que l'excellent " Brève histoire de la Finance mondiale " de John Galbraith, recommandé par l'ami Philippe Lefébure.
Mais il y a là comme l'indication d' un mouvement de fond, , une demande croissante des citoyens de pédagogie , dans ce flot d'images, cette communication de crise, utilisée au 4 coins de la planète par des dirigeants politiques qui semblent etre les otages d'un système sur lequels ils ont, au mieux, fermé les yeux, ou au pire, qu'ils ont encouragés...
Comme si les citoyens, et il suffit de naviguer dans les forums sur Internet, pour le comprendre, comme si les citoyensdisaient " on nous cache presque tout , on nous explique presque rien. "
Et il est vrai qu'on a bien du mal à y voir clair dans ces paradoxes quotidiens.
La journée d'hier est assez édifiante à ce titre.
Un chef de l'état qui fait les gros yeux aux banquiers, avec un volontarisme indéniable, c'est sa qualité politique majeure, les menacant alors que la seule véritable arme serait de nationaliser vraiment pour contraindre ces établissements qui n'ont eu de cesse d'appeler au secours et semblent aujourd'hui rechigner à rendre la monnaie de la pièce qu'on leur a donné .
Face à ce sentiment d'impuissance politique, qui n'est pas aujourd'hui, l'apanage de la France , il y a donc une volonté évidente de comprendre par soi meme et d'aller chercher dans les grands classiques... comme le Capital de Karl Marx, ou Galbraith... Mais il n'y a pas que les valeurs refuges . Il y aussi les travaux menés dans l'ombre partout dans le monde et qui commencent, enfin à émerger alors que leurs auteurs rament depuis 30 ans à contre courant de tout.
Je pense notamment à Donella Meadows, professeur au MIT à Boston qui a consacré sa vie au developpement durable.
Meadows a trouvé une métaphore remarquable pour décrire les inégalités qui frappent aujourd'hui la planète.
Si le monde était un village de 100 habitants, 6 habitants détiendraient 59% des richesses, 2 aurait fait des études supèrieures et un seul possèderait un ordinateur. Voilà qui clarifie sèrieusement les idées.
Je pense à toutes les recherches mené pour encourgaer le développement durable,ou l'investissement dans les énergies renouvelables qui commencent à aboutir. Souvenos nous aussi des ricanements qui ont accueilli la voiture hybrique sortie du Japon. Aujourd'hui, plus personne ne ricane.
Je pense aussi à cette économie sociale qui se développe loin de nos yeux braqués sur le petit bout de la lorgnette. Il aura fallu attendre le prix nobel de la paix de l'indien Mohammad Yunus pour applaudir un sytème qui a pu naitre uniquement parce que Yunus a osé transgresser tous les présupposés économiques.
Je pense enfin à cette démocratie médiatique dont l'un des emblèmes est la journaliste américaine Amy Goodman. Son émission quotidiennet de télé sur Internet, " Démocracy now ", est diffusée aujourd'hui dans plus de 700 stations à travers tout le pays. Uniquement financé par les dons des auditeurs. Au début, les média traditionnels ricanaient. Jusqu'au jour ou bill clinton en personne a démandé à etre recu dans l'émission.
Oui, il se développe, loin de nos yeux aveuglés par la dictature de l'instant, de nouvelles facon de penser et de vivre.
Alors, transgressons, transgressons .... et nous ne serons peut etre pas à l'abri d'une bonne nouvelle.
Black is beautiful....ailleurs !
Jeudi 30 Octobre 2008 15:37
Et à ce stade de ma réflexion matinale je me dis d'abord une chose.
Heureusement ! Heureusement que le vote des militants du ps a lieu le 6 Novembre... Heureusement que les socialistes sont coincés dans leur fin de campagne... Sinon ? Et bien sinon, nous aurions probablement eu droit au défilé des pénitents blancs au qg des démocrates à Chicago. Comme des papillons cherchant un peu de lumière auprés de l'astre Obama, qui , emballe la planète et particulièrement les socialistes...
Vous n'en trouverez pas un, ou alors il faut chercher longtemps, pour ne pas saluer, peut etre un peu trop vite, d'ailleurs le miracle américain qui s'annonce.
Laurent Fabius , qui l'a rencontré il y a fort longtemps à Chicago ou il donne des cours, Laurent Fabius vous le dit droit dans les yeux : il dégageait déjà quelques choses que les autres n'ont pas.
Martine Aubry s'enthousiame pour le discours d'Obama, et sa volonté d'en finir avec l'arrogante suprématie américaine. La maire de Lille passera d'ailleurs la soirée du 4 novmebre avec les démocrates à Paris.
Ségolène Royal, elle , l'a vue , en meeting à Boston en Février dernier , la veille du superstuesday. Rien n'était encore joué avec Hillary Cliton. Un peu décu par le manque de substance du discours, avoue t-elle mais emballée par l'élan de la base face à l'appareil démocrate... suivez mon regard.
Bertrand Delanoé, qui a signé pour son comité de soutien, est le seul aujourd'hui à mettre publiquement un bémol : en rappelant que barak obama reste pour la peine de mort et le commerce des armes... Bref, le ps vote Obama qui est de gauche comme je suis archeveque!
Mais l'ump aussi jette son surmoi par dessus les moulins et s'abandonne avec ivresse à l'obamania la plus torride .
L'un de ses portes paroles , Frédéric Lefèvre se fait filmer , courant à petite foulée avec son tee shirt obama . Et le député Hervé Mariton aura beau dénoncer la dérive gauchiste de ses camarades., si si, on ne rit pas.... tous ou presque se relaient pour passer le message : Nicolas et Barack meme combat... la jeunesse , la volonté de secouer le cocotier, la force vitale, le show, le charisme... Et caeteri etcaetera...
Il est vrai que lors de sa visite à Paris, en juillet dernier, le candidat démocrate a réservé ses plus beaux sourires au chef de l'état, évitant de croiser, meme une minute, une délégation socialiste. Sympa, d'ailleurs, pour John Mac Cain, recu poliement quelques semaines aupravant...Mac Cain pourtant copain de Goerges Bush pourtant copain de Nicolas Sarkozy. On s'y perd un peu.
RELANCE .....
Oui parce que c'est bien joli de plebisciter un black à la Maison Blanche mais il serait peut etre judicieux de balalyer devant notre porte.
Combien de députés ou de sénateur black,ou beurs ?Poser la question c'est déjà y répondre : une poignée seulement.
Bien sur, on m'objectera qu' il y a des symboles à des postes clé : Rachida Dati, Fadela Amara, Rama Yade.
C'est vrai. Mais la clé se trouve dans les élections . Combien de candidat issus de l'immigration ont été investis dans des circonscriptions vraiment gagnables...que ce soit au PS ou à l' UMP ? Quasiment aucun.
Alors, pardon, Mesdames et Messieurs mais y'en a un peu marre de cette hypocrisie française qui célèbre Barack Obama et vérouille son coffre électoral.
Black is beautiful .... surtout de l'autre coté de l'Atlantique.
Le retour des revenants !:
Mercredi 29 Octobre 2008 08:08
Le retour des revenants
D'accord , "revenant" n'est pas un mot trés gentil , surtout à l'approche de la Toussaint. Mais il est tout meme assez juste, pris au sens littéral. Le revenant par définition revient et pas qu'une fois. Plusieurs fois, pendant des années.
Et aux fils des ans, il devient à la politique francaise ce que le boulet est à la chaine!
Qui sont ces revenants qui sifflent sur nos têtes ? Anciens 1er ministre ou ancien chef d'état... A gauche Lionel Jospin et Michel Rocard . Leur compteur respectif s'est arrété sur Matignon, là ou ils révaient d'Elysée.
Etre sans jamais avoir été ! Depuis ? Et bien, Lionel Jospin s'en va, revient, avant de repartir . Nous voilà telles les femmes de marins, engoncés dans nos cirées jaunes guettant sur le quai le retour hypothétique de ce bateau qui tire, quelques coups de canons sur les mauvais élèves socialistes, les mauvais élève ump avant de disparaitre à nouveau derrière la ligne d'horizon.
Michel Rocard lui aussi ressurgit à intervalle régulier. Son plus haut fait d'arme restant la dernière présidentielle. Acte 1 : proposer à Ségolène Royal de se retirer à son profit pour cause de nullitude . Acte 2 : expliquant à quelques jours du 1er tour pourquoi Bayrou était un type formidable. Mais Rocard court à rythme constant : il distirube toujours bons points et bonnets d'ane à longueur d'interviw sur tout type de sujets ou type d'individus .
A droite, Nicolas Sarkozy a eu plus de chance.Valéry Giscard d'Estaing, éternel président de la France est un peu usé par sa guerre de 30 ans avec Jacques Chirac. Les griffes sont émoussés. Quant à Edouard balladur, il est entouré de soins constants inhérents à son statut. La paix passe aussi par les présidences de commissions.
Mais , ils ne sont pas les seuls. Voici Alain Juppé . Lui aussi était programmé pour l'élysée, comme laurent fabius. 2 logiciel parfait. Mais les deux n'ont meme pas pu etre candidat. Si Fabius ne lache pas, Alain Juppé lui pourrait inaugurer le modèle " revenant à l'insu de son plein gré" tant ses petits camarades rêveraient de l'opposer un jour à ce Nicolas qu'ils détestent.Finalement le seul dont on attendrait avec délices les coups de pattes, est le seul qui semble avoir fait voeu de silence.
Jacques Chirac qui a renonce, avec sagesse, à n'etre, politiquement, que l'ombre de lui meme
Alors, il y a l'antimodèle qui nous vient des USA .
Avec ce doux nom " le spoil systèm " ou système des dépouilles.
Croyez vous une seule seconde, qu'il soit possible de trouver un personnel politique avec lequel, comme en France, , on apprend à marcher quand il est élu député, on passe son permis quand il devient ministre, on se marie, quand il devient premier ministre, et parfois meme, on meurt avant lui ! La question du nombre de gens enterrés par les revenants mérite aussi d'ailleurs d'être posée.
Non aux USA, vous jouez, vous gagnez et vous restez dans la photo, ou bien vous jouez, vous perdez et vous faites des fondations comme Al Gore, on vous ressort de votre propriété du massachussets, comme John Keery pour vous faire faire des meetings de soutiens, j'ai bien dit de soutien et pas des meetings peau de banane, pour Barak Obama ou Hillary Clinton.
Mais on vous invite rarement à placer votre grain de sel partout, tout le temps à toute les sauces, surtout les plus piquantes, à l'égard de ceux qui peut etre un jour réussiront là ou vous avez échoué.
Nicolas Sarkozy , Prince de la confusion
Mardi 28 Octobre 2008 07:59
Nicolas Sarkozy, prince de la confusion
Ah comme il parait loin, =le temps de ce slogan ! Ce "travailler plus pour gagner plus ! " version moderne du célèbre " Enrichissez vous , messieurs " lancé par François Guizot, ministre de Louis Phillipe !
Enrcihissez vous mais chut, aujourd'hui c'est un gros mot !
Dans ce flot, que dis je , ce torrent, que dis je cet océan de milliards qui roulent, déboulent ma poule dans les caisses d'on ne sait qui pour soutenir on ne sait quoi exactement, 350 par ci, 1700 par là, 25.000... excusez moi, Eric... je m'étrangle avec ma biscotte... je n'arrive meme pas à prononcer ce chiffre... 25.000 milliards partis en fumée, et les bourses qui chutent et qui remontent !
Mais rassurez vous, Nicolas Sarkozy est là.. Parce que c'est ce que nous explique sa com, ses images, sa mise en scène.. Il est à et presque plus à gauche que moi tu meurs...
De gauche, il l'est le chef de l'état, puisqu'on vous le dit. Dans la tourmente mondiale, le voilà pourfandant le capitalisme amoral : Hou, le vilain !
Stigmatisant les parachutes dorées , fustigeant les paradis fiscaux : Hou, c'est pas bien !
Menacant d'un index vengeur, tel le Dieu de Michel Ange dans la Chappelle sixtine, les financiers responsables du cataclysme : Hou les affreux jojos !
Nationalisant partiellement, interventionniste en diable , sombre et grave comme il se doit dans la tempete.
Oui, socialiste il l'est .....peut etre , Nicolas Sarkozy, comme il l'a lui meme dit devant le parlement européen de Strasbourg , la semaine dernière.
Bref, Nicolas Sarkozy a muté puisqu'on vous le dit, poussant le ps à virer encore plus à gauche...que lui ! Pan sur les banques ! Pan sur la capitalisme financier ! Pan sur les critères de Maastricht ! Et pan et repan ! Mieux que du tir à la carabine à la Fete de l'Huma !
Mais gare à eux, Sarkozy est candidat au Congrés de Reims et ils ne le savent pas encore !
Alors, Nicolas Sarkozy Président de gauche ?
Bien sur que non ! Nicolas Sarkozy reste Nicolas Sarkozy, conservateur ET libéral, sorcier de com et prince de la confusion.
Capable d'annoncer, dans un discours sur la crise à Annecy le retour de la politique, avec un grand P, en glissant au passage la suppression temporaire de la taxe professionnelle . Au bonheur du médef !
Capable d'annoncer la nationalisation partielle des banques et, dans le meme temps, ne pas renoncer à la privatisation de la poste.
Capable aujourd'hui, dans les ardennes, de dévoiler crise oblige, sa mesure d' assouplissement des CDD.
Capapble de plaider le retour en force de l'état tout en dégraissant la fonction publique.
Capable de pourfendre le capitalisme outrancier sans reculer d'un millimètre sur le bouclier fiscal.
Des suprimes purement libérale planquée dans un discours à vocation sociale .
Alors bien sur, la crise va réhausser l'image de Nicolas Sarkozy . C'est normal. Quand il pleut, on s'accroche à son parapluie. En temps de crise, on s'accroche à son Président. Mais tout celà retombera comme un soufflet parce que meme le meilleur communiquant au monde ne peut pas empecher la marche du réel, en l'occurence le rouleau compresseur de la récession.
Quelle solution réelle, efficace, peut sortir de la confusion volontairement entrenue des idélogies, des genres et meme des sentiments ? La réponse est simple : Aucune !
Les paradoxes du Parti Socialiste
Lundi 27 Octobre 2008 08:03
Les paradoxes du Parti Socialiste
Et le premier des paradoxes, c'est la nature meme de ce Congrés !
Ah bien sur , vous ne trouverez personne pour appeler un chat un chat mais le but initial tenait en 2 mots : empechement et revanche...enrobé dans un discours assomant sur la supposée bagarre idélogique.
Tout a été fait pour embourber le calendrier, étirer le temps, user l'adversaire jusqu'à la trame .
Oui, il s'agissait d'abord d' effacer Ségolène Royal de la photo
Caramba encore raté !
Aujourd'hui, Royal qui s'est contrainte à des alliances dont elle ne voulait pas au départ, ne mourra pas à Reims et devrait même , poussée par la crise et son expèrience de la présidentielle faire un bon score.
Deuxième paradoxe : Bertrand Delanoé. Lancé comme une fusée, en juin, par une partie de l'appareil socialiste et médiatique , Delanoé le moderne vit une fin de campagne un peu crispante. L'alchimie n'a pas pris au niveau ou il l'espérait, son " social libéral " lui revient en boomerang, crise oblige.
Plus étonnant encore, le décalage entre les sondages, qui le donnent largement gagnant à Reims et la réalité du terrain, plus grisatre. Delanoé se voyait largement majoritaire en Juin. Il a révisé ses objectifs à la baisse. S'il gagne ce Congrés, c'est à l'arrache !
3ième paradoxe : Martine Aubry et son attelage strauss -fabius. On pouvait imaginer que ca tiraillerait dans tous les coins... pas du tout. Aubry fait une campagne cohérente, classique, à gauche. Pas d'engouement mais des salles souvent bien remplies. Elle tient bien son role de challenger et espère venir chatouiller les pieds de Delanoé et Royal le 6 novembre.
4ième paradoxe : les méthodes Alors que tout le monde plaide pour la rénovation, on prolonge à l'infini les vieiiles lunes... fédération qui votent au canon sur les ordres du chef, Cartes invérifiable dans certains fiefs du nord , torsion de bras, menaces sur les élus " Tu signes ou je te retire ta délégation " C'est parfaitement honteux.
Dernier paradoxe : Lionel Jospin. Absent ET présent. Il aura tiré toutes les ficelles de la motion delanoé- hollande, ressortant à point nommé du bois ou, envoyant son épouse Sylviane, pour dégommer Royal. Mais qu'on se rassure, Jospin a plusieurs diables dans la vie. C'était Fabius à Rennes en 90, C'est Royal à Reims en 2008. Quelle persévérance !
Alors que peut il sortir de ce Congrés ?
Le pire ou le meilleur ! Choisis ton camp camarade !
Le pire, ce serait 2 motions dans un mouchoir de poche. Et personne ne voulant lacher le morceau. Ca, c'est la logique de Rennes.
Le meilleur : un texte qui se dégage clairement, et un ou une leader qui met à la rivière la rancune et le mépris pour créer de la cohésion.
La réalité, c'est que le ps ne peut pas rater son congrés.Il a une obligation de réussite d'abord pour son électorat qui fait tout de meme preuve d'une patience d'ange.
Ensuite pour sa survie . Quelques secondes avant leur disparition de la surface de la terre, les dinosaures machouillaient tranquillement leurs herbages. Et clac, ils ont disparus.
Rien n'est donc éternel, même pas un vieux parti politique.
Le trop ou le pas assez ?
Vendredi 4 Juillet 2008 07:57
Sobre : c'est un adjectif qui ne vient pas imédiatement à l'esprit pour qualifier Nicolas Sarkozy.
Et pourtant , sobre, il l'a été , le chef de l'état, lors de la conférence de presse à l'élysée avec la famille Betancourt Un Sarkozy en retrait, c'est assez rare pour être signalé. Encore plus rare, l'aveu public de Claude Guéant reconnaissant que la France n'était pour rien dans cette libération.
Mais, Nicolas Sarkozy sera guetté au tournant aujourd'hui, quand il accueillera Ingrid Betancourt.
Trop ou pas assez... Reviennent en mémoire deux images d'un meme homme : Jacques Chirac. Juin 2005. Le président accueille Florence Aubenas qui vient d'etre libérée aprés 6 mois de captivité en Irak. Chirac simplement humain, discret malgré sa grande carcasse. Il est vrai qu'il n'y a plus d'enjeu politique pour lui.
Le meme, 17 ans plus tot. Il est alors premier ministre de cohabitation et accueille les otages détenus au liban pendant 3 ans. Jean Paul Kaufman, Marcel Carton et Marcel Fontaine. Nous sommes le 5 mai 1988. Chirac semble plastronner. Normal, nous sommes aussi à 3 jours du second tour de la présidentielle qui l'oppose à François Mitterand. Il ne tirera aucun bénéfice électoral de cette libération.
Trop ou pas assez. Toujours le meme dilemne. Car on ne peut pas se contenter de tabler sur le cynisme , de dénier le droit à un dirigeant d'éprouver une compassion réelle . Personne ne doute un seul instant de la sincérité de Nicolas Sarkozy dans le dossier Betancourt, qu'il a poussé dès le soir de son élection. Mais on ne peut pas non plus s'affranchir des arrières pensées politiques.
Et aujourd'hui, la photo sera unique.
Un président qui manie le pathos mieux que personne accueillera une ex- otage qui , mieux que personne, est parvenu à provoquer une empathie planétaire .
Cette femme, Ingrid Betancourt, dont on oublie qu'avant d'etre otage , elle est femme politique. Ex et peut etre future candidate à la présidentielle. Son prochain adversaire pourrait etre le président Uribe, auquel elle doit sa libération. Raison de plus pour ne pas trop s'attarder en colombie et partir pour la France. Le juste équilibre dans l'attitude et dans les mots, Ingrid Betancourt l'a trouvé, depuis sa libération. Peut etre à méditer pour Nicolas Sarkozy.
Travailler du chapeau
Vendredi 27 Juin 2008 08:11
Je crois qu'on peut le claironner haut et fort ce matin.
Oui, le PS travaille du chapeau. Et je le démontre.
Vous savez certainement que les chapeaux de Francois Mitterrand ont été vendus aux enchères, notamment son célèbre feutre noir
Voilà donc THE chapeau acheté à la salle des ventes par le PS et offert, avec toute la solennité qui s'impose par François Hollande au musée de Jarnac, Mercredi... On voit d'ici le tableau.
Hollande, s'avançant, chapeau en main , goguenard, parce qu'il ne peut pas s'en empecher, remettant le vieux couvre chef, on espère qu'il n'est pas mité, à la conservatrice du musée.
Déclaration émue. La politique, c'est du symbole, et là , on nage en plein.
Ce qu'on ne sait pas, c'est que pendant cette vente aux enchères, un monsieur d'un certain age, installé au fond de la pièce , a acheté de son coté, les panamas de francois Mitterrand, ces chapeaux de paille qu'il portait souvent en vacances. On se souvient de la trés belle photo prise en Egypte, à l'Old Cataract d'Assouan. Et bien figurez vous que ces panamas ont été acheté et livré. Ou ? Rue de solférino ? Non
Et bien au Conseil Régional de Poitou Charente, offerts à Ségolène Royal et accompagnés d'une jolie lettre, qui dit en gros " plus que tout autre, vous méritez de recevoir ces chapeaux. J'espère que leur bon fluide vous accompagnera vers la victoire " C'est évidemment trés flatteur, cette histoire, pour l'ex candidate qui revendique souvent sa lignée mitterrandienne.
Mais c'est aussi trés cocasse.
D'abord parce qu'on réalise qu'il existe des électeurs socialistes suffisamment riches, ca c'est une info, et désespérés par l'état de ce parti pour offrir des gri-gri à la candidate de leur coeur en espérant que ca la protègera des vents mauvais... Je ne sais pas combien ce monsieur a payé ces chapeaux à épouvantail mais c'est certainement plus cher qu'un crucifix et une gousse d'ail et probablement moins efficace contre les vampires.
Cocasse ensuite parce que Mitterrand étant le seul socialiste à avoir gagné un jour une présidentielle , tout le monde cherche le talisman perdu. Heureusement qu'il n'y a pas d'ossuaire. Imaginez les vols , la nuit, pour récupérer un bout de fémur ou de tibia.
Enfin et surtout parce que meme les symbole ne se partagent plus entre camarade. Faire chapeau à part, ca n'est pas banal mais ca en dit beaucoup.
Respect, qu'ils disaient....
Lundi 23 Juin 2008 08:09
C'est avec une certaine gourmandise que j'écoutais hier Martine Aubry expliquant que les socialistes doivent se respecter plus" .
Et on a envie de la prendre au mot, Martine Aubry
Le respect, ce serait d'abord celui des personnes .
Va t-on rejouer ad vitam aeternam Sainte Blandine - Royal jetée dans la fosses aux éléphants ? L'ex candidate à la présidentielle n'a pas volé, que je sache, sa désignation massive en 2006. A t-elle démérité à ce point, en 2007, a t-elle trahi à ce point pour lui faire un procés permanent en illégitimitude alors qu'on recycle en loucedé, dans tous les textes, la plupart de ses thèmes ? Certes, Ségolène Royal l'a beaucoup trop dit haut et fort : elle n'aime pas les éléphants et vice versa mais on frise quand meme le déli de sale gueule.
Va t-on frapper d'indignité nationale françois hollande ? Certes, Hollande ,prince de l'enfumage , a embourbé le calendrier pour son interet personnel, générant en parti ce climat délétère.
Mais osons rappeler , qu'en Avril 2002 , quand tout partait en barigoule, c'est lui qui s'y est collé, lui qui a tenté de maintenir, bon gré mal gré, un semblant d'unité. Et ceux qui moquent à longueur de journée ses synthèse molles ont été les premiers à signer des 2 mains et des 2 pieds ces synthèses.
Va t-on reprocher à Bertrand Delanoé ses ambitions ? Certes, le couplet sur le bon élève socialiste nous fait doucement rigoler. On a oublié la campagne de paris en 2001, le mépris général pour ce petit chose, qui avait l"outrecuidance de vouloir conquérir la capitale. Delanoé a toujours gardé un pied dedans un pied dehors. Mais aujourd'hui, meme si sa popularité ne fait pas encore bouger les lignes dans les fédérations, il a parfaitement le droit de postuler à la direction du ps et plus si affinité.
Va t-on enfin reprocher jusqu'à la fin des temps à Martine Aubry ses ambitions ? Certes , la dame des 35H est certainement la plus vacharde à l'égard de ses camarades... cette dent dure qui l'a souvent perdue... Mais elle n'a pas démérité et a bien le droit,d'aspirer à autre chose qu'à la mairie de Lille.
Le respect, ce serait aussi celui des militants. Imaginez ce qu'ils ont enduré ces militants, depuis 3 ans. Un référendum européen destructeur une primaire abominable, une présidentielle dans l'adversité et un congrés aux dés pipés.Tu m'étonnes qu'ils boudent un peu. On l'a vu à lille jeudi dernier : l'affiche aubry-delanoé a rameuté 200 personnes à tout casser. Manière de dire, peut etre : vous nous faites tous suer !
Le respect , c'est enfin celui des électeurs. Combien de temps accepteront ils de se tourner vers un parti qui est d'abord obsédé par lui meme et ne vit qu'au rythme de lui meme. Certes , on nous ressortira les victoires municipales. Mais , rappelons que le taux d'abstention n'a jamais été aussi élevé.
Voilà un sacré signal d'alarme mais il n'est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir.
En réalité, personne aujourd'hui n'a de majorité mais personne n'est disqualifié : pas plus Delanoé , Aubry que Royal. Ils ont donc le choix des armes. Décider, coute que coute, de faire de ce Congrés de Reims un grand moment de démocratie et de clarification , ou passer totalement à coté, s'enfermer dans des faux débats sémantiques et des véritables haines personnelle.
En se coupant du pays réel qui un jour, pourrait etre tenté de leur dire zut !
Parce que rien n'est éternel.
Du Capitole à la Roche Tarpéienne
Vendredi 13 Juin 2008 08:06
Il aurait pourtant du le savoir, Patrick Poivre D'arvor... Il aurait pourtant du , le savoir depuis le temps qu'il passe entre toutes les gouttes de tous les pouvoirs, qu'il traverse toutes les tempetes sous tous les cranes, avec ce ton sucré-salé qui sait parler à la France d'en bas et au dirigeant d'en haut...
Il aurait pourtant du le savoir qu'à la Cour de France, on ne doit pas vexer le Prince. Qu'il soit de gauche ou de droite. En l'occurence, il est de droite , s'appelle Nicolas Sarkozy et semble avoir pris ombrage d'être traité, il y a peu, de petit garcon, par PPDA lors d'une interview . Poivre s'en est expliqué, Mercredi soir en citant une phrase de Saint Exupéry " en tout homme, il existe toujours le petit enfant"
Un ton trés bien élevé, mais légèrement ironique... la poivritude dans son essence.
Mais hier soir ce ton a radicalement changé. Communiqué . Le présentateur viré reproche à la direction la brutalité de la décision et met en avant son indépendance et son professionalisme.Un communiqué comme le chant du cygne d'un demi-dieu télévisuel débarqué brutalement de l'Olympe au profit d'une demie-déesse qui a l'heur, dit on, de convenir à Jupiter.
Voilà l'histoire éternelle des liens complexes , parfois mortifères, entre les gouvernants et les journalistes, l'acharnement des premiers à contraindre ou amadouer les seconds, la difficulté des seconds à se détacher de l'emprise des premiers, sans perdre ce lien qui garantit l'influence. Une élasticité qui parfois, vous fait atteindre le sommet du capitole pour vous faire rouler , parfois, jusqu'à la roche tarpéienne.
La répudiation touche aussi les membres de la famille. Olivier Poivre d'Arvor, frère de...racontait lundi soir, à quelques amis comment Bernard Kouchner l'avait appelé dans la matinée pour lui proposer une ambassade... une seconde de joie... suivie d'une minute de silence. Il s'agissait de l'ambassade du..... Kazakstan, petit pays difficile à situer sur une carte.
Patrick débarqué , Olivier aux barbaresques. Banalité affligeante de la comédie humaine. Pas de quoi s'en réjouir. Pas de quoi non plus s'en effrayer.