S’il arrive qu’un blog donne naissance à un livre, le contraire peut également se produire. Cela devient alors une opération de marketing. Exemple avec « Objectif zéro sale con », ouvrage un rien provocateur sorti ces jours-ci sous la plume de Robert Sutton, un prof de management dont le moins qu’on puisse dire est qu’il a pignon sur rue. Ce monsieur officie, en effet, à la Stanford Engineering school. Cela vous pose un homme, sans compter que celui-ci peut se targuer de nombreuses publications, dont une centaine d’articles remarqués, forcément. Sa thèse tient en une phrase, extraite de son blog : « le pouvoir transforme les gens en conards égoïstes et insensibles, qui agissent comme si les règles que nous, les autres, devons respecter, ne s’appliquaient pas à eux ». Démonstration avec le test dit des « petits gâteaux », que je vous invite à découvrir en ligne. Et tant que vous y serez, en ligne, vous pourrez vous tester vous même. Voici, à titre d’exemples, quelques une des questions auxquelles vous devrez répondre –par la négative, sous peine de vous ranger dans la catégorie honnie.
« Vous pensez que vos collègues sont forcément des rivaux ? » « Vous étiez quelqu’un de très bien avant de commencer à travailler avec ce ramassis de crétins ? »
« Quand vous apparaissez dans une assemblée joyeuse (par exemple un pot de bureau) les rires s’interrompent immédiatement ? » Autant de signes inquiétants.
Mais voici le plus intéressant de ce blog : il est interactif. En clair, Robert Sutton ne se contente pas d’offrir de longs extraits de son livre, il propose aux internautes d’envoyer leurs « histoires de sale cons » : comment ils vous empoisonnent la vie et surtout comment vous vous en êtes débarrassé. Le résultat est inégal, mais ce n’est pas une raison pour ne pas y jeter un œil.
Chronique Alexandre Boussageon