par Alexandre Boussageon
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mardi 19 juin 2007

La Caisse !

C’est le blog de la caissière. Une caissière, devrais-je dire, mais ce personnage est devenu à tel point emblématique de notre mode de vie que l’individu, d’une certaine manière, s’efface derrière la fonction. Et c’est peut-être ce qui agace notre blogueuse. Elle tient néanmoins à demeurer anonyme : dans la grande distribution, on ne sait jamais. Pour autant son journal en ligne ne ressemble ni à un tract syndical, ni à un filet de bile. Car depuis sa caisse, elle observe nos habitudes. Comme celle qui consiste à entamer les provisions avant même de les payer. Si, si cela se produit souvent. « Le défilé des gens qui mangent dans les rayons entre midi et deux heures est impressionnant », écrit-elle. « Il y a ceux qui en ont plein la bouche » et qui n’arrivent même plus à parler quand ils arrivent à la caisse, « ceux qui vous tendent un paquet de gâteaux vide », et ceux qui laissent dans les rayons les emballages délestés de leur contenu–c’est plus économique. Elle a même vu un client qui avait ingurgité entre le rayon frais et les caisses un camembert entier.

Autre sujet d’étonnement, les produits qu’elle qualifie de « gênants », au premier rang desquels les préservatifs, suivis des serviettes hygiéniques, ces dernières souvent achetées par des hommes, soit dit en passant.

Il faudrait aussi parler des clients saouls, des grossiers, des indélicats. Mais tous les jours ne se ressemblent pas en ce point stratégique des grandes surfaces. Ainsi le samedi est-il une manière d’enfer. Un samedi « normal », c'est entre 300 et 400 personnes qui se pressent à chaque caisse avec leurs packs d’eau minérale, leur litière à chat, leur lait écrémé, leurs nouilles, leurs gâteaux secs et que sais-je encore. Et après ça, sur le coup de 20 heures 30, quand la dernière ménagère a vidé son dernier caddy, il faut encore nettoyer le poste de travail et faire sa caisse.

Allez, c’est promis, samedi au supermarché je fais un effort d’amabilité. Cela ne changera pas la vie de la caissière, c’est sûr, mais ce sera au moins ça.

Alexandre Boussageon


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