par Bernard Maris
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vendredi 5 octobre 2007

L'importance de la fonction publique...

Une décision attendue mais importante... la Banque Centrale Européenne n’a pas relevé ses taux directeurs hier... Signe que les membres du conseil de politique monétaire prennent en compte le ralentissement conjoncturel actuel mais aussi la faiblesse du dollar et des monnaies asiatiques vis-à-vis de l’euro... Pendant la conférence de presse qui a suivi, le président de la BCE Jean Claude Trichet s’est tout de même déclaré prêt à parer aux risques d'inflation si besoin...

LE guichet unique pour les impots... Le ministère de l’Economie va fusionner ses deux grandes directions... Les impôts et la Comptabilité Publique... Le ministre du budget Eric Woerth a présenté hier le projet... qui prévoit notamment la création d’un guichet unique pour les impôts des particuliers à la place des actuels trésoreries publiques et centres des impots... L’opération permettra également des réductions d’effectifs, même si le ministre précise ne pas avoir d’objectifs en la matière... Rappelons que Bercy est le seul ministère à ne pas avoir remplacé un départ en retraite sur deux depuis 2002...

La conférence sociale sur les conditions de travail a permis des avancées, selon les participants (gouvernement et partenaires sociaux)... Syndicats de salariés et Organisations patronales estiment que tout reste à faire... mais le départ de ces négociations est jugé plutôt encourageant, notamment sur la prévention des risques ou encore le droit d’alerte des salariés dans les petites entreprises...

A suivre aujourd’hui, la grève des internes dans les hopitaux et les négociations sur le licenciement...

Les 15 000 étudiants en internat de médecine sont appelé à la grève par plusieurs syndicats pour défendre la liberté d’installation des professionnels de santé que le gouvernement veut limiter...

Sinon, c'est ce matin que débutent les négociations syndicats-patronat sur les conditions de rupture du contrat de travail... Dans une note envoyée au syndicat, le Medef a précisé hier sa proposition de "séparation à l'amiable" qui vise à réduire le coût des licenciements pour les entreprises...

Et puis demain à 9h10 sur France Inter, l’émission Rue des Entrepreneurs posera la question de l’efficacité du boycott et autres sanctions économiques contre les dictatures...


l'autre économie - Bernard Maris

Bernard Maris bonjour... l’autre économie comme tous les vendredi... et un sujet qui vous tient particulièrement à cœur ce matin... l’importance de la fonction publique...

La fonction publique est dans l’autre économie. Elle n’est pas dans le marché. Le contrat du fonctionnaire n’est pas un contrat de travail de droit commun. Le fonctionnaire a la stabilité et la pérennité de l’emploi. Vous savez qu’il y a aujourd’hui comme une chasse au fonctionnaire, on supprime des emplois de fonctionnaires au nom des économies de dépenses. Ces économies de dépenses sont dérisoires, elles ne représentent rien dans la masse des salaires de la fonction publique. C’est donc plutôt l’efficacité de l’Etat qui est en cause. Mais cette notion d’efficacité est particulièrement perverse. Je voudrais prendre trois exemples de fonctionnaires : le juge, le percepteur, et le chercheur. Ce qui appelle plusieurs remarques : 1) si l’on a créé le statut de fonctionnaire, c’est pour avoir des agents de l’Etat intègres, compétents, et impartiaux. Assurant en plus un service public. Pour être intègre il faut échapper au pouvoir politique, à l’arbitraire et au favoritisme. Echapper à la corruption d’un autre coté, donc être relativement bien payé. Prenons par exemple le cas des juges. Ils doivent échapper en théorie à la pression des politiques et des justiciables. Alexis de Tocqueville prétendait que, hélas, la justice ne peut être assurée que par des gens très riches, ayant déjà fait fortune, sinon ils seraient trop tenté de s’enrichir. Le statut de la fonction publique a permis de remédier à ce « hélas » de Tocqueville. C’est pourquoi la Suède, qui a permis à tous les fonctionnaires de sortir de leur statut, l’a interdit aux juges. Elle interdit ainsi le pantouflage, le fait pour un juge d’aller expliquer à des personnes privées comment échapper à la justice.

Autre exemple intéressant, la perception des impôts...

La aussi la fonction publique a permis d’échapper à la collecte privée de l’impôt (les fameux fermiers généraux de l’Ancien Régime), collecte qui était totalement inefficace. Beaucoup de fuites dans la collecte de l’impôt. Pour cette raison on avait à l’origine distingué le calcul et la collecte de l’impôt.

Le cas du chercheur est également très intéressant. Pourquoi avoir des chercheurs qui relèvent de la dépense publique, et ne soient pas financés par des entreprises. D’une part parce que la vocation de chercheur n’est pas une vocation marchande – on ne fait pas ça pour gagner de l’argent, surtout en France, et d’autre part parce qu’on ne sait ce qu’on va trouver, c’est le principe même de la recherche. Il faut accepter un investissement à fonds perdu. Mais le privé peut faire ces investissements à fonds perdus. Sauf si ces investissements sont immenses : le cyclotron, une navette spatiale, un nouveau réacteur nucléaire etc. Ou encore un avion militaire, comme le Rafale, dont la conception dépend de la commande publique. Chassez le public par la porte, il revient par la fenêtre !


la revue de presse économique

"Le Médef abat ses cartes pour la réforme des licenciements" titre les Echos

Dans une note transmise aux syndicats, il a précisé hier ce qu'il entend par "séparation à l'amiable" entre guillemets... Le salarié n'aurait plus que quinze jours pour changer d'avis et la seule contestation possible de cette rupture à l'amiable serait le cas de signature forcée pour le salarié... Les négociations reprennent ce matin...

Toujours dans les Echos vous lirez que la polémique enfle sur le rôle de l'Etat dans l'affaire EADS... Le ministre de l'économie de l'époque, Thierry Breton, sera auditionné aujourd'hui au Sénat (souligne le journal qui cite ces propos de François Hollande hier: "Si l'Etat savait et a laissé faire, nous sommes en présence d'une affaire d'Etat" affirme le secrétaire général du PS...

De leur coté, Le Figaro éco et la Tribune mettent en avant la décision de la Banque Centrale Européenne de ne pas relever ses taux directeurs... "la BCE décrète une pause jusqu'en Décembre(titre la Tribune) tandis que, pour le Figaro, "la BCE garde le cap"

Sur le même sujet, les Echos évoquent l'appel de Jean ClaudeTrichet à la "discipline verbale" ... le président de la banque centrale a rappelé les politiques à l'ordre (pourrez vous lire)


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