Lundi 23 03 09
Le revenu minimum d’existence, est-il au cœur de l’autre économie ?
Au cœur... Disons qu’il lui appartient. Le revenu minimum d’existence, ou l’allocation universelle d’existence : un revenu que l’on donne à tout être humain, riche ou pauvre, et qu’il peut toucher toute sa vie... Et qu’il peut cumuler avec n’importe quel revenu d’activité, ou de patrimoine sans restriction ! Et que donner en échange de ce revenu minimum ? Rien. Rien d’obligatoire. Ce ne serait même pas un revenu d’insertion. Pas obligé de travailler. Une partie de l’intelligentzia de gauche est contre ce revenu minimum car il excluerait de fait une grande partie de la population du travail. En revanche, certains intellectuels de droite ou du centre y sont favorable : le philosophe John Rawls par exemple, le philosophe économiste Philippe Van Parijs. Edouard Balladur, Christine Boutin… sont assez favorables à ce revenu.
Pourquoi un revenu minimum sans contrepartie ?
Parce que, dit le philosophe américain Rawls, tout être humain, sur la terre, a droit à l’éducation, et à la santé. On peut aussi ajouter le logement, la santé, l’eau... que sais-je. Tout être humain, qu’il travaille ou non. Ces droits sont des droits sur ce qu’il appelle des biens fondamentaux. Le revenu minimum permet de détacher l’existence du travail. Ce qui pose deux problèmes : 1) le travail est un phénomène collectif, qui crée du lien. Les titulaires du revenu minimum échappent à la à la société du travail.
Et la 2° question : Comment payer ?
Des économistes ont calculé ce que coûterait le revenu d’existence à la France. Par exemple le professeur Yoland Bresson. On ouvre un compte pour chaque français (60 millions de comptes donc) sur lequel on verse 300 euros par mois. Le revenu d’existence représente donc à peu près 14.5% du PIB. Avec ce compte personnel, on aura accès à deux biens fondamentaux : éducation et santé.
On introduit une coupure entre la production et la distribution des richesses ?
Exactement. L’image est celle de la distribution d’un jeu de cartes, où chacun a droit à un as d’atout. On ne peut donc plus accuser la malchance. Ensuite, à chacun de nous de jouer avec plus ou moins de talent. La compétitivé de l’économie nationale serait même accrue. Et le professeur Bresson de citer l’exemple de l’Alaska, qui a introduit depuis trois ans le revenu minimum d’existence. L’Alaska était l’Etat américain avec le plus fort taux de chômage et la plus faible croissance. Les choses se sont inversées. Le courant migratoire s’est inversé aussi. Les talents ne quittent plus l’Alaska. En fait, le revenu d’existence est, tout simplement, un droit à l’autonomie.
Le livre du jour : « Une clémente économie ; au-delà du revenu d’existence », par Yoland Bresson, L’esprit frappeur.