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mardi 29 septembre 2009

Les laissés pour compte de la réforme de l’enseignement professionnel


L'enseignement professionnel a été réformé l’an dernier. Il concerne 700 000 élèves, un lycéen sur trois. Et pour cette rentrée, beaucoup d’entre eux n'ont pas été orientés dans les filières de leur choix, faute de place ; d'autres n'ont pas du tout eu de place. C'est la réalité déplorée par des parents et des enseignants. Plusieurs milliers d’élèves sur la touche. Avant, il existait des BEP, des CAP et des Bac professionnels avec des cycles de quatre ans. Aujourd'hui, les parcours se font en trois années. De nombreuses filières de BEP ont été supprimées, l'accès au CAP limité. Résultat : un manque de classes et donc des élèves sur le carreau. Voici à quoi peut ressembler l'emploi du temps d'une lycéenne de 16 ans dans cette situation (interview).

Car le rythme de l'école, Justine l'a perdu. Depuis la rentrée, elle est descolarisée pour cause de surcharge de classe. En seconde l'année dernière, Justine a souhaité se réorienter et faire un BEP sanitaire et social. Refus pour manque de place. Dans un premier temps, on lui a suggéré de redoubler sa seconde puis on lui a dit qu'elle ne pouvait plus être accueillie au lycée, où les effectifs sont pléthoriques. Pour sa maman, assistante maternelle, cette situation est surréaliste (interview).

Justine n'est pas un cas isolé. Dans les Alpes de Haute-Provence, des élèves n'ont pas de place en lycée professionnel. Ils sont obligés de redoubler leur troisième. En Seine-Saint-Denis, 300 dossiers ont été perdus par l'Académie. Des enfants sont sans affectation. Le point avec Christiane Allain de la Fédération des Conseils de parents d'Elèves des Ecoles Publiques (interview).

La solution pour Justine. Depuis plusieurs semaines, elle prend un antidépresseur (interview).

Quel était le but de cette réforme de l’enseignement professionnel ?

Initialement, le but était double : élever le niveau de qualification des jeunes en les amenant jusqu'au bac et éviter les sorties du système scolaire sans diplome. Une belle vitrine selon le Syndicat National Unitaire de l'Enseignement Professionnel. Ce syndicat estime que cette réforme s'inscrit dans la logique du non remplacement d'un fonctionnaire sur deux dans l'éducation nationale. Jérome Dammeray est l'un de ses représentants (interview).

Des élèves ont en effet été invités à s'inscrire en apprentissage. Mais pour cela, il faut un contrat de travail. Très difficile à obtenir en temps de crise. Du côté des parents d'élèves, on considère que l'école publique ne remplit pas son rôle. Beaucoup souhaitent que le ministère joue la carte de la transparence et indique combien de places de BEP et de CAP ont disparu.


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Un reportage d’Emmanuelle Daviet.


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