« Ce beau guerrier vêtu de lames et de plaques,
Semble un crustacé noir, gigantesque et vermeil
Et son pas plus hâtif fait reluire le soleil Les deux antennes d’or qui tremblent à son casque. »
José Maria de Hérédia « Le samouraï »
Le 25 novembre 1970, à Tokyo, dans le bureau du chef d’état major des forces de défense un homme de 45 ans, se donnait la mort selon le rituel séculaire des Samouraïs. Il défit sa ceinture, replia sous ses cuisses le haut de son pantalon et s’ouvrit le ventre avec un poignard tandis qu’a deux pas derrière lui un de ses amis tenait levé un vieux sabre du XVI° siècle avec lequel il allait lui donner le coup de grâce. C’est ainsi que devant quelques officiers incrédules, l’écrivain le plus célèbre du Japon, Yukyo Mishima, replongeait son pays dans un passé qu’on croyait révolu depuis longtemps. Cette époque où avec leurs armures de cuir et de métal, leurs casque leurs masques terrifiants et avec leur célèbre sabre (le katana) qu’ils étaient les seuls à pouvoir porter, les Samouraïs ont dominé l’histoire du Japon pendant 700 ans.