par Paula Jacques
le dimanche de 14h05 à 16h
dimanche 7 mars 2010
Pierre BOUVIER - Yoram KANIUK - Kamen KALEV
« Un jour le nègre s’empara de la cravate du Blanc, se saisit d’un chapeau melon, s’en affubla et partit en riant ; Ce n’était qu’un jeu, mais le nègre se laissa prendre. » C’est vis-à-vis de cette attitude - les faux semblants identitaires du colonisé - que les deux écrivains martiniquais, Aimé Césaire, le poète de la négritude, et Frantz Fanon, le médecin psychiatre, vont tout engager d’eux-mêmes (la vie et l’œuvre) dans la lutte contre le colonialisme et l’héritage de la traite des noirs. Dans un ouvrage exhaustif et passionnant, l’historien Pierre Bouvier, croise le destin de ces deux éveilleurs de conscience. Le livre « Aimé Césaire et Frantz Fanon, portraits de décolonisés », paraît aux éditions Les Belles Lettres et Pierre Bouvier est le premier invité de cette Cosmopolitaine. « Mesdames et Messieurs, veuillez accueillir dans le silence le plus total, l’homme au savoir colossal et jamais égalé, l’incarnation de la mémoire de l’humanité, celui qui est capable de réciter des millions de mots par cœur, oui Mesdames, Messieurs, je vous demande d’accueillir le dernier Juif ». Yoram Kaniuk. Dans ce roman, porté par un style ironique et fantasque, le grand écrivain israélien retrace, à travers la mémoire prodigieuse d’un amnésique, l’histoire et la fin de l’histoire d’un peuple vieux de 5000 ans. « Le dernier Juif » vient de paraître chez Fayard et Yoram Kaniuk est le deuxième invité de cette Cosmopolitaine. Au cinéma, une curiosité « Eastern Plays » un film bulgare écrit et réalisé par Kamen Kalev. Où l’on découvre, dans une ville tentaculaire et violente, deux frères que tout oppose car l’un, le plus jeune, casse du Turc avec un groupe néo-nazi, tandis que l’autre, un artiste peintre shooté, trouve dans la beauté de la jeune fille agressée, une manière de sublimer son mal-être. Eastern Plays, Grand Prix au Festival d’Angers sort mercredi en salle et Kamen Kalev sera le dernier invité de cette Cosmpolitaine. Vous aimez le Tango ? Bon. Vous aimez Carlos Gardel ? Et la bande dessinée, vous aimez plutôt bien n’est-ce pas ? Alors vous allez adorer le reportage que Caroline Ostermann consacre au roi et à l’inventeur du tango, que l’on célèbre aujourd’hui via une expo à la galerie Martel, BD signée José Mugnoz et un opéra imaginé par Pierre Philippe. Salut les amis et bienvenus, nous sommes en direct avec vous jusqu’à 16 heures.
invitésPierre BOUVIERPierre Bouvier est professeur émérite à l'université Paris X-Nanterre, chercheur au Laboratoire d'anthropologie des institutions et des organisations sociales (HAC/CNRS/EHESS). Il est l'auteur en particulier de La Socio-anthropologie et de Le Lien social.
Yoram KANIUKConsidéré comme l'un des plus grands écrivains israéliens, Yoram Kaniuk est né à Tel-Aviv en 1930. Après avoir participé à la guerre d'Indépendance d'Israël, en 1948, il est parti vivre à New York pendant dix ans. Romancier, peintre et journaliste, il est l'auteur de dix-sept romans, de sept recueils de nouvelles, de deux recueils d'essais et de cinq ouvrages pour la jeunesse. Son œuvre, traduite en vingt-cinq langues, a été couronnée par de nombreux prix, en Israël comme à l'étranger. En France, il a reçu le prix des Droits de l'Homme (1997) et le prix Méditerranée étranger (2000).
Kamen KALEVNé à Burgas (Bulgarie) en 1975, Kamen Kalev est diplomé de La fémis en 2002. Le metteur en scène fait ses débuts en tant que réalisateur de clips, puis de nombreuses publicités (plus d'une soixantaine). Mais ce sont ses courts métrages, qu'il scénarise lui-même, qui lui permettent de s'affirmer. Ils sont nommés dans de nombreux festivals à Berlin, Clermont-Ferrand, New York, Locarno et Stockholm. Tous appartiennent au registre fantastique voire surréaliste, et présente une vision parallèle du monde.En partenariat avec la Femis en 2003, le cinéaste achève son premier court-métrage, Orphée, qui obtient le Prix du jury à Karlovy Vary. En 2005, Get the rabbit back est présenté en compétition à Cannes, et le suivant, Rabbit Troubles, à la Semaine de la Critique deux ans plus tard. Il franchit l'étape suivante en 2009, avec le drame Eastern Plays, son premier long métrage, pour lequel il ajoute à ses fonctions la casquette de producteur. Le film est sélectionné à La Quinzaine des réalisateurs de Cannes. Le synopsis du film 'Eastern Plays' Georgie et Itso sont deux frères qui ont perdu contact depuis plusieurs années. Georgie, le cadet a rejoint depuis peu un groupe néo-nazi et participe à des actes violents. L'ainé, lui, se retrouve le témoin et le héros d'une famille Turque victime d'une de ces rafles racistes. Georgie, a qui l'on demande d'avantage d'implication au sein du mouvement commence à se poser des questions d'ordre moral, quant à Itzo, il se demande si la jolie Turque qu'il a sauvé pourra être son ticket de sortie de sa triste vie à Sofia. C'est seulement réunis, ensemble, que les deux frères pourront évaluer ce qu'ils attendent vraiment de la vie... Sortie en salles le 10 mars.
Le reportage
Carlos GARDEL par Jose MUGNOZ : Caroline OSTERMANN Carlos Gardel, roi du tango et inventeur du tango chanté est dans toutes les mémoires. Le dessinateur argentin José Mugnoz lui rend actuellement hommage à la Galerie Martel à Paris. Les dessins de Mugnoz rapellent que Gardel fut un mythe. Le reportage d'aujourd'hui est consacré à celui qui a donné ses lettres de noblesses au Tango. Caroline Ostermann a rencontré le dessinateur José Mugnioz et Pierre Philippe auteur d'un opéra sur Carlos Gardel. P.S : José Mugnioz et Carlos Sampayo sont les auteurs d'une BD sur Gardel chez Futuropolis "La voix de l'Argentine", la BD a obtenu en 2007 le prix du Festival d'Angoûlème. Pierre Philippe, responsable des archives Gaumont est l'auteur de l'opéra "Gardel" composé avec Astor Piazzola, opéra qui n'a jamais été joué. Documentariste, réalisateur il est aussi un grand spécialiste du Music Hall, l'auteur du Roman du Music Hall paru aux éditions Grasset et de "Cinéactualités", 60 ans d'actualités, anthologie livre CD aux éditions Omniscience.
programmation musicale
- > KARIMOUCHE : P'TIT KAWA
- > Jenny ALPHA : LA SERENADE DU MUGUET
- > THE IDAN RAICHEL PROJECT : ODJUS FITXADU
- > BROKEN BELLS : THE HIGH ROAD
- > Armand FLEURANT-DIDIER : FRANCE CULTURE
- > BALKAN BEATS : JUNGLE SHADOW
- > Jim MURPLE MEMORIAL : TOURBILLONNE MON COEUR
livres

Pierre BOUVIER
Aimé Césaire, Frantz Fanon : portraits de décolonisés
Quatrième de couverture: Ils sont tous deux Martiniquais. Ils ont tous deux lutté contre le colonialisme et l'héritage de la traite et de l'esclavage. L'un est célébré par la République française, l'autre presque ignoré. L'analyse croisée de leur biographie et de leurs écrits met en relief, pour la première fois, toutes les facettes de ces hérauts de l'anticolonialisme comme autant de témoins de la complexité du processus d'émancipation que fut la décolonisation avec ses jalons historiques, ses luttes politiques et ses manifestes littéraires. Aimé Césaire (1913-2008), le poète de la négritude, député-maire de Fort-de-France, s'élève avec vigueur et lyrisme contre le passé de la colonisation. Il milite en faveur d'une autonomie négociée au sein de la République métropolitaine. Ses prises de position, tant littéraires, mémorielles que politiques, marquent fortement la communauté antillaise et plus généralement la diaspora africaine. Frantz Fanon (1925-1961), le médecin et psychiatre, se confronte aux faux-semblants identitaires des colonisés dans les départements d'Outre-mer et d'Afrique du Nord : ses consultations psychiatriques lui révèlent les stigmates infligés par leur statut aux Antillais et aux immigrés maghrébins et sahéliens. Il dénonce les pratiques asservissantes qu'impose l'assimilation et devient ainsi le chantre des générations contestataires. Figures majeures de la vie intellectuelle française du XXe siècle, Césaire et Fanon ont atteint une dimension universelle qui aujourd'hui particulièrement nous donne la mesure et l'intelligence des attentes et des enjeux de l'ère post-coloniale. éditeur : Belles lettres
parution : Janvier 2010

Yoram KANIUK
Le dernier Juif
Quatrième de couverture: Sujet d'études d'un centre spécialisé de Tel-Aviv, Evenezer Schneorsohn enregistre des cassettes sur lesquelles il témoigne de son expérience unique dans un camp de la mort : convaincu qu'il serait le seul survivant de l'holocauste, il a réussi, par un curieux phénomène d'effacement de soi, à emmagasiner dans son cerveau tout ce qui, d'après lui, constituait le savoir juif (la théorie de la relativité d'Einstein, le texte intégral des cinq livres de la Bible, une recette de cuisine...). Il est le « dernier Juif », autour duquel s'articulent tous les autres personnages de ce roman fragmenté. Récits, légendes hassidiques, témoignages, lettres viennent se greffer sur l'histoire d'Evenezer pour composer un étrange puzzle qui emmène le lecteur de Ternopol à New York, de la Galilée à Marseille, du Moyen Âge à un futur non encore vécu. Ainsi, nous suivons la correspondance du professeur Henkine avec un écrivain allemand qui n'en finit pas d'expier le rôle joué par son père pendant la guerre, les diverses activités de Boaz Schneorsohn au sein de sa lucrative entreprise de commémoration, les échecs sentimentaux et les grandes réussites agricoles de la très belle Rivka Sourka, qui, dit-on, possède le pouvoir de détourner la mort. Tous ces personnages ont un lien avec l'intrigant Joseph Reina, poète et don juan aux yeux de démon, géniteur de cent enfants qu'il a semés de par le monde. Mêlant fantastique, ironie et grotesque, cette grande fresque retrace une histoire d'Israël portée par la totale subjectivité d'un de ses acteurs privilégiés dont elle constitue l'oeuvre maîtresse. éditeur : Fayard
parution : Janvier 2010
Le générique de l'émission
Il est composé de deux morceaux:
"Donkey Ride" par Mr Scruff et Quantic et "Birth of hope" par Train's Tone
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