par Kathleen Evin
du lundi au jeudi de 20h à 21h
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lundi 8 février 2010

Reportage sur Marceline Desbordes-Valmore

Reportage de Grégoire Louis sur le carnet de voyage en Italie de Marceline Desbordes-Valmore en 1838 et celui de Louis Aragon au début des années 30

Dites un jour, pour voir, dans la conversation, que vous aimez Marceline Desbordes-Valmore et vous serez surpris de votre succès… Récitations de classes enfantines, larmoyante poétesse, romantisme suranné ! Etrange désaffection, largement répandue, envers un poète qui vaut infiniment mieux que les vagues souvenirs scolaires que nous en conservons. D’ailleurs Rimbaud, Baudelaire, Rilke, Mallarmé, la vénéraient. Liberté, impertinence, modernité, engagement politique, notamment contre l’esclavage et pour les canuts révoltés à Lyon, Marceline Desbordes-Valmore paiera cher une vie en dehors des conventions de l’époque.

En 1833, en pleine rupture amoureuse, elle part en Italie pour tenter de retrouver le goût d’écrire. Il pleut, elle est lasse et désargentée. Elle noircit les pages d’un petit carnet, y griffonne des paysages, y glisse des fleurs cueillies au pied des églises. Près d’un siècle plus tard un autre poète qui l’admire, Louis Aragon, achète le carnet. Il ne se remet pas lui-même de sa rupture avec la troublante Nancy Cunard et, après une tentative de suicide, il va mettre ses pas dans ceux de Marceline. Et, bien sûr, laisser sur le papier la trace de ce voyage d’Italie. Ce soir, juste avant votre rendez vous à 20H30 avec les Victoires de la Musique Classique, Grégoire Louis va feuilleter, pour nous, les pages de ce petit carnet.

Et puis un petit coup de projecteur sur le spectacle "Déshabillez mots".

Durant l’été 2008, sur notre antenne, un petit bijou de trois minutes a illuminé le week end.

« Déshabillez mots », signé Flor Lurienne et Léonore Chaix, nous offrait l’interview d’un mot, pour nous en faire comprendre l’origine, le caractère, la vie publique et privée, les petits secrets et les rêves… Couronné par le prix SCAM de la meilleure œuvre 2008, cet OVNI radiophonique est revenu en 2009 avant d’entamer une tournée des festivals et de diverses scènes en France.

Les 12, 13, 18 et 19 février, ainsi que le 17 mars prochains, à 19H, Flor et Léonore seront sur la scène des Trois Baudets à Paris sous le regard complice de Jacques Bonnaffé, avec un habillage sonore de notre ami Cyril Métreau, avant de passer par Albi (13 et 14 mars) et Chinon (28 mars). Petit avant-goût sonore de ce « Déshabillez mots » en répétitions… Colère et Jalousie sont en scène !


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Le reportage

Grégoire Louis:

C’est une histoire… très belle…

J'ai découvert un livre en préparation autour de ce petit carnet de voyage absolument inédit de Marceline Desbordes-Valmore, et de ce dialogue posthume avec l’œuvre de Louis Aragon figurant dans Les Poètes.

Ce beau livre est à paraître en avril prochain aux Éditions de La Bibliothèque.

J’ai pour vous rencontré les trois artisans de cet ouvrage :

Jacques Damade, éditeur de La Bibliothèque, dont la verve est à la mesure de l’amour qu’il voue à la littérature…

Jean Ristat, qui est écrivain et poète, directeur des Lettres Françaises, et exécuteur testamentaire d’Elsa Triolet et Louis Aragon, à qui ce dernier a transmis le carnet de Marceline, et qui a bien voulu me le montrer…

Enfin, je tiens à citer Claude Schopp, spécialiste d’Alexandre Dumas, qui a refait le voyage en Italie de Marceline, déchiffré son manuscrit, et rédigé une élégante introduction au livre, qui débute ainsi :

« Les errants ne voyagent pas.

Ils se déplacent sous le fouet de la nécessité.

Ils n’écrivent pas de charmantes ou de savantes Impressions de voyage : ils cherchent asile, se rejetant dans ce qui les cache ou les protège, les lieux clos, les carnets intimes ou les affections passées »…


programmation musicale

  • > Julien Clerc : Les séparés
  • > Barbara : La solitude

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Le générique de l'émission

"Finding beauty" par Craig Armstrong
selection musiques FIP, Wagram

avenir
  • > tout à l'heure à 20h

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  • > demain

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  • > jeudi prochain

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