par Nicolas Stoufflet
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mercredi 10 septembre 2008

Siné Hebdo

Ce matin dans « j’ai mes sources », pas question de revenir sur le débat de cet été autour de Siné, le caricaturiste, pour savoir s’il est ou non antisémite…

La question, c’est plutôt : faut-il ou non acheter le journal qu’il lance aujourd’hui, « Siné Hebdo », au prix de deux euros ?

Et le chiffre du jour !

Près d’un téléspectateur sur deux a regardé « les bronzés 3 amis pour la vie » sur TF1 hier soir.

ET dans l’actualité aujourd’hui

Selon le site du magazine Le Point, la nouvelle loi sur l’audiovisuelle publique permettrait à France télévision de faire de la radio. On a plus qu’à recréer l’ORTF.

Après les livres, Google s’attaque à la numérisation des archives des journaux. Les grands quotidiens américains sont déjà disponibles sur Google news, le moteur de recherche veux élargir à d’autres titres. Google demandera l’autorisation aux propriétaires des journaux et leur reversera une partie des revenus générés par la publicité.

Le quotidien Le parisien était poursuivi en diffamation par 339 surveillants de la maison d’arrêt de Fleury Mérogis pour avoir publié le témoignage d’un détenu qui raconter divers trafics et mettant en cause le comportement de certains surveillants. Le tribunal correctionnel d’Ivry a déclaré hier cette plainte irrecevable.

Et depuis hier les quotidiens sont en vente à la criée dans le métro parisien. Le reportage de Stéphanie Fromentin.

Aujourd’hui dans les kiosques, Siné Hebdo, deux euros. Un nouveau titre crée avec la collaboration entre autre de Michel Onfray, Bruno Gaccio, Defeil de Ton du Nouvel Obs, Geluck, Noel Godin, Jacky Berroyer, Isabelle Alonso, Gérard Filoche, Didier Porte de France inter, Frédéric Bonnaud ex France inter, Denis robert...

Un journal crée suite au licenciement de Siné de Charlie Hebdo, Elsa Boublil, cela fait 60 ans, que Siné, attention je vais dire un gros mot, enmerde la presse.


invités

Siné


Le philosophe Michel Onfray


Bruno Gaccio

directeur adjoint de la fiction française à Canal plus


La chronique de Renaud Revel

2,5 milloins de personnes abonnées au club de France Télévisions


La chronique d'Elsa Boublil

Siné

C’est l’histoire d’un mec –Maurice Sinet de son vrai nom !- qui aime faire des doigts d’honneur, comme sur la couverture de son nouvel hebdomadaire, Siné Hebdo, à tout et à tout le monde, mais en particulier à tout ce qui ressemblerait à du convenu.

Fils d’anars épiciers de Barbès à Paris, si son vrai prénom est Maurice, sa mère l’appelle Bob dès la naissance.

A 14 ans, il entre à l’école Estienne où il étudie le dessin et la maquette. La nuit, il gagne sa vie en chantant dans les cabarets.

A son retour du service militaire qu’il a surtout passé en prison, il commence à dessiner et publie son premier dessin dans France Dimanche en 1952. En 1955 il reçoit le grand prix de l’Humour noir pour son recueil « complainte sans paroles ».

Siné aime dessiner tout ce qui à trait au scatologique, ou à ce qu’il exècre en général : les curés, les puissants, les riches ou comme il le dit « les cons en général ». Seuls ses chats trouvent grâce à ses yeux. Ce qui ne l’empêche pas d’entrer très vite à l’Express comme dessinateur politique. Et s’il ne se gêne jamais pour exprimer ses opinions, pendant la guerre d’Algérie, ses positions anticolonialistes l’obligent à quitter l’hebdo. Il crée alors, en 1962 son propre journal « Siné massacre » dans lequel il exprime son anticolonialisme, son antisionisme, son anticapitalisme, son anticléricalisme et son anarchisme (Bigre !). Et c’est à ce moment là d’ailleurs qu’il devient le grand ami de Jacques Vergès qui l’a défendu au moment de quitter l’Express.

En 1968, il fonde l’enragé avec Jean-Jacques Pauvert, et en 1981, il rejoint l’équipe de Charlie-Hebdo en signant la rubrique « Siné sème sa zone »

En 1982, il tient des propos sans ambiguïté sur la radio libre « Carbone 14 » qui lui valent d’être condamné par la Licra en 1985 pour « provocation à la discrimination à la haine et à la violence raciales »… La Licra qui renoncera finalement à sa plainte.

C’est son dernier dérapage public, avant l’affaire de cet été.

En fait, tout démarre le 8 juillet avec le journaliste du Nouvel Observateur, Claude Askolovitch qui le premier déclare sur une radio concurrente que Siné a écrit un article antisémite dans un journal qui ne l’est pas.

La phrase qui déchainera pendant des semaines les éditoriaux et les pages de nos journaux était dans le Charlie Hebdo du 2 juillet. Siné écrivait : « Jean Sarkozy vient de déclarer vouloir se convertir au judaïsme avant d’épouser sa fiancée, juive, et héritière des fondateurs de Darty. Il fera du chemin dans la vie ce petit. ! »

Une semaine plus tard, le caricaturiste est contraint de quitter l’Hebdomadaire satirique Charlie Hebdo, à la demande de Philippe Val.

Ensuite, outre les rebonds quasi quotidiens dans les médias français pour savoir si cette phrase était vraiment antisémite ou pas, les soutiens à Philippe Val ou à Siné ont alterné lançant un débat de fond sur les limites à ne pas franchir et la liberté d’expression en général.

Le 19 juillet, donc, c’est la Licra qui juge « indignes » les propos de Siné ; le même jour, une pétition de soutien à Siné est lancée, avec dès le premier jour près de 2000 signatures. Parmi eux, Guy Bedos, Michel Polac, Gisèle Halimi, Michel Onfray…

Le 28 juillet, c’est le CRIF(Le Conseil Représentatif des Institutions juives de France) qui apporte son soutien à Philippe Val, affirmant que ce n’ets pas la première fois que Siné commet de tels dérapages.

Deux jours plus tard, Philippe Val s’explique dans un éditorial intitulé « antisinétisme », avouant sa lassitude après 2 semaines de polémiques, certain pourtant d’avoir « été fidèle à nos valeurs communes -en renvoyant Siné- et c’est ma consolation »

Le lendemain, 20 intellectuels et hommes politiques dont Bertrand Delanoë, Robert Badinter ou le prix Nobel de la paix Elie Wiesel signent un texte dans le Monde en soutien à Philippe Val disant : « Pourquoi ne pas admettre à l’évidence qu’une fois de trop, Siné a franchi la barrière qui sépare l’humour de l’insulte et la caricature de la haine ». On apprend le même jour que la pétition de Siné a entre-temps recueilli 8800 signatures.

Le 3 août la polémique prend un goût terriblement amer puisque Siné a reçu des menaces de mort. Il porte donc plainte.

Ce qui n’empêche pas les rédactions de continuer de s’agiter autour de cette « affaire »… Qui conduisent le caricaturiste à monter son propre journal : « Siné Hebdo » qui « chiera dans la colle et les bégonias », signé Siné.


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    (PIAS . 2008)