par Laure Adler
le samedi de 0h05 à 1h
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samedi 6 février 2010

Christophe Rauck, Frédéric Bélier-Garcia, Joëlle Gayot, Joël Pommerat et Jean-Marie Besset


invités

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Christophe Rauck

pour "Le couronnement de Poppée"

avec l’arcal et les paladins / opéra en un prologue et trois actes

Avec Le Couronnement de Poppée, l’opéra abandonne pour la première fois les sujets mythologiques au profit d’une action historique mettant en jeu des êtres de chair et de sang en proie à leurs passions. La courtisane Poppée ne recule devant aucun crime pour assouvir son ambition : celle de devenir impératrice aux côtés de Néron. Écrit en 1642 par un Monteverdi au sommet de sa maturité, cet opéra recèle une immense richesse de formes, de structures, de styles, qui contribuent à la caractérisation dramatique. Solos, duos, trios, une forme pour chaque situation : l’immense savoir-faire que Monteverdi a acquis dans la composition de ses madrigaux est là au service du théâtre et de la scène.

TOURNEE :

Nanterre, 6/02/2010, Maison de la musique, 01 41 37 94 20

Beynes, 12/02/2010 , La Barbacane, 01 34 91 06 58

Clamart, 14/02/2010, Théâtre Jean Arp, 01 41 90 17 02

Le Vésinet, 18/02/2010, Théâtre, 01 30 15 66 01

Angoulême, 27/02/2010, Théâtre, 05 45 38 61 61

Martigues, 9/03/2010, Théâtre des Salins, 04 42 49 02 00

Guyancourt, 13/03/2010, Ferme de Bel Ébat, 01 30 48 33 44

Villejuif, 9/04/2010, Théâtre Romain Rolland, 01 49 58 17 00


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Joël Pommerat et Joëlle Gayot

pour "Cercles/Fictions" jusqu'au 6 mars au Théâtre des Bouffes du Nord

Je voudrais parler des deux points de départ de Cercles. Le premier ce sont des discussions avec Peter Brook, qui nous a invités il y a deux ans à venir travailler au théâtre des Bouffes du Nord à Paris, discussions sur notre façon d'envisager le rapport entre les spectateurs et la scène. Dans mes spectacles précédents, je n'avais jamais considéré ce rapport autrement que frontalement, ce qui revient à imposer un seul et même point de vue : plusieurs centaines de spectateurs mais un seul regard.

Ainsi j'ai pu travailler sur une grande précision du détail, mais aussi sur des notions d'ambiguïté et d'ouverture. Car orienter le regard du spectateur ne veut pas dire le rassurer, cela peut aussi permettre de l'égarer. Dans le travail de Peter Brook, la multiplicité des regards est essentielle. Cette salle des Bouffes du Nord est le lieu idéal pour une telle conception. Il m'a beaucoup parlé de cette idée qu'il avait lui et j'ai beaucoup résisté à cette invitation qu'il me faisait, à me « défaire » de la mienne.

C'est alors qu'avec Éric Soyer, scénographe de la compagnie, nous est venue l'image d'un cercle complet. Nous avons imaginé la fermeture du cercle de la salle des Bouffes du Nord. Cela pour constituer une ronde de spectateurs, et créer ainsi une ouverture complète du point de vue et des regards. J'ai vu que je pouvais être totalement inspiré par les enjeux d'une telle relation au public. Cette évolution dans ma position de travail a pris un aspect libérateur. Voilà donc le premier aspect de ce projet.

L'autre est finalement encore plus personnel et assez particulier. J'avoue qu'il me dépasse. Il pose la question de la fiction en général. Il est sans doute en lien avec le précédent. Le voici : tous les personnages de cette pièce, à l'exception d'un seul, sont vrais, authentiques. Toutes les situations de cette pièce sont authentiques. Elles me concernent moi directement, ou bien elles sont partie prenante de ce que je suis aujourd'hui. Elles concernent des personnes qui ont existé. Êtres vivants ou fantômes de mon histoire, histoire la plus lointaine même parfois, dont les actions m'ont hanté ou impressionné. Des instants que j'ai voulu reconstruire comme on reconstitue la scène d'un meurtre pour éclaircir une énigme. Ces histoires sont drôles, parfois horribles ou dures. Mais elles sont vraies.

JOËL POMMERAT

Janvier 2010


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Frédéric Bélier-Garcia

et David Nigeot, Manuel Lelièvre et Agnès Pontier

pour "Yaacobi et Leidental" au Théâtre du Rond Point jusqu'au 26 février

Je vais donc rompre avec mon meilleur ami, David Leidental. (...) Je m’en vais le faire souffrir, le ratatiner, piétiner ses sentiments...

Décider de vivre est chose compliquée. Il faut arrêter les parties de dominos, rompre avec son meilleur ami, trouver une muse, et surtout y croire. Le sentier est semé d’embûches et d’embuscades. On y apprend qu’il faut se méfier des femmes qui se disent pianistes, et des amis qui s’offrent en cadeau de mariage... Hanokh Levin a composé une grande fable rieuse, un conte de grands enfants capricieux et mécontents, en trente scènes de la vie conjugale, drôles, pathétiques, dérisoires. Trois personnages avancent toute pensée dehors, leurs névroses pour tout étendard. Dans cette pièce hilarante d’Hanokh Levin, joliment mise en scène par Frédéric Bélier-Garcia, « vivre » serait d’abord se venger. Après avoir « rompu » avec Leidental, Yaacobi jette son dévolu sur Ruth, une pianiste aux formes callipyges, plutôt généreuses. Assez vite, l’affaire tourne au ménage à trois. Car si les deux amis se détestent, ils sont surtout inséparables. Et Ruth ne tient pas à choisir entre les deux.

[ERRATUM]> les représentations des dimanches 7, 14 et 21 février auront lieu à 18h30 au lieu de 15h30


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Jean-Marie Besset

pour "Perthus" au Vingtième Théâtre jusqu'au 28 février 2010

« Quel que soit son niveau de réussite, tout homme est un loser à 53 ans. Mais moi, j’ai mon fils, sorti de mes entrailles. Mon prolongement, ma vie. Mon espérance. »

L’année du bac dans une petite ville du Sud de la France. Non loin de là, le col du Perthus qui permet de franchir les Pyrénées pour rejoindre l’Espagne. Une amitié amoureuse pas toujours assumée se noue entre deux garçons, tandis que les mamans rivalisent d’amour et d’ambition pour leurs rejetons.

«Jamais Besset, l’un des meilleurs auteurs du temps, n’avait ainsi ouvert son coeur. Le spectacle, à la fois cocasse et bouleversant, parle à chacun d’entre nous.» (Jacques Nerson, Nouvel Obs Paris).

du mercredi au samedi à 21h30 et le dimanche à 17h30


Les coups de coeur de Mr Guy

photoLe Roi nu d'Evgueni Schwartz

mise en scène de Philippe Awat

avec Anne Buffet, Eddie Chignara, Mikaël Chirinian, François Frapier, Dominique Langlais, Pascale Oudot, Bruno Paviot Magali Pouget, François Ressort

Scénographie: Valérie Yung, lumières: Nicolas Faucheux, costumes: Dominique Rocher.

Théâtre de la Tempête jusqu’au 14 février 2010

le 17 février 2010 à l’Avant Seine-Théâtre de Colombes

le 9 mars 2010 au Carré Magique de Lannion

le 12 mars 2010 à l’Espace Culturel André Malraux du Kremlin-Bicêtre

du 17 au 21 mars 2010 au Théâtre de l’Ouest Parisien de Boulogne

le 1er avril 2010 au Théâtre des Sources de Fontenay-aux-Roses

le 9 avril 2010 au Théâtre de Choisy

C'est à partir de trois contes d'Andersen qu'Evgueni Schwartz écrivit son "Roi nu" censuré par Staline avant même d'être montré sur une scène. Une écriture jubilatoire où sont convoquées les multiples formes théâtrales qui, des lazzis à Jarry, sauront mettre à mal les autocrates de tout poil.

La mise en scène de Philippe Awat restitue à merveille, les enjeux politiques voire philosophiques d'un texte que l'on à, peut-être trop vite, limité a une simple satire du stalinisme. Tout comme "1984" de George Orwell, le "Roi nu" dépasse le contexte historique pour aller vers une critique universelle et intemporelle du pouvoir.

A partir de contes enfantins, Evgueni Schwartz nous amène vers une fable philosophique où il met à jour les enjeux et les mécanismes de la domination.

La Boétie n'est pas loin: « Quand je pense à ces gens qui flattent le tyran pour exploiter sa tyrannie et la servitude du peuple, je suis presque aussi souvent ébahi de leur méchanceté qu’apitoyé de leur sottise. » - « Si le peuple est contraint d'obéir, les courtisans ne doivent pas seulement obéir, mais devancer les désirs du tyran. Aussi, ils sont encore moins libres que le peuple lui-même, et choisissent volontairement la servitude.» (Discours de la servitude volontaire)

Et c'est là, à cet endroit, que le théâtre d'Evgueni Schwartz enfonce le clou, en révélant que le seul habit du roi est la sottise des courtisans. Sans elle, il est nu.

La mise en scène de Philippe Awat est enjouée et généreuse, si l'on pense à Jarry, Tex Avery et Paul Grimault ne sont pas loin. On aura compris que cette légèreté, cette fluidité repose sur un beau travail de précision, qui de la scénographie aux lumières, fonctionne à merveille.

Les comédiens sont tous formidables. Je me souviendrai longtemps de la performance d'Eddie Chignara dans le rôle du roi.

Bien sûr, toutes ressemblances avec des personnages existants ne serait que pure coïncidence…


Le générique de l'émission

"Rebellion" par Arcade Fire
Label : Pias

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