
L’Allemagne célèbre les 20 ans de la chute du Mur de Berlin. C'était le 9 novembre 1989.
L’histoire du Mur, c’est aussi celle d’un « peuple en cage »

A l’époque de la RDA, les Allemands de l’Est n’avaient pas le droit de sortir du territoire sans autorisation. La frontière Est-Ouest était extrêmement surveillée avec 160 km de béton et de grilles qui encerclaient Berlin. Pourtant, malgré les risques, près de 235 000 personnes ont réussi à fuir la RDA entre 1961 et 1989. Certains ont forcé le Mur avec des camions béliers, d’autres ont creusé des tunnels. Des évasions parfois spectaculaires comme celle d’Hartmut Richter. A 18 ans, il s’est enfui à la nage pour rejoindre Berlin-Ouest. Yann Gallic a rencontré Hartmut Richter (1'33") 
photo : Garde frontière est-allemand. © Fabrizio Bensch/Reuters
L'usine, comme centre de la vie sociale
Après la chute du Mur, la transition fut brutale pour les Allemands de l’Est. Du jour au lendemain, il a fallu passer d’une économie planifiée à une économie de marché, du socialisme au capitalisme. Exemple à Wittenberge à 170 km au nord de Berlin. A l’époque de la RDA, cette petite ville abritait la plus grande fabrique de machines à coudre d’Europe : Veritas. Les jeunes se retrouvaient sur place, il y avait une crèche et une polyclinique. Après la chute de Mur et la réunification, l'usine, qui employait près de 3 500 personnes, a fermé. Depuis la ville a été désertée et le taux de chômage dépasse aujourd'hui les 20%. Yann Gallic a visité l’usine de Wittenberge, maintenant déserte, l'ancien directeur et l'ancien ingénieur en chef (1'33") 
 photo : L'usine Veritas de Wittenberge a fermé après la réunification. © Yann Gallic
Après sa chute, le « mur de la honte » a été presque entièrement détruit
Ce sont plus de 150 km de béton qui ont disparu ou qui ont été recyclés pour de nouvelles constructions (routes, voies ferrées…). Seuls quelques centaines de segments subsistent encore à Berlin. Parfois entreposés sur d’anciens chantiers, ces morceaux d’Histoire sont aujourd’hui très recherchés par les collectionneurs. Depuis 1989, Patrice Lux commercialise les décombres du Mur dans le monde entier. Sa petite entreprise ne connaît pas la crise... Yann Gallic a visité l’atelier de Patrice Lux, dans le quartier de la Postdamer Platz ( 1'32")
 photo : Certains collectionneurs sont prêts à payer 150 000 € pour s'offrir un bout d'histoire. © Yann Gallic
Une ville, deux Allemagne
Pendant 28 ans, Berlin a été coupé en deux. Il y avait très peu d’échanges entre les habitants de l’Est et ceux de l’Ouest, les déplacements étant très contrôlés et extrêmement limités pour les citoyens de la RDA. Et puis il a ceux qui ont vécu des deux côtés du Mur. Thomas Trieu est franco-allemand. Il a passé une partie de sa jeunesse en RDA. Il habitait à Berlin-Est, dans une zone réservé aux étrangers et placée sous haute surveillance, mais son lycée et ses camarades de classe étaient à l’Ouest. Il pouvait donc chaque jour constater les différences entre les deux pays. Yann Gallic a rencontré Thomas Trieu dans un café bibliothèque du quertier Schöneberg (1'30") 
 photo : Rencontre avec Thomas Trieu dans un café de Schöneberg, un quartier de l'ancien secteur américain à Berlin-Ouest. © Yann Gallic
Ceux qui n’ont pas connu le Mur
La jeunesse allemande est la « génération réunifiée », celle qui n’a jamais vécu avec le Mur. Selon un récent sondage publié Outre-Rhin, aujourd'hui 80% des jeunes Allemands ne font plus la différence entre l'Est et l'Ouest. Pour eux, le Mur a disparu des esprits pour n'être plus qu'un chapitre dans les livres d'histoire. Yann Gallic s’est rendu dans un lycée à l’ouest de Berlin. (1'26") 
 photo : Le lycée Walther Rathenau à l'Ouest de Berlin. © Yann Gallic
Crédits photo
Bandeau © Str-Old/Reuters Garde frontière est-allemand © Fabrizio Bensch/Reuters Les autres photos © Yann Gallic
|