   du 30 octobre au 30 novembre
Valérie Lemercier, la narratriceLa rencontre avec Tugan Sokhiev "Je venais de présenter les Césars au Châtelet, il dirigeait "Katerina Ismaïlova" de Chostakovitch dans cette même salle : on s’est rencontré à ce moment-là. On a déjeuné ensemble. Naïve lui avait donné le DVD de "Palais royal" et j’ai vécu quelques jours avec sa 4e Symphonie de Tchaïkovski. Il avait déjà enregistré "Pierre et le loup" avec l’Orchestre du Capitole de Toulouse. Quand j’ai enregistré le texte, il était avec moi dans la cabine, en blue jean, et me donnait les départs avec un très léger retournement du poignet et non pas avec de grands mouvement comme je l’avais imaginé! Ensuite il est retourné à Toulouse enregistrer les autres pièces Russes, j’aurais aimé venir, mais j’avais déjà commencé à tourner. Ce qui est frappant c’est sa maîtrise et sa jeunesse, il a, je crois, tout juste trente ans..."

Les dessins "Au début, je voulais qu’on fasse appel à un illustrateur. J’ai vu aussi un dessin que j’aimais beaucoup dans une crêperie de Saint-Malo. C’était signé Dodik (diminutif de David en russe), mais où trouver ce Dodik ? Et puis, je me suis dit pourquoi pas moi ! J’ai essayé de m’inspirer du graphisme soviétique. Je n’aime pas le genre naïf, je préfère le réalisme stylisé. La pochette du disque de Gérard Philipe est très réussie dans le genre et c’était assez inhibant. J’ai fait les dessins à la plume et j’ai tout scanné sur mon mac. Je vais juste rajouter une touche de rouge partout pour que ce soit plus gai."
 Pierre et le loup "On avait tout à la maison : Pierre et le loup, Piccolo Saxo, la collection du Petit Minestrel sur la vie des musiciens… On était quatre soeurs et on aimait tellement "Pierre et le loup" que le disque de Gérard Philipe était tout rayé. Je me souviens encore de "C’est ainsi que le loup qui... c’est ainsi que le loup qui..." mais il paraît que c’était dans "Les trois petits cochons" !" L'interprétation "Je n’ai pas réfléchi à l’interprétation. Comme pour une scène au cinéma, j’ai essayé d’être dedans. Je n’ai pas voulu faire "comique". D’ailleurs, à certains moments, on doit avoir peur et il ne s’agit pas de rire. J’ai voulu raconter au premier degré sans changer une virgule au texte, qui est de Prokofiev et que je trouve aussi réussi que la musique. Cette histoire simple et belle serait à mon avis gâchée par des effets oratoires ou un phrasé sophistiqué."
Tugan Sokhiev, le chef d'orchestre"C’est la première fois que j’ai donnée cette oeuvre avec une femme. Valérie Lemercier m’a fait une impression fantastique : elle possède une très forte personnalité tout en restant très accessible. C’est une star, sa voix est immédiatement reconnaissable et capable d’infinies nuances." Chef principal invité et conseiller musical de l’Orchestre national du Capitole de Toulouse depuis septembre 2005, Tugan Sokhiev, à tout juste vingt-neuf ans, bénéficie déjà d’une renommée éclatante. Né en Ossétie du Nord, Tugan Sokhiev se forme au conservatoire de Saint-Pétersbourg avec Ilya Musin puis Yuri Temirkanov. Son Premier Prix remporté en 2000 au Concours international Prokofiev le propulse chef principal de l’Orchestre symphonique de Russie et directeur artistique de l’Orchestre philharmonique d’Ossétie du Nord. Sa collaboration avec l’Opéra du Kirov commence en 2001 et il fait ses débuts au Metropolitan Opera de New York en 2003. Il se distingue également au Festival d’Aix-en-Provence en 2004 dans L’Amour des trois oranges. Ces dernières saisons, il dirige notamment le BBC Philharmonic Orchestra, le City of Birmingham Symphony Orchestra, le Philharmonia Orchestra, le Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, l’Orchestre Royal du Concertgebouw d’Amsterdam, l’Orchestre de la radio autrichienne, l’Orchestre national de France... Il dirige également pour la première fois au Théâtre du Châtelet, au Théâtre du Capitole de Toulouse, au Bayerische Staatsoper et à l’Opéra de Houston. En 2007/2008, il débutera avec la Fondazione Arturo Toscanini, l’Orchestre National d’Espagne, l’Orchestre de la Scala de Milan… Il dirigera à nouveau l’Orchestre Symphonique de la Radio Finlandaise, le Deutsches Symphonie-Orchester de Berlin, l’Orchestre National de France et le Philharmonia Orchestra. Il dirigera pour la première fois un opéra dans la fosse du Théâtre du Capitole : La Dame de pique.

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