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La caisse noire de l’UIMM

La "caisse noire" de l’UIMM alimentée par
l’argent de la formation professionnelle


C’est un témoignage exclusif France Inter / Rue 89 : celui d’Annick Lepage, ancienne chargée de mission de la Fédération des industries mécaniques (FIM).

La Fédération des industries mécaniques, adhérente à l’UIMM, est aujourd’hui présidée par Yvon Jacob, membre du nouveau bureau de l’UIMM.

Licenciée en 2001, alors qu’elle avait rassemblé un solide dossier démontrant tout une série de malversations, Annick Lepage a été entendue le 21 février dernier par le juge d’instruction Roger Le Loire, chargé d’instruire l’affaire de l’UIMM.

Ses déclarations explosives réorientent les investigations des enquêteurs sur la piste de l’argent de la formation professionnelle, une manne de 23 milliards d’euros par an.

Ainsi, pour Annick Lepage, la fameuse « caisse noire » de l’UIMM de 600 millions d’euros serait en grande partie constituée par de l’argent détourné de la formation professionnelle.

Précision : l’ADASE (Association pour la documentation et l’assistance des entreprises), citée par Annick Lepage, est la maison d’édition de l’UIMM. A l’automne dernier, les enquêteurs ont saisi dans un coffre-fort de l’ADASE, 2 millions d’euros d’argent liquide…

Selon Annick Lepage, la Fédération des industries mécaniques et l’UIMM ont mis en place un système particulièrement efficace afin de récupérer une partie de cet argent : les faux contrats de qualifications. Elle détaille le fonctionnement de ce système.

Signe du caractère « sensible » de cette affaire : pendant qu’elle réunit des pièces écrites sur les conditions de fonctionnement du centre Formeca-Formation, dans le 18ème arrondissement de Paris (fermé début 98 et son directeur licencié), Annick Lepage a été menacé à de multiples reprises. Ecoutez de quelle façon.

Est-ce qu’aujourd’hui la nouvelle direction de l’UIMM a l’intention de « faire le ménage » ? Annick Lepage en doute fortement. Elle explique pourquoi.

Enquête : Benoît Collombat (France Inter), avec David Servenay (Rue 89)