événement > dansevisuel de l'événement ci-contreRomancero Gitano

du 30 janvier au 22 février

"Le Ballet Flamenco d'Andalousie revient au Romancero Gitano parce que, dans chacun de ses romances et dans sa globalité, on trouve le mouvement : à chaque page, une mesure; pour chaque phrase, un rythme; en chaque mot, un frisson.

Chacun de ces romances vibre, bouscule et émeut. On trouve en eux à la fois le silence et la turbulence, le calme et l'agitation. L'essence même de la danse. [...] Devant nos yeux et nos oreilles, apparaissent et disparaissent progressivement l'enfance et la mort, le joyeux et insouciant adultère, le jeu luxurieux du vent et du corps, les désirs secrets de l'âme cloîtrée, les querelles ancestrales, le racisme, l'envie, le mythe, la barbarie répressive, la splendeur d'un peuple ("Ô ville des gitans ! Qui t'a vue et ne se souvient pas de toi ?"), la noire douleur et l'attente – espérance – de l'amour profond que seul un peuple marginal, marqué par les clichés et par ses propres lois, sait ressentir."

José Carlos Plaza


Romancero Gitano

Recueil le plus connu du poète F. García Lorca, Romancero Gitano (1928) est considéré comme une œuvre majeure de la littérature espagnole du XXe siècle.

Ancré dans la génération de 27, il allie la poésie savante et la poésie populaire.

Les dix-huit romances prennent la forme et les thèmes traditionnels du XVe siècle, en référence à la culture tzigane qui a nourri la culture de l'Andalousie. Le recueil reflète les souffrances d'un peuple qui vit en marge de la société, persécuté par les représentants de l'autorité.

Les poèmes, empreints de sensualité, ont pour cadre Grenade, Cordoue ou Séville. Ils mettent en scène des personnages de Tsiganes, comme Antoñito el Camborio ou la nonne gitane, mais aussi des saints (Sainte Eulalie), des personnages bibliques (Tamar et Amnon), des personnifications d'éléments naturels (la lune, le vent). De nombreux symboles courent dans le recueil, tels que la lune et la couleur verte qui symbolisent souvent la mort.


Christina Hoyos et compagnie

Les adieux à la scène de Cristina Hoyos

Cristina Hoyos

Cristina Hoyos s’est spécialisée dans la flamenco dès l’âge de 16 ans, et a fait peu après ses débuts au théâtre du Pavillon espagnol de l’Exposition Universelle de New York.

Sa rencontre avec Antonio Gadès en 1969 marque le point de départ d’une carrière qui va la conduire dans le monde entier, la faire connaître par le théâtre et le cinéma de tous les publics, et conférer au flamenco une notoriété qu’il n’avait jamais connue jusque là, notamment avc "Carmen" et "Noces de Sang"... Elle se voit rapidement considérée comme la plus grande danseuse flamenco de tous les temps : elle a reçu d’innombrables récompenses dans le monde entier pour ses innombrables contributions au rayonnement de la culture espagnole et andalouse et son apport majeur à la connaissance du Flamenco, et est Chevalier des Arts et Lettres.

Cristina Hoyos dirige depuis 2004 le Ballet Flamenco d’Andalucía, avec lequel elle crée "Viaje al Sur" (2005) et "Romancero Gitano" (2006). Elle revient aujourd'hui à Paris et, avec ce spectacle, fait ses adieux à la scène.

Federico García Lorca

Federico García Lorca est né le 5 juin 1898 à Fuente Vaqueros près de Grenade et mort le 18 août 1936 à Víznar.

Victime d'une dépression, il partit faire un long voyage aux États-Unis d'Amérique en 1929-30. Son retour en Espagne en 1930 coïncida avec la chute de la dictature de Miguel Primo de Rivera et le rétablissement de la République.

En 1931, il fut nommé directeur de la société de théâtre étudiante subventionnée, La Barraca, dont la mission était de faire des tournées dans les provinces essentiellement rurales pour présenter le répertoire classique. Il écrivit alors la trilogie rurale de Bodas de sangre ("Noces de sang"), Yerma et La casa de Bernarda Alba ("La Maison de Bernarda Alba").

En 1936 - quand la Guerre civile espagnole éclate, il quitte Madrid pour Grenade, même s'il était conscient qu'il allait vers une mort presque certaine dans une ville réputée pour avoir l'oligarchie la plus conservatrice d'Andalousie. Il y fut fusillé par des rebelles anti-républicains et son corps fut jeté dans une fosse commune à Víznar.

Le régime de Franco décida l'interdiction totale de ses œuvres jusqu'en 1953 quand Obras completas (très censuré) fut publié. Ce ne fut qu'avec la mort de Franco en 1975 que la vie et le décès de Lorca purent être discutés librement.


Le programme

1 - Romance de la lune : la lune, qui a tous les attributs corporels et vestimentaires de la femme, veut ravir un petit gitan. La scène a lieu dans une forge où l'enfant est fasciné par la contemplation de la lune. Les gitans vont bientôt rentrer et trouveront l'enfant mort, tandis que dans le ciel, la lune le tient par la main.

2 - Preciosa et le vent : Preciosa joue du tambourin, la nuit sur les chemins, mais le vent, sous les traits d'un homme – satyre (à l'épée brûlante) la poursuit. C'est un romance très sensuel dans lequel la jeune gitane échappe de justesse au vent luxurieux, comparé à un Saint Christophe nu, tandis que les carabiniers dorment. A la fin, le consul anglais réconforte Preciosa et le vent furieux souffle de plus belle.

3 - La nonne gitane une nonne gitane fait de la broderie, mais son imagination l'emmène au loin. Elle rêve de fleurs et de paysages fantastiques, elle croit entendre des cavaliers au galop. Son cœur s'en émeut, mais elle continue sagement à broder des giroflées.

4 - La Rixe : il s'agit d'une dispute violente entre cavaliers qui s'égorgent. L'un d'eux s'appelle Juan Antonio de Montilla. Il meurt et son corps comme ceux des autres morts roule dans le ravin. Les femmes pleurent, le juge et la Guardia Civil ne peuvent que constater le carnage.

5 - La mariée infidèle : un gitan raconte son aventure avec une femme qui lui a caché qu'elle était mariée. Il l'a conduite à la rivière, la nuit de la Saint Jacques et là, dans le sable et les roseaux, ils se sont aimés passionnément. Mais il se justifie : il ne savait pas qu'elle était mariée… Un romance d'un érotisme brûlant.

6 - Arrestation d'Antoñito El Camborio sur le chemin de Séville : ce romance relate l'arrestation d'Antonio Torres Heredia (Antoñito el Camborio). Il a été arrêté par la Guardia Civil parce qu'il avait volé des citrons en se rendant à Séville pour assister à une corrida. A la fin, ce jeune homme, de noble ascendance gitane, croupit tristement au fond d'une prison. C'est le thème de la décadence du monde gitan qui est traité ici.

7 - Mort d'Antoñito el Camborio : la suite de l'histoire d'Antoñito el Camborio est tragique. Ses quatre cousins Heredias, par jalousie (ils envient sa beauté, son port altier, ses vêtements) le poignardent près du Guadalquivir. Le poète le pleure, mais les anges l'emportent avec eux.

8 - Romance de la Guardia Civil espagnole : la Guardia Civil apparaît sous les traits de sinistres cavaliers, tout de noir vêtus. Ce sont des envoyés de la mort. Dans une scène apocalyptique, d'une violence terrible, où ils s'en prennent particulièrement aux femmes qu'ils torturent, les guardias détruisent la ville des gitans. C'est aussi la nostalgie du monde gitan d'antan que chante ce romance.

9 - Romance de la noire douleur : une gitane est en peine; elle s'appelle Soledad Montoya. Au crépuscule, elle descend de la colline et sa douleur est profonde. Elle pleure des larmes amères comme le citron, elle erre chez elle de la cave au grenier, elle est dans une solitude (soledad) totale, mais nous n'en saurons pas plus car sa pudeur, comme celle de tous les gitans, est plus grande encore.


Combat

  • Romancero Gitano, du mardi au samedi à 20h30, le dimanche à 15h00 aux Folies Bergères

    Chorégraphie : Cristina Hoyos

    Musique : Pedro Sierra

    Mise en scène : José Carlos Plaza

    Avec Cristina Hoyos et Mariano Bernal

    Danseuses : Susana Casas, Cristina Gallego, Rosa Belmonte, María del Mar Montero, Rocío Alcaide, Lucía Guarnido, Zaira Santos

    Danseurs : José Luis Vidal, Jesús Ortega, Jacob Guerrero, Javier Crespo, Daniel Torres, Abel Harana, Juan A. Jiménez

    Cantaores : Fabiola, Vicente Gelo, Miguel Rosendo

    Guitaristes : Andrés Martínez et Ramón Amador

    Percussion : Roberto Carlos Jaén


    Le site des Folies Bergères