illustration blog séparateur

Henri Texier, coup double à Pleyel

Dimanche 3 Octobre 2010 10:30

Henri Texier

Henri Texier © D.R.


"Ce groupe n'avait pas joué depuis 22 ans. Et celui de la première partie joue depuis 20 ans ensemble…" Lorsque Henri Texier prit ainsi le micro au milieu du concert du Transatlantik Quartet, il expliquait parfaitement l'état émotionnel très particulier de la soirée.

Ouverture avec une prestation concentrée, concise, tranchante du "trio africain" : Romano, Sclavis, Texier, soit tambours, clarinettes ou sax soprano et contrebasse. Un feuilletage de carnet de route pour commencer - une relecture très mélodique des compositions du trio-, avant de glisser peu à peu vers une musique de routes incarnées, lâchée, rugueuse, tonique. Pour ce concert, Henri Texier avait choisi de privilégier le matériau (beaucoup de compositions en une heure) sur le développement (concision des solos). Musicalité, écoute réciproque et fluidité, l'élégance de se trouver sans se chercher. Un effet "retour de voyage" où les trois venaient nous résumer leurs tribulations autour d'un verre à la maison.

La prestation du Transatlantik Quartet allait commencer par rappeler le b.a.-ba du jazz : la primauté du son ! Celui du ténor de Joe Lovano, un condensé de la grande histoire du jazz à lui tout seul, d'Arnett Cobb à Sonny Rollins ; celui de la basse électrique de Steve Swallow, la grâce d'un vol de palombe à la cîme des pins : celui de la batterie avec un Aldo Romano constamment inspiré dans ses choix de baguettes et de balais ; celui de la contrebasse qu'HenriTexier pouvait faire rugir comme avancer à pas de loup.

Ce fut un défilé de "tubes", de Colonel en Idemo, de Izlaz en Rondine. Avec un son collectif résolument unique, enfoui sous vingt-deux ans de parcours épars. Au milieu de la stéréo des deux basses, Aldo était aux anges, Joe envoyait des phrases gravées dans le marbre, Henri rayonnait et Steve semblait boire du petit lait. Pas la moindre nostalgie, juste leur énorme plaisir à partager un gâteau somptueux. La cerise ? Le retour de Sclavis en ultime rappel pour un Desaparecido qui pouvait remplacer n'importe quel hymne national de la planète.

Enregistré par France Musique, le concert y sera diffusé dans les semaines qui viennent : annonce dans ce blog dès que ça se précise. Ça évitera la frustration aux absents et ça fera un bien fou aux présents…

plus d'infos

http://www.sallepleyel.fr/francais/evenement.aspx?id=10947


par :

Alex Dutilh

tags :

Henri Texier, Salle Pleyel, 2 octobre 2010, Romano, Sclavis, Lovano, Swallow


vos commentaires

pas encore de commentaires  // ajouter un commentaire

Antispam

Afin d'éviter les messages indésirables en nombre, nous vous demandons de valider votre commentaire en recopiant (à droite) les cinq caractères (lettres et chiffres) présents dans l'image de gauche.


proposez-moi une autre image

Toutes vos contributions pourront être publiées ou non, suite à notre validation. Le simple fait de nous envoyer un message entraîne la cession de vos droits sur la publication de tout ou partie de son contenu sur radiofrance.fr. Une publication ne donnera droit à aucune rétribution ou contrepartie, si ce n'est l'occasion de figurer sur un des sites de Radio France.

séparateur
séparateur

billets récents

séparateur séparateur

mois passés

séparateur séparateur

rss

séparateur séparateur

tags

séparateur