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Henri TOMASI

Compositeur et chef d'orchestre français - Marseille, 17 août 1901 - Paris, 13 janvier 1971

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«Je défendrai toujours Tomasi car je crois que c’est un musicien qui a quelque chose à dire» (Antoine Goléa).

«Tomasi me disait ressentir – et cela me restera toujours – comme un rapport cosmique d’attirance des notes entre elles» (Dévy Erlih).

Henri Tomasi, c’est d’abord un méditerranéen, Provençal de naissance, Corse d’origine : sa Méditerranée à lui s’étend de Marseille au Vietnam en passant par l’Espagne et le Hoggar. Henri Tomasi, panthéiste, mystique, est aussi un homme engagé dans son temps, révolté, écorché vif. C'est un orchestrateur hors pair connaissant tous les styles, du grégorien au jazz, de la mélopée orientale au sériel.

Son œuvre – plus de cent-vingt opus - est considérable aussi bien dans le domaine symphonique que dans le domaine théâtral et lyrique. On peut trouver son credo dans ces déclarations : «La Méditerranée et sa lumière, ses couleurs, c’est cela pour moi la joie parfaite. La musique qui ne vient pas du cœur n’est pas de la musique. Je suis resté un mélodiste».

Henri Tomasi entra au Conservatoire de sa ville natale, y obtint en un temps record les premiers prix de solfège, piano, harmonie, puis poursuivit ses études au Conservatoire de Paris. En 1927 il obtient à la fois un premier second Grand Prix de Rome et un Premier Prix de direction d’orchestre à l’unanimité. Il commence aussitôt une carrière de chef qui l’amènera aux pupitres des plus grands ensembles français (Pasdeloup, Colonne, Lamoureux, Orchestre National) et européens (Concertgebouw d'Amsterdam, Opéra de Monte-Carlo, Théâtre de Genève, Tonhalle de Zurich, etc.).

Dans les années qui suivent son mariage, en 1929, avec le peintre et dessinateur Odette Camp, il écrit ses premières partitions significatives, trois poèmes symphoniques, Cyrnos, Tam-Tam, Vocero, et il devient membre en 1932 du groupe de musique contemporaine Triton. Il obtiendra en 1952 le Grand Prix de la Musique française (Sacem), et en 1960, le Grand Prix musical de la Ville de Paris.

Principales œuvres de la maturité :

- 1940-1944 : Démobilisé, Henri Tomasi rejoint l’Orchestre National replié à Marseille. Il fait alors de fréquentes retraites au monastère de la Sainte-Baume où il écrit un chef d’œuvre de l’opéra, Don Juan de Manara, d’après le «mystère» du poète O.V. de Lubicz-Milosz. En 1992, Jacques Bourgeois en a ainsi préfacé l’enregistrement : «C'est incontestablement une œuvre de théâtre autant que de musique, et à ce titre, il faut probablement la considérer comme le seul grand opéra français écrit depuis la guerre avec Dialogues des carmélites de Poulenc.» C'est de cet opéra que sont extraites les Fanfares liturgiques.
- 1945 : le Requiem pour la Paix, dédié «à tous les martyrs de la Résistance et à tous ceux qui sont morts pour la France», est un autre chef d’œuvre, mais qui paradoxalement marque la fin de la période mystique de Tomasi. La découverte de l’horreur des camps le conduisit à une profession de foi athée jusqu’à la fin de sa vie.
- 1946-1956 : Période d’une intense activité où Henri Tomasi, tout en étant premier chef à l’Opéra de Monte-Carlo et au Festival de Vichy (de 1946 à 1951) compose de nombreuses œuvres aussi bien dans le domaine symphonique, concertos pour trompette, saxophone, alto, clarinette, trombone, etc, que dans le domaine lyrique. L’Atlantide (1951), opéra-ballet, d’après Pierre Benoit, livret de F. Didelot, connut un succès public exceptionnel : plus de quatre-vingts représentations en France, Belgique, Allemagne, dont vingt à l’Opéra de Paris. Antoine Goléa écrivit : «J’aime l’Atlantide, œuvre originale et émouvante à plus d’un titre. La musique est dans la lignée d’une grande tradition lyrique, directe, prenante.»
Sampiero Corso (1953), drame lyrique, livret de R. Cuttoli.
Triomphe de Jeanne (1955), oratorio, texte du poète Philippe Soupault.

L'écriture renouvelée des œuvres de révolte :

«J’ai changé de peau comme un serpent !»
- 1959 : le Silence de la mer, drame lyrique en un acte d’après le récit de Vercors, portant à la scène le refus de la Collaboration durant l’occupation de la France par l’Allemagne de 1940 à 1944.
- 1962 : Concerto de violon (Périple d’Ulysse), "partition violente, décharnée, d'un fabuleux expressionnisme épique» (Jacques Lonchampt). «L’orchestration si originale ne couvre jamais le violon, et le langage le plus moderne l’apparente aux Schoenberg et Berg, mais plus ensoleillé, plus coloré» (Zino Francescatti). Dévy Erlih, créateur de l’œuvre, en souligne «l’exceptionnelle richesse : tour à tour violente, tendre, douloureuse, poétique, humoristique même, et passionnée jusqu’à la véhémence. Elle paraît toute entière comme consumée par un brasier ardent. C’est une œuvre "délirante" dans le sens romantique de ce terme.»
- 1965 : Concerto pour flûte (Printemps).
L’Eloge de la Folie (de l’ère nucléaire), jeu satirique, lyrique et chorégraphique, d’après Erasme.
- 1966 : Concerto de guitare à la mémoire d’un poète assassiné, F.G. Lorca au sujet duquel Maurice Fleuret écrivit en 1982 : «Une musique dont je ne peux qu’admirer la force et le lyrisme, comme j’admire la rigueur morale et les convictions politiques qui l’ont inspirée. Le concerto pour guitare m’apparaît être une œuvre d’une haute tenue, destinée au plus large public.»
- 1966 : Retour à Tipasa, cantate profane, texte d’Albert Camus pour récitant, chœur d’hommes et orchestre (ou claviers-percussions).
- 1967 : Symphonie du Tiers-Monde en hommage à Berlioz, d’après un texte d’Aimé Césaire.

Eléments bio- bibliographiques :
- Encyclopædia Universalis
- Biographie (avec CD): Henri Tomasi, un idéal méditerranéen, par Michel Solis (éd. Albiana, 2008). Postface de Daniel Mesguich. Outre un catalogue raisonné des œuvres et une centaine de documents iconographique, ce livre comporte un disque compact, «Trois œuvres humanistes», présentées par Régis Campo. Il s’agit des premiers enregistrements mondiaux de Retour à Tipasa (récitant : Daniel Mesguich), Symphonie du Tiers-Monde, Le Silence de la Mer. «Le livre de Michel Solis est le plus complet que l’on puisse imaginer» (Jean Roy, Le Monde de la Musique, oct. 2008).
- Frédéric Ducros-Malmazet : "les opéras d’Henri Tomasi", in le Théâtre lyrique français (1945-1985), Champion, 1987.
- Gabriel Vialle : Henri Tomasi – Catalogue Arcam-Paca (liste complète des œuvres avec notice biographique).
- Guitare et Musique, n°65, 1971, hommages in memoriam (Henri Dutilleux, Dévy Erlih, Edouard Exerjean, Marcel Mihalovici, André Navarra, Jacques Rivier, Henri Sauguet, Vercors).
- L’Avant-Scène Opéra n°109, mai 1988 : Hommage à Henri Tomasi (Alain Duault, F. Ducros, Gabriel Vialle, Vercors) ; livret de Don Juan de Mañara.
- Dossier-livret sur l’Atlantide (2000), Actes-Sud/Opéra de Marseille/Solin Ed.
- Dossier-livret sur Sampiero Corso (2005), Actes-Sud/Opéra de Marseille/ Piazzola Ed.
- Don Juan de Mañara, Cahier des Amis de Milosz n° 45 (2006), éd. du Rocher.
- Film : le Requiem perdu d’Henri Tomasi de Jacques Sapiéga, Copsi-Mezzo, 2001.
- Film : Henri Tomasi, un idéal universel de Paul Rognoni (2005), Marreterraniu et FR-3 Corse/ FR-3 Méditerranée.

Association Henri Tomasi :
www.henri-tomasi.asso.fr
adresse électronique :
ctomasi@club-internet.fr

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