Chefs d'oeuvre et découvertes

par François Hudry

le samedi de 9h07 à 11h

16 juin 2012 09:07

Albéric Magnard : Symphonie no 3

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Chefs-d'œuvre et découvertes
par François Hudry

Chargé de réalisation : Fabien Fleurat


Albéric Magnard
Symphonie no 3, en si bémol mineur, op. 11 (1895-96)

Un peu d'histoire... quelques évènements contemporains de 1895 et 1896


En France, démission du président de la République Jean Casimir-Perier après seulement six mois de règne. Il l'explique par le fait qu'il se voit ignoré par ses ministres, qui ne le consultent pas avant de prendre des décisions et ne l’informent pas des événements politiques, surtout dans le domaine des affaires étrangères. Election de Félix Faure qui restera en poste jusqu'à sa mort, quatre ans plus tard, survenue dans les bras de sa maîtresse venue lui rendre une visite de...courtoisie à l'Elysée. Visite de Nicolas II et de la Tsarine à Paris.
Accord franco-anglais sur le Siam.

Dégradation et déportation du capitaine Dreyfus à l'île du Diable. Fondation de la Confédération générale du travail (CGT) au congrès de Limoges. Création du deuxième syndicat d'initiative en France, à Annecy.

En Belgique, une loi rend obligatoire l'enseignement religieux. Les chrétiens-sociaux sont maîtres de la municipalité de Vienne en Autriche.

Découverte des Rayons X par Röntgen. En Dordogne, découverte des peintures préhistoriques de la grotte de La Mothe aux Eyzies. Travaux de Lorentz et de Perrin sur les électrons. Panhard dépose un brevet pour une boîte de vitesse. Peugeot fait circuler une automobile munies de pneumatiques Michelin.

Emilio Gallori élève le monument de Garibaldi sur le Janicule à Rome. Maurice Denis peint Les Pèlerins d'Emmaüs, Monet Au bord du fjord, Picasso Fillette aux pieds nus, Seurat La Parade et Sisley Bords du Loing entre les peupliers.

Beaucoup de musique en ces deux années 1895 et 1896. Le compositeur espagnol Tomas Breton écrit sa grande zarzuela La Dolores et Hugo Wolf son opéra Le Corregidor, d'après Le Tricorne, nouvelle de Pedro de Alarcón. Mahler met un point final à sa Troisième Symphonie. Puccini écrit La Bohème, Brahms ses Quatre Chants sérieux, Fauré ses 5 et 6e Barcarolles, le jeune Maurice Ravel son Menuet antique et le vieux Saint-Saëns son 5e Concerto pour piano.

Mort d'Anton Bruckner, d'Ambroise Thomas, du mathématicien Engels et du naturaliste allemand Carl Vogt. Ayant attaqué Marx, ce dernier lui répondit par un texte intitulé Herr Vogt, publié à Londres en 1860. Il fut connu par ses discours publics sur le matérialisme et la théorie de l'évolution de Charles Darwin. Ce dernier le remercie pour son soutien dans l'introduction de La Filiation de l'homme et la sélection liée au sexe. En 1872, il devient professeur titulaire de la chaire de zoologie et directeur de l'Institut de zoologie de Genève, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort.

Naissance de Paul Eluard, Jean Giono, Marcel Pagnol et du compositeur Paul Hindemith.

Œuvres diffusées

Albéric Magnard

Symphonie no 3, en si bémol mineur, op. 11 (1895-96)
Orchestre du Capitole de Toulouse
(hautbois solo : Christian Fougeroux)
Direction : Michel Plasson
EMI CDC 7 54015

Albéric Magnard
Promenades
[Envoi
Bois de Boulogne
Villebon
Saint-Cloud
Saint-Germain
Trianon
Rambouillet
]
Philippe Guilhon-Herbert, piano
HORTUS 085

En 1895, Richard Strauss achève son poème symphonique Till Eulenspiegel dont l'audition à Paris sous la direction de Arthur Nikisch suscitera quelques années plus tard l'admiration goguenarde de Claude Debussy :

"Ce morceau ressemble à "Une heure de musique nouvelles chez les fous" : les clarinettes y décrivent des trajectoires éperdues, des trompettes y sont à jamais bouchées, et les cors, prévenant un éternuement latent, se dépêchent de leur répondre poliment : "A vos souhaits"; une grosse caisse fait des "boum-boum" qui semblent souligner le coup de pied des clowns; on a envie de rire aux éclats ou de hurler à la mort, et l'on s'étonne de retrouver les choses à leur place habituelle; car si les contrebasses soufflaient à travers leur archet, si les trombones frottaient leurs cylindres d'un archet imaginaire et si l'on retrouvait Monsieur Nikisch assis sur les genoux d'une ouvreuse, il n'y aurait là rien d'extraordinaire. Cela n'empêche nullement que ce morceau ne soit génial par certains côtés, et d'abord par sa prodigieuse sûreté orchestrale et ce mouvement frénétique qui nous emporte du commencement à la fin et nous oblige à passer par toutes les équipées du héros." (in Claude Debussy : Monsieur Croche et autres écrits publiés par François Lesure, Paris, 1971 Ed. Gallimard)

Richard Strauss
Till l'espiègle, poème symphonique op. 28 (Till Eulenspiegel lustige Streiche)
Staatskapelle de Dresde
Direction : Rudolf Kempe (1970)
EMI CLASSICS (ou BRILLIANT CLASSICS) CMS 7 64342

Joseph-Guy Ropartz
Quatuor no 4, en mi majeur (1934)
Quatuor Stanislas
Laurent Caussé & Bertrand Menut, violons
Paul Fenton, alto
Jean de Spengler, violoncelle
TIMPANI 1C1115

illustration : L'unique portrait existant d'Albéric Magnard  © DR


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    2 commentaires | page 1/1

    christophe bassou
    16/06/2012 - 15h12

    Le "vieux" Saint-Saëns? il n'avait jamais que 60 ans en 1895 et comme le fait observer Théodore Dubois dans ses souvenirs, les compositeurs sont jeunes jusqu'à 60 ans.
    1895 est aussi l'année de la mort du compositeur Benjamin Godard dont on commence à redécouvrir l'oeuvre, charmante au demeurant.
    Merci pour vos émissions.

    [France Musique] Oui c'est vrai...et j'ai le même âge ! Cordialement FH

    chosta
    16/06/2012 - 16h21

    Bravo Mr Hudry,
    Je vous suis depuis quelques années et je vous trouve toujours aussi excellent dans vos explications érudites mais sans pédanterie à l'instar de certains.
    Merci pour cette émission qui est sans doute celle que je préfère.

    [France Musique] Votre message me va droit au coeur. Cordialement FH


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