16 septembre 2012 12:37

Jeune quadra, il ne grisonne même pas encore, et pourtant son catalogue est déjà digne d'un bottin à la Leporello, de la sonate au poème symphonique. Et puis songez qu'il a écrit une "Disco-Toccata" sans avoir jamais mis les pieds dans une boîte de nuit... Alors poussez les meubles, que l'on puisse danser, et montez le son.
Fruit d'un assureur et d'une secrétaire, c'est du côté de ses grands-parents qu'il connaît ses premiers émois musicaux. Mais ce n'est pas gagné pour autant car le petit raffole des marches napoléoniennes et des oeuvres coupables de Francis Lopez et de Luis Mariano, ce qui lui vaudra peut-être plus tard d'être cloué au pilori des néo-tonaux. Quoi qu'il en soit, notre Chopin se met à sept ans au piano, rêve de jouer la Marche turque et compose ses premiers opus, si bien que six ans plus tard il a déjà achevé deux symphonies, un concerto pour flûte et même un opéra dont il a aussi signé le livret.
Quelques années passent, et il fait ses classes comme il se doit, écrit encore et toujours, mais surtout rencontre dès le début la ferveur du public qui ne lui sera jamais retirée, quand bien même il s'aventure sur le terrain des musiques actuelles sans en avoir jamais fréquenté les lieux, un peu comme un Bizet idéalisant l'Espagne où il n'est jamais allé.
Nommé aux Victoires de la Musique, Grand Prix des Lycéens, moult fois invité en résidence, il continue à écrire au calme, loin de tout ordinateur avec seulement son papier réglé et ses crayons, mais ne dédaigne pas les échos extérieurs, lui qui se revendique plus pop que rock, d'Elvis Presley à Michael Jackson, et prise par-dessus tout le funk de James Brown, non sans s'intéresser de près aux musiques de danses actuelles.
Alors de grâce, faites une place sur la piste de votre salon à notre invité du jour, le compositeur Guillaume Connesson !
Avec la participation téléphonique de Benoît Duteurtre, écrivain, producteur à France Musique, et de Jérôme Pernoo, violoncelliste
illustration : Guillaume Connesson © Marie-Sophie Leturcq