30 septembre 2012 12:37

Aujourd'hui à notre carte, il y aura beaucoup d'entrées ou plutôt de Préludes debussystes. Alors dépliez sans plus tarder votre serviette et montez le son.
Né à Nice dans une famille aussi modeste que mélomane, c'est dans le ventre de sa mère qu'il découvrira le "Ring" sur scène et lorsqu'à 14 ans il fait pour la première fois le pèlerinage de Bayreuth, il devra produire une autorisation de ses parents pour pouvoir gravir la sacrée colline comme un grand.
Mais déjà il a découvert "L'Empereur" par Kempff et ses parents lui offrent un Pleyel d'occasion avant de l'inscrire au conservatoire de la Promenade des Anglais dans la classe d'une élève de la grande Gaby Casadesus, avec laquelle il travaillera d'ailleurs par la suite. Mais le directeur des lieux, en l'occurrence un certain Pierre Cochereau, sentant la pointure au clavier, décide d'en faire un cobaye, un grand de l'ivoire sans passer par la case du Conservatoire de Paris.
Et il n'aura pas tort : le petit oublie ses rêves de chef d'orchestre, se consacre entièrement au clavier, ce qui lui vaudra quelques précieuses médailles, de Belgrade à Cleveland, sans oublier le sésame d'une médaille d'argent au concours Van Cliburn qui lui ouvrira les portes du Nouveau Monde et le carnet d'adresses des plus grandes baguettes - tandis qu'en France on lui pardonnera difficilement de ne pas être passé par la rue de Madrid. Qu'à cela ne tienne, prononcez son nom en France et vous verrez tous ses pairs tirer leur chapeau ! Pourtant il sera longtemps considéré dans son propre pays comme un trésor caché. Son Schubert, il ne l'a pas appris dans une classe, mais en l'enregistrant avec une légende comme Hermann Prey.
Aujourd'hui, après ses Schumann, ses Brahms, ses Ravel et j'en passe, tous devenus des références, c'est à Debussy qu'il donne le meilleur de lui-même avec un coffret unanimement salué.
Alors faites la meilleure place à notre table à l'invité du jour, Philippe Bianconi !
Avec la complicité téléphonique de François Eckert, ingénieur du son, et de Bernard Martinez, photographe
illustration : Philippe Bianconi vu par Bernard Martinez © Bernard Martinez