Au diable Beauvert

par Thierry Beauvert

le dimanche de 12h37 à 14h

7 octobre 2012 12:37

René Jacobs

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Pas besoin d’aller vous exiler en Belgique comme certains Français, aujourd’hui c’est la Flandre qui vient à nous. Et n’allez surtout pas préparer des gaufres au Waterzoï, nous recevons le plus fin des gourmets, aussi attentif à l’authenticité de ses recettes qu’à celle des manuscrits qu’il exhume...
A dix ans, il chante déjà dans les rangs de la Maîtrise de la cathédrale Saint-Bavon de Gand et rien de moins qu’une "Saint-Matthieu" avec Aafje Heynis ou Richard Lewis et un chef néo-romantique assez mécréant pour allumer sa clope au cierge de l’autel. Qu’à cela ne tienne, dès lors il rêve d’être chanteur, oubliant les coups de règle sur les doigts de sa prof de piano ou son rôle d’organiste au collège où il se frotte aussi au grégorien.
Puis il découvre "La Belle Meunière" dans l’enregistrement de Dietrich Fischer-Dieskau, dont il fait aussitôt son idole, lui qui à l’époque confesse détester les Beatles.
Le choc sera pourtant, au milieu des années 60, la rencontre sur scène avec Alfred Deller et la révélation d’avoir enfin trouvé sa voix, celle qu’il ira polir auprès du maître du côté de l’abbaye de Sénanques.
Vingt ans après, lorsque le festival d’Innsbruck, l’un de ses ports d’attache, accepte sa proposition de remonter "L'Orontea" de Cesti, il se retrouve malgré lui au pupitre, devenu chef sans l’avoir vraiment décidé, un rôle qu’il ne quittera plus désormais. Les coudes à angle droit, la baguette ou plutôt le crayon à la main, annotant sans cesse ses partitions, chantant tous les rôles en répétition, il exige de chacun de jouer ou de chanter comme si sa vie en dépendait, quitte à se mettre parfois, dit-on, en colère, prêt à courir au débotté toutes les bibliothèques d’Europe pour vérifier l’original d’une édition qui le titille. Et ce pour assouvir ses passions, l’opéra vénitien, Monteverdi, Haendel et Bach entre autres, ou encore son cher Mozart comme il vient de le faire en publiant la version pragoise et posthume de "La Finta Giardiniera".
Alors vite, faites une place d’honneur à votre table à notre invité, René Jacobs !


Avec la complicité téléphonique de Sophie Karthaüser, soprano, et de Dominique Meyer, directeur du Wiener Staatsoper

illustration : La Finta Giardiniera de Mozart, version posthume, dirigée par René Jacobs (Harmonia Mundi)  © DR


programmation musicale

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    Wolfgang Amadeus Mozart
    La Finta Giardiniera : Ouverture

    Freiburger Barockorchester, direction René Jacobs
    [Harmonia Mundi 902126/128]

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    Jean-Baptiste Lully
    Le Bourgeois Gentilhomme : Ballet des Nations, Première Entrée

    René Jacobs, contre-ténor
    La Petite Bande, direction Gustav Leonhardt
    [EMI 7 69282 2]

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    Franz Schubert
    An die Musik D. 547

    René Jacobs, contre-ténor / Christian Ivaldi, piano
    :I.N.A

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    Pietro Antonio Cesti
    Vieni, resta... (L'Orontea, Acte I, scène 10)

    René Jacobs, contre-ténor
    Concerto Vocale, direction René Jacobs
    [Harmonia Mundi 901100 02]

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    Giovanni Battista Pergolesi
    Les Sept Paroles du Christ

    Sophie Karthaüser, soprano
    Akademie für Alte Musik Berlin, direction René Jacobs
    :I.N.A

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    Wolfgang Amadeus Mozart
    Una voce sento al core (La Finta Giardiniera, Acte II, scène 6)

    Sophie Karthaüser, soprano
    Freiburger Barockorchester, direction René Jacobs
    [Harmonia Mundi 902126/128]

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    Francesco Cavalli
    Restino imbalsamate (La Calisto, Acte III, scène 1)

    Maria Bayo, soprano
    Concerto Vocale, direction René Jacobs
    [Harmonia Mundi 901515/17]

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    Georg Friedrich Haendel
    Il caro Otton... Chi ben ama (Agrippina, Acte III, scènes 1 à 5)

    Sunhae Im, soprano / Bejun Mehta, contre-ténor / Jennifer Rivera, mezzo
    Akademie für Alte Musik Berlin, direction René Jacobs
    [Harmonia Mundi 902088/90]

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    Jean-Sébastien Bach
    Kommt ihr Töchter, helft mir klagen (Passion selon saint Matthieu BWV 244)

    RIAS Kammerchor / Akademie für Alte Musik Berlin, direction René Jacobs
    :I.N.A